139 joueurs blessés en Top 14 : Des mesures envisagées face à une situation très inquiétante
139 joueurs blessés en Top 14 : Des mesures envisagées face à une situation très inquiétante
Le jeudi 29 octobre 2026 à 9:54 par David Demri
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Le rugby français traverse une nouvelle période particulièrement délicate sur le plan médical. Alors que le XV de France prépare ses rencontres de novembre avec près d’un tiers de son équipe type indisponible, pas moins de 139 joueurs de Top 14 sont actuellement blessés.
Face à cette accumulation, la Ligue nationale de rugby et la Fédération française de rugby travaillent sur plusieurs pistes pour mieux préserver les joueurs.
Cette situation rappelle celle de l’automne précédent, déjà marqué par de nombreuses absences chez les Bleus.
La commission médicale de la LNR a ainsi lancé une étude comparative avec la saison dernière pour déterminer si les blessures sont réellement plus nombreuses, si leur nature évolue et si les périodes d’indisponibilité s’allongent.
Une nouvelle gestion du temps de jeu à l’étude
Depuis cette saison, 33 internationaux français bénéficient d’un dispositif spécifique de protection. Ils ne peuvent pas disputer plus de quatre rencontres consécutives avec leur club, ni participer à plus de neuf matchs avec le XV de France entre juillet et mars.
Cette expérimentation, mise en place dans la perspective de la Coupe du monde 2027, pourrait déboucher sur une évolution beaucoup plus large de la gestion des joueurs.
Un comité réunissant notamment Fabien Galthié, Jérôme Daret, Sébastien Piqueronies, Thierry Dusautoir, Gaël Fickou ainsi que plusieurs spécialistes médicaux et scientifiques travaille sur cette problématique.
Ses recommandations sont attendues à la fin de la saison, avec une éventuelle application à partir de 2028-2029.
Jean-Marc Lhermet, vice-président de la FFR chargé du haut niveau, explique via Sud-Ouest que le simple nombre de rencontres disputées ne suffit plus pour évaluer la fatigue des joueurs :
« La notion de nombre de matchs joués sur une saison n’est pas suffisante. Entre les âges, les postes, les profils, il faut trouver des critères qui nous permettront de piloter quasi individuellement le rythme de nos joueurs majeurs, entre matchs consécutifs et périodes de repos. Le suivi opéré avec la liste de 33 nous permettra peut-être de tirer des enseignements. »
Le Top 14 à 12 clubs ? Une solution écartée
La question du calendrier reste particulièrement sensible. Avec l’ajout d’une rencontre internationale en novembre et l’intensité croissante du championnat de France, les périodes de récupération deviennent difficiles à aménager.
Une modification de la Champions Cup pourrait permettre de libérer deux dates à partir de 2030.
En revanche, une réduction du Top 14 à douze équipes, qui supprimerait quatre journées de saison régulière, ne semble pas envisagée.
Yann Roubert, président de la Ligue nationale de rugby, défend le maintien du format actuel :
« Ça ne libérerait pas forcément quatre dates par joueurs puisque les internationaux joueraient peut-être autant en club. On regrette ces blessures mais le Top 14 n’est pas la seule explication. Il favorise la richesse du vivier de joueurs français. Passer à douze réduirait la couverture du territoire, alors que les affluences dans les stades et les audiences télé n’ont jamais été aussi hautes. »
Salary cap, effectifs et suivi médical : plusieurs pistes examinées
Pour permettre aux clubs de mieux gérer leurs effectifs, la LNR a déjà supprimé cette saison la limite de 35 contrats professionnels et relevé le plafond salarial.
Laurent Marti, président de l’Union Bordeaux-Bègles, souhaite aller plus loin en augmentant encore le salary cap, à condition que cette hausse serve à recruter davantage de joueurs.
Cette proposition ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains dirigeants préfèrent envisager une meilleure répartition des budgets existants.
Parallèlement, un dossier médical commun à l’ensemble des clubs est progressivement déployé afin d’améliorer le suivi des joueurs.
La Ligue s’intéresse également aux pratiques étrangères, notamment à celles du rugby australien à XIII.
Enfin, un bilan du retour à huit remplacements par rencontre, contre douze auparavant, doit être réalisé au printemps.
Jean-Marc Lhermet se dit ainsi animé d’un « bon espoir » de voir émerger des mesures efficaces pour « phaser au mieux les deux moteurs du rugby français que sont le Top 14 et le XV de France ».

