XV de France : Patrick Arlettaz dénonce une « faute professionnelle » avant les retrouvailles avec les Fidji
XV de France : Patrick Arlettaz dénonce une « faute professionnelle » avant les retrouvailles avec les Fidji
Le mardi 3 novembre 2026 à 21:54 par David Demri
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À quelques jours d’affronter les Fidji, samedi à Lyon, Patrick Arlettaz a lancé un avertissement au XV de France. L’entraîneur de l’attaque tricolore n’a pas oublié les difficultés rencontrées lors du précédent affrontement entre les deux nations, malgré une victoire française 34 à 21. Il estime que les Bleus avaient commis des erreurs importantes en permettant aux Fidjiens de développer leur rugby. Une expérience qui explique pourquoi le staff refuse aujourd’hui de se projeter sur le choc contre l’Afrique du Sud, prévu six jours plus tard.
La précédente confrontation avait pourtant parfaitement commencé pour les Français, rapidement devant 21 à 0. Mais les Fidjiens avaient ensuite réussi à mettre en difficulté la défense tricolore, notamment dans les duels et sur les extérieurs. Pour Patrick Arlettaz, les Bleus devront impérativement tirer les enseignements de cette rencontre.
Patrick Arlettaz revient sur les difficultés rencontrées contre les Fidji
L’entraîneur de l’attaque française connaît parfaitement les qualités des internationaux fidjiens, dont beaucoup évoluent chaque semaine en Top 14.
Leur puissance physique, leur vitesse et leur capacité à faire des différences individuellement représentent des dangers majeurs pour les défenses adverses.
Dans Le Figaro, Patrick Arlettaz revient sur les difficultés rencontrées lors du précédent affrontement, notamment après les blessures de deux centres français :
« Ce sont des joueurs qu’on connaît bien puisqu’ils sont nombreux en Top 14. Ils ont d’énormes qualités individuelles de vitesse, d’appui, de destruction de temps en temps tellement leur physique est impressionnant. Ils nous avaient posé avant tout beaucoup de problèmes sur le milieu de terrain. On se souvient que très vite, d’ailleurs, on avait perdu Pierre-Louis Barassi et Émilien Gailleton, soit le titulaire et celui qui était rentré à sa place (au centre). Ensuite, ils nous avaient également posé des problèmes sur les extérieurs et en défense en nous empêchant de développer notre jeu. Après avoir mené 21-0, on s’est perdu un tout petit peu. »
Une « faute professionnelle » à ne surtout pas reproduire
Au-delà des qualités fidjiennes, Patrick Arlettaz considère que les Français avaient surtout commis l’erreur de sortir de leur organisation collective.
En acceptant de multiplier les duels individuels, les Bleus avaient permis à leurs adversaires de s’exprimer dans un registre qu’ils maîtrisent particulièrement bien.
L’objectif sera donc de privilégier le combat collectif et d’empêcher les Fidjiens de prendre de la vitesse.
Patrick Arlettaz détaille les erreurs commises par les Français et explique comment éviter de retomber dans le même piège :
« Dès que vous ne gagnez plus les duels face à ce genre d’équipe, dès que vous ne mettez plus le combat dans le collectif mais que vous tombez dans du un-contre-un, fatalement, vous allez vers une déconvenue. Donc il va falloir que, collectivement, on soit meilleurs. Il va falloir qu’on gagne les microduels pour les empêcher, eux, de se retrouver en avançant. Ils adorent le duel. il faut les renvoyer tout le temps à un combat collectif. Pour s’en sortir contre les Fidjiens, il faut les mettre dans quelque chose où ils ne sont pas à l’aise. Parce que là où ils sont à l’aise, ils sont parmi les meilleurs du monde. L’année dernière, je trouve qu’on les avait confortés dans ce qu’ils font de mieux. Et c’était un peu une faute professionnelle… »
Une motivation supplémentaire pour les Fidjiens
La présence de nombreux joueurs fidjiens dans le championnat français donne également une dimension particulière à cette confrontation.
Les internationaux des deux pays se connaissent parfaitement, puisqu’ils sont régulièrement adversaires ou coéquipiers en club.
Cette proximité pourrait notamment renforcer la motivation des joueurs du Pacifique.
Patrick Arlettaz explique pourquoi les Fidjiens auront particulièrement envie de faire tomber le XV de France :
« Non, ça ne la change pas. La seule chose, c’est que les joueurs fidjiens ont très envie de battre les joueurs français parce qu’ils jouent avec eux dans le championnat. Ça rajoute à l’esprit. Et les Français connaissent toutes les qualités des Fidjiens parce qu’ils les prennent toutes les semaines ou alors ils jouent avec eux. Ça rend ce match trop important et trop difficile pour pouvoir penser au suivant. »
Patrick Arlettaz refuse de penser déjà aux Springboks
Le calendrier du XV de France pourrait inciter certains observateurs à considérer cette rencontre comme une préparation au choc contre l’Afrique du Sud.
Les Bleus retrouveront en effet les Springboks six jours plus tard au Stade de France.
Mais Patrick Arlettaz refuse catégoriquement cette approche. Pour lui, les Fidji représentent un adversaire suffisamment dangereux pour nécessiter toute l’attention du staff et des joueurs.
L’entraîneur de l’attaque tricolore explique pourquoi il serait dangereux de considérer cette rencontre comme une simple répétition générale :
« Ça aurait pu… sur l’imaginaire. Et puis je me suis rappelé le match de l’année dernière contre les Fidjiens (sourire). Ce qu’on va faire, c’est qu’on va beaucoup penser aux Fidjiens pendant quatre jours. Il sera à temps, après, de penser à l’Afrique du Sud… On voit bien toute la dangerosité de cette équipe des Fidji. Ce n’est pas un match de préparation pour le celui d’après. C’est un vrai match difficile à gagner d’entrée. Donc on va se concentrer énormément sur celui-là parce que si on veut continuer d’être premiers de la Conférence Nord, il faut qu’on batte les Fidji. Et je ne suis pas sûr qu’en le prenant comme un match de préparation, on soit en capacité de les battre. »
Le Championnat des nations change les enjeux
Cette rencontre s’inscrit également dans une compétition dont le fonctionnement modifie les habitudes des sélections internationales.
Avec le Championnat des nations, les rencontres ne constituent plus simplement une succession de tests internationaux : elles contribuent désormais à un classement et à la conquête d’un trophée.
Une évolution qui suscite un intérêt particulier chez les joueurs français, désireux de se mesurer aux autres grandes nations et de remporter cette nouvelle compétition.
Patrick Arlettaz confirme que le staff a constaté un véritable engouement autour du Championnat des nations :
« Cet été, on a bien senti l’engouement populaire pour cette nouvelle compétition. Mais également un intérêt particulier chez les joueurs qui s’intéressaient au classement, à savoir comment ils se situaient par rapport aux autres équipes de l’hémisphère nord. C’est indéniable. Ce sont tous des compétiteurs. Ils veulent tous gagner des trophées, ils ont un appétit insatiable. Dès que vous leur rajoutez un trophée, fatalement, ils sont dedans. C’est un des moteurs dans notre sport. C’est aussi pour ça qu’on fait ça. Et les joueurs n’échappent pas à la règle. Donc, effectivement, on a senti cette excitation. Je trouve ça chouette… »

