A seulement 22 ans, il impressionne le groupe du RC Toulon
A seulement 22 ans, il impressionne le groupe du RC Toulon
Le jeudi 1 octobre 2026 à 16:11 par David Demri
Publicité
Supporter du Rugby Club Toulonnais depuis son enfance, Léo Ametlla vit désormais son rêve sous le maillot Rouge et Noir. À seulement 22 ans, le pilier gauche n’est plus une simple solution de dépannage.
Titulaire lors des quatre premières journées de la saison et auteur de 35 plaquages réussis sur 37, il impressionne autant ses coéquipiers que Mickaël Ivaldi, désormais chargé de la mêlée Toulonnaise. Portrait d’un joueur discret qui incarne parfaitement les valeurs du RCT.
Léo Ametlla n’a pas eu besoin de beaucoup parler pour gagner sa place.
Originaire de Port-Saint-Louis-du-Rhône, entre Arles et l’embouchure du Rhône, le jeune pilier a grandi avec le RCT avant d’avoir l’occasion d’en porter le maillot chez les professionnels.
La saison dernière, il a disputé 21 rencontres, dont quatre comme titulaire. Désormais, son statut est en train de changer, notamment en raison de l’absence de Dany Priso Mouangué, toujours touché au tendon d’Achille.
Longtemps 24e homme avant de saisir sa chance
Avant de s’installer chez les professionnels, Léo Ametlla a dû patienter.
Oliver Cowie se souvient notamment de ces nombreuses rencontres durant lesquelles son ami était intégré au groupe sans parvenir à entrer sur la feuille de match.
Mais lorsqu’une véritable opportunité s’est présentée, le jeune pilier était prêt.
Oliver Cowie raconte dans Var-matin une première apparition qui avait immédiatement marqué les esprits.
« Il a souvent été 24e. Mais, quand il est arrivé en “une” pour faire sa première, il était monstrueux. Vraiment prêt, quoi. Et, depuis, il enchaîne. C’est mérité pour le travailleur qu’il est. »
Cette première chez les professionnels remonte au 11 décembre 2025.
Depuis, Ametlla n’a cessé de prendre de l’épaisseur.
Discret dans le vestiaire… sauf lorsqu’il sort les cartes
Son caractère est parfaitement identifié par ceux qui le côtoient depuis les Espoirs.
À première vue, le Toulonnais apparaît réservé, voire timide. Pierre Damond apporte pourtant une nuance importante.
Une fois en confiance, Ametlla serait beaucoup moins discret qu’il n’y paraît.
« Ça, c’est quand on ne le connaît pas vraiment. Sinon, c’est l’un des premiers pour mettre des pièces. »
Oliver Cowie confirme, avec un avertissement : mieux vaut ne pas lancer une partie de cartes avec lui.
« Léo, c’est plutôt un mec réservé quand tu le vois comme ça. Il faut juste ne pas lui mettre un jeu de cartes entre les mains, sinon il ne s’arrête plus de brancher. »
Passionné de coinche, Ametlla assume volontiers cette réputation.
Les parties entre jeunes Toulonnais peuvent durer des après-midi entières.
« Ils adorent me chambrer mais, en réalité, je gagne tout le temps ! On joue souvent, que ce soit chez moi, chez Oli, Pierre ou même au Campus. On peut y passer des après-midi ! »
Pierre Damond en rajoute.
« Il passe son temps à nous “engatser”, comme il aime dire. »
Léo Ametlla, grand supporter de l’OM
Une autre passion occupe une partie de son temps libre : l’Olympique de Marseille.
Dès que son emploi du temps le lui permet, Ametlla prend la direction du Vélodrome.
Une passion familiale qui l’accompagne depuis son enfance.
« Dès que je peux, je vais au stade. J’ai baigné là-dedans avec ma famille, alors c’est ancré en moi. »
Et là encore, le jeune homme habituellement peu bavard peut rapidement changer de visage.
Pierre Damond s’en amuse.
« Il n’en parle pas forcément beaucoup mais, si tu le lances sur le sujet, il est capable de déblatérer pendant un bon, bon moment. »
Sur le terrain, en revanche, Ametlla n’a pas besoin de longues discussions pour se faire remarquer.
35 plaquages réussis sur 37 !
Après quatre journées, ses statistiques défensives sont particulièrement impressionnantes.
Titulaire à quatre reprises, Léo Ametlla affiche 94,6 % de réussite au plaquage, avec 35 tentatives réussies sur 37.
Gaël Dréan le classe parmi ces joueurs particulièrement « raides » au contact.
Corentin Mézou, qui le connaît depuis les Espoirs, insiste surtout sur sa capacité à effectuer tout le travail qui ne se voit pas nécessairement.
Selon lui, le leadership d’Ametlla passe avant tout par les actes.
« Ce n’est pas un gros parleur. Mais, pour tout ce qui est travail de l’ombre, plaquages et tenue en mêlée, il est propre. Il s’envoie fort. Son leadership vient de son exemplarité sur la pelouse. Tu as envie de le suivre. »
Une mentalité qui explique en partie la confiance grandissante dont il bénéficie.
« Je suis jeune et je veux encore progresser »
Malgré son début de saison et sa nouvelle place dans la rotation Toulonnaise, le principal intéressé refuse de s’enflammer.
Il préfère continuer à observer des joueurs plus expérimentés comme Jean-Baptiste Gros et Dany Priso Mouangué.
Ametlla veut avant tout poursuivre son apprentissage.
« Je dois continuer comme ça. Travailler et me développer en suivant les plus grands comme “Jibé” ou Dany. Je suis jeune et je veux encore progresser. »
Et son travail effectué durant l’intersaison n’est visiblement pas passé inaperçu.
Désormais membre du staff Toulonnais après avoir pris sa retraite, Mickaël Ivaldi travaille notamment avec lui dans le secteur de la mêlée.
« Léo a fait une grosse, grosse prépa »
L’ancien talonneur du RCT a pu observer de très près la progression du pilier de 22 ans.
Un domaine a notamment fait l’objet d’un travail conséquent : son assise en mêlée.
Ivaldi se montre particulièrement satisfait des progrès réalisés.
« Léo a fait une grosse, grosse prépa cet été. On a beaucoup bossé sur l’assise en mêlée, et ça se ressent. Après, c’est un mec qui percute vite. Il comprend et applique. Dans ce secteur, il est de plus en plus gaillard. Il tient vraiment la baraque. Sinon, dans le jeu, vous commencez à le connaître. Il est très actif dans ce qu’on appelle les tâches obscures, c’est-à-dire les plaquages, les rucks, les soutiens, les déblayages. »
Ce travail n’a d’ailleurs pas débuté cet été.
Ametlla avait déjà énormément travaillé avec Eric Dasalmartini, figure historique de la mêlée Toulonnaise.
« La mêlée, c’est un éternel recommencement »
Pour Mickaël Ivaldi, le poste de pilier ne permet aucun relâchement.
Le talent ou le gabarit peuvent permettre de tenir momentanément, mais seul le travail quotidien permet de s’installer durablement.
Et c’est précisément cette exigence qu’Ametlla aurait déjà intégrée.
Ivaldi insiste sur la nécessité de constamment remettre son ouvrage sur le métier.
« Il avait, comme tous les jeunes, démarré un gros travail avec “Brique”. On poursuit, dans la continuité. Un pilier ne devient pas bon s’il ne bosse pas énormément. Et ça, Léo l’a très bien compris. Tu peux avoir des facilités, oui. Jouer sur ton gabarit. Mais ça, ça ne tient que deux ou trois matches, au grand maximum. La mêlée, c’est un éternel recommencement. Tu peux être bon un week-end et, si tu ne fais rien de la semaine, te faire plier le suivant. C’est une remise à niveau permanente. »
Un profil qui correspond parfaitement à la philosophie d’Ivaldi
Reste ce caractère réservé que tous ses partenaires mettent en avant.
Pour son entraîneur, il ne s’agit certainement pas d’un défaut. Bien au contraire.
Mickaël Ivaldi apprécie précisément ces joueurs capables de travailler pour les autres sans chercher constamment la lumière.
Et sur ce point, Léo Ametlla correspond parfaitement à sa vision du rugby.
« Je n’ai jamais été fan des piliers qui se font trop voir. Léo est un mec réservé, qui travaille pour le groupe. Et c’est très important. Je suis passionné par les joueurs qui bossent pour le collectif. Pour moi, c’est le moyen d’y arriver. C’est essentiel dans notre sport. En tout cas, c’est ma vision du rugby. »


Bonne chance à Léo Ametla et à tous nos jeunes qui sont pour moi une source d’optimisme au RCT.
Leo…..? J’ADORE……
Ametla a deux grandes chances, en plus d’etre un trés bon pilier, il bénéficie de la présence d’Azéma et de Béal qui n’hésitent pas à faire confiance à des jeunes joueurs .
Super Pillard et son pote au talon est du même gabarit.
Et on n’en parle jamais assez : ces jeunes sont très propres et donc très peu sanctionnés.
Et comme pour finir ils semblent bien agressifs comme il faut…
Il faut aussi feliciter le club sur ce coup, qui a laissé filer un bon bruce devaux pour faire la place au jeune ametla.
Félicitations un bon joueur bravo.