Antoine Frisch raconte ses deux années de galère au RCT : « Tu te sens inutile »

Antoine Frisch raconte ses deux années de galère au RCT : « Tu te sens inutile »

Le mardi 20 octobre 2026 à 14:57 par David Demri

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Deux années perturbées par les blessures, des douleurs persistantes et une opération particulièrement délicate. Depuis son arrivée au Rugby Club Toulonnais à l’été 2024, Antoine Frisch a traversé une période extrêmement compliquée.

De retour à la compétition lors de la victoire contre Édimbourg (17-27), le centre international français a raconté dans les colonnes de L’Équipe la nature exacte de son problème au pied droit et les difficultés psychologiques rencontrées pendant sa longue convalescence.

Lorsqu’il avait rejoint Toulon en provenance du Munster, Antoine Frisch sortait de ses deux premières sélections avec le XV de France, obtenues lors de la tournée estivale en Argentine.

Mais son aventure sur la Rade a rapidement été freinée par des problèmes physiques à répétition.

Avec seulement onze rencontres disputées en 2024-2025, puis neuf la saison suivante, le centre de 30 ans n’a jamais véritablement pu trouver la continuité espérée.

Derrière ces absences se cachait une blessure particulièrement complexe, dont il a finalement fallu venir à bout par une intervention chirurgicale.

« J’avais comme une épine dans le pied »

Antoine Frisch a été victime de fractures au pied droit en janvier puis en octobre 2025.

Le problème concernait un os sésamoïde, une petite structure osseuse située sous le gros orteil, qui joue notamment un rôle dans les appuis.

Une localisation particulièrement contraignante pour un joueur de rugby, dont les changements de direction et les accélérations sollicitent constamment les pieds.

Après une rechute survenue lors d’une rencontre contre Pau, une opération est devenue indispensable.

Antoine Frisch raconte précisément les difficultés rencontrées et l’intervention qu’il a subie :

« Ce n’est pas une blessure très commune ni facile à diagnostiquer. Après la rechute en début de saison dernière, j’ai eu de la chance que l’opération se soit très bien passée. En gros, c’était une fracture de fatigue sur un des deux os sésamoïdes. J’ai eu une greffe osseuse avec la pose d’une vis en titane pour cicatriser et consolider le pied.

C’est chiant car c’est un tout petit os. J’avais comme une épine dans le pied, avec régulièrement des douleurs. J’ai joué avec et ça avait de nouveau lâché contre Pau en octobre 2025. L’opération était devenue obligatoire pour résoudre enfin le problème. C’est le cas et je suis aujourd’hui à 100 % de mes moyens. »

Cette intervention a finalement permis au joueur de retrouver l’intégralité de ses capacités physiques.

Mais les conséquences de cette longue indisponibilité ne se sont pas limitées à la douleur.

« Quand tu es blessé, tu as l’impression de ne pas servir à grand-chose »

Recruté pour renforcer l’effectif toulonnais, Antoine Frisch a particulièrement mal vécu son incapacité à contribuer aux performances de son équipe.

Habitué à enchaîner les rencontres avant son arrivée au RCT, il a découvert une situation qu’il n’avait jamais connue à ce niveau.

Loin des terrains, le centre international a dû apprendre à gérer la frustration, les incertitudes et le sentiment de ne pas pouvoir remplir le rôle pour lequel il avait été recruté.

Il revient sur cette période difficile, tout en soulignant le soutien reçu :

« Mentalement, ce n’était pas facile, forcément. Je n’avais jamais été blessé aussi longtemps. Heureusement, mes proches m’ont beaucoup soutenu. Je sais que c’est une phrase un peu bateau, mais j’ai essayé de bosser pour revenir plus fort.

Quand tu es blessé, tu as l’impression de ne pas servir à grand-chose, tu te sens inutile. Tu ne peux pas aider l’équipe alors que tu as été recruté pour ça. C’était dur mais je me suis dit que ça allait s’arrêter à un moment. Le club a été incroyable avec moi lors de ma rééducation pour que je revienne le mieux et le plus vite possible. »

Cette reconnaissance envers le Rugby Club Toulonnais témoigne de l’importance de l’accompagnement dont il a bénéficié pendant sa rééducation.

Gabin Villière, un exemple dans les moments difficiles

Pour traverser cette période, Antoine Frisch a également pu compter sur l’expérience de plusieurs coéquipiers ayant eux-mêmes connu de longues indisponibilités.

Parmi eux, Gabin Villière occupe une place particulière.

L’ailier international français, régulièrement confronté à des blessures ces dernières saisons, a constitué une source d’inspiration pour son partenaire.

Frisch souligne notamment la force mentale de son coéquipier :

« Gabin est un exemple dans sa résilience et dans sa faculté à toujours revenir plus fort. On connaît très bien l’engagement qu’il met sur le terrain. Dans ses semaines de travail, c’est exactement pareil. Il a un mental impressionnant.

Tu sais qu’il va toujours revenir. Franchement, les mecs comme lui sont inspirants. Ils te donnent de la force au quotidien. Mais tout le groupe a été très solidaire et m’a aidé. »

Après avoir traversé ces deux saisons éprouvantes, Antoine Frisch estime désormais avoir définitivement tourné la page de ses problèmes au pied.

Son retour à Édimbourg, où il a disputé les 80 minutes de la rencontre et réalisé treize plaquages, constitue une première étape importante.

Pour le centre du XV de la Rade, le principal défi consiste maintenant à retrouver la régularité qui lui a tant manqué depuis son arrivée à Toulon.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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1 Commentaire

  1. Gg13 20 octobre 2026 at 17h- Répondre

    C’est vrai que lorsqu’on joue avec une gêne ou légèrement blessé c’est difficile de fournir des prestations qui correspondent à son maximum.
    D’expérience, ça m’est souvent arrivé en amateur, mais parfois on joue pour aider l’équipe à faire nombre ou parce que je suis d’une génération où il ne fallait pas trop écouter sa douleur et qu’on a envie aussi de s’amuser avec les potes…