« Le bouc émissaire, c’est la presse » : un préparateur mental décrypte l’attitude de Christophe Urios
« Le bouc émissaire, c’est la presse » : un préparateur mental décrypte l’attitude de Christophe Urios
Le samedi 31 octobre 2026 à 9:34 par David Demri
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La situation devient particulièrement délicate à Clermont. Après quatre défaites consécutives, dont une dernière particulièrement douloureuse sur la pelouse de Vannes, l’ASM doit impérativement réagir face au Racing 92. Mais au-delà des difficultés sportives, c’est aussi le moral des joueurs qui inquiète.
Ancien rugbyman professionnel devenu préparateur mental, Arthur Cestaro a livré son analyse de cette période compliquée.
La défaite à Vannes a laissé des traces. Alors qu’ils avaient longtemps maîtrisé la rencontre et bénéficié d’une supériorité numérique en fin de match, les Clermontois ont finalement craqué face à une équipe qui n’avait pas encore remporté le moindre match. Un scénario particulièrement difficile à digérer avant une nouvelle échéance capitale.
« Il faut faire abstraction de toutes les émotions »
Pour Arthur Cestaro, l’une des priorités consiste à ne pas laisser les résultats récents envahir les esprits. Le préparateur mental estime que Clermont doit retrouver ses repères collectifs et travailler sur les situations qui lui posent problème.
Dans les colonnes du journal La Montagne, il préconise notamment de revenir aux fondamentaux et de mieux anticiper les fins de rencontre :
« Il faut faire abstraction de toutes les émotions qu’il y a autour des derniers matchs et des derniers résultats. Il faut revenir à ce que l’on travaille depuis le début de la saison : le processus, le plan de jeu. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur les résultats. Il faut aussi regarder ce qui a bien fonctionné à Vannes, car tout n’est pas à jeter. Les Clermontois ont bien tenu le match avant de s’écrouler. La remise en place de davantage de scénarios de gestion des fins de match permettra peut-être de passer à autre chose. Qu’est-ce que l’on fait à tel moment ? Cela permet à l’équipe de se rassurer et de reprendre confiance. Le cerveau est très prédictif et aime reproduire ce qui a déjà été anticipé. »
Du côté des joueurs, la nécessité de rester soudés est également mise en avant.
L’arrière Kylan Hamdaoui a raconté comment le groupe tentait de surmonter cette mauvaise série :
« Comme après chaque grosse défaite ou revers frustrant, le lundi qui suit est un peu compliqué. On analyse le match en vidéo et, dès l’entraînement de l’après-midi, on passe à autre chose. Dans les moments compliqués, le groupe a besoin de se serrer les coudes. C’est important pour nous de rester positifs. Quand quelqu’un fait une erreur, il faut lui taper dans le dos et l’encourager. C’est comme cela que l’on réussira à passer cette phase difficile. »
La pression extérieure pèse sur Clermont
La mauvaise dynamique sportive intervient dans un environnement particulièrement exigeant.
Entre les interrogations sur les résultats, les annonces concernant les futurs changements dans le staff et l’impatience grandissante des supporters, les Clermontois doivent gérer une pression qui dépasse largement le terrain.
Arthur Cestaro considère que les leaders du groupe ont un rôle essentiel pour protéger leurs partenaires de cette atmosphère négative :
« Bien sûr que tout cela peut être un enjeu. Le contexte à Clermont-Ferrand est particulier, car la ville vit pour le rugby. Dès que tu enchaînes les mauvais résultats, tu en entends parler partout. C’est là que le travail doit être fait avec les leaders pour ne pas se laisser impacter par ces éléments. Il faut savoir prendre du recul et élargir la focale. Peut-être que ces défaites seront anecdotiques en fin de saison. Il faut se resserrer pour évacuer toutes ces choses négatives. »
La sortie de Christophe Urios décryptée
À la veille de recevoir le Racing 92, Christophe Urios a surpris les journalistes en lisant une déclaration préparée à l’avance, sans accepter de répondre à leurs questions.
Une attitude qui a suscité des interrogations dans un contexte déjà tendu.
Pour Arthur Cestaro, cette prise de position pourrait toutefois répondre à une stratégie destinée à resserrer les rangs et à afficher une unité collective.
Le préparateur mental avance son interprétation de cette intervention inhabituelle :
« Souvent, le bouc émissaire, c’est la presse. Mais c’est un peu une posture, je pense. C’est pour dire : “On est ensemble, on fait front et on va au combat ce week-end. On ne va pas s’exprimer partout et on répondra sur le terrain.” Son discours a probablement été axé là-dessus auprès des joueurs. Ce qui peut s’entendre. »

