« À Toulon, je suis dans mon élément » : Les vérités de Christophe Deylaud sur sa courte expérience au RCT
« À Toulon, je suis dans mon élément » : Les vérités de Christophe Deylaud sur sa courte expérience au RCT
Le samedi 9 mai 2026 à 7:00 par David Demri
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A l’approche du match phare entre le Rugby Club Toulonnais et le Stade Toulousain programmé ce samedi soir au Stade Vélodrome de Marseille, le journal régional Var-matin a décidé d’aller à la rencontre d’un certain Christophe Deylaud.
Le joueur emblématique du club de la Ville Rose a joué une saison sous les couleurs du RCT : en 1990 / 1991.
Il explique notamment avoir été marqué par ce club toulonnais :
Toulon, c’est un club qui m’a marqué. Déjà par le biais des mecs que j’ai pu côtoyer. J’arrive quand même sous la houlette de Daniel Herrero, une personnalité emblématique du rugby français. Moi qui venais de Blagnac, un petit club, se retrouver avec Éric Champ, Manu Diaz… Je me demandais si j’allais être capable de jouer à ce niveau-là, avec ces mecs-là. À Toulon, je suis resté onze mois, mais c’est comme si ça avait duré dix ans. Je n’en ai gardé que de très bons souvenirs, et même des amis, comme Léon Loppy. Il y avait aussi Louvet, Motteroz, « Brique » Dasalmartini, Jaubert… Je pourrais tous les citer.
Il explique comment il s’est retrouvé au RCT. Extrait:
Après le titre de 1987, Toulon m’avait déjà contacté. Je n’y étais pas allé, car je ne pensais pas avoir le niveau. En plus, ça marchait plutôt bien à Blagnac. Je n’allais pas quitter mon pays de Toulouse. Et puis, finalement, il y a eu la catastrophe au club, avec le capitaine et les entraîneurs qui ont été écartés ou ont arrêté. Toulon est revenu à la charge et j’ai fait le choix de tenter l’aventure.
Il avoue garder de très bons souvenirs de son expérience à Toulon :
J’étais plutôt un mec qui relançait de son camp. Au départ, je jouais tous les ballons. Au bout du deuxième ou troisième match, Daniel (Herrero) m’avait dit: « Maintenant, il va falloir que tu te serves de ton pied! » Je ne l’avais pas encore compris, mais c’était une arme très importante. Au-delà de ça, j’étais compatible car les mecs d’à côté avaient ce qu’il fallait entre les jambes et que, sur cet aspect-là, je ne devais pas me manquer. Je me suis donc mis dans le moule des Toulonnais. Cette relation forte au sein du groupe, j’en garde un énorme souvenir. Si ces mecs-là m’appelaient maintenant pour faire une connerie, j’irais avec eux.
Il raconte ensuite une anecdote :
Pour l’anecdote, quand on est arrivés avec ma femme, on s’est aperçu qu’elle avait de la famille italienne qui vivait là. Et ces Toulonnais d’adoption m’appelaient « pied de cochon », car je ne savais pas taper dans un ballon. Bon, eux n’avaient jamais joué au rugby, donc ils donnaient juste des leçons depuis les tribunes. Mais c’est vrai que je n’étais pas spécialement buteur. J’avais loupé quelques coups de pied et on m’en avait d’ailleurs un peu voulu, du moins au départ. Je n’étais pas prédestiné à buter. Je tapais, je dirais, à la sensation.
Il explique ensuite pourquoi il ne s’est pas éternisé au RCT. Extrait:
Je ne vais pas le cacher: quand je suis revenu à Toulouse en 1991, ça n’a pas été la panacée. Avec ma femme, on était rentrés au pays en partie car on y avait obtenu du boulot. Mais quelques mois après, moi, je serais bien reparti à Toulon. Là-bas, j’avais trouvé ce qu’il me fallait. Et même si en termes de mentalité, on pourrait dire « ah, ce sont des branques, des fous », non! J’ai découvert des mecs incroyables, des mecs de parole. Aujourd’hui encore, ça reste un univers où je me régale. Je vais chez les cousins et on peut bouger au marché, dans un bar… Pour moi, c’est du Pagnol. J’écoute les mecs parler, j’adore. Et puis, ce stade… C’est mythique. J’en ai eu les frissons la première fois.
J’aurais voulu que ça dure beaucoup plus. D’ailleurs, quand je vois que Charles Ollivon et Anthony Étrillard sont restés faire leur vie sur Toulon alors qu’il n’y a pas plus Basques qu’eux, ça veut dire quelque chose. Je crois que moi, en tant que Toulousain, j’aurais pu faire un parcours beaucoup plus long là-bas. La vie en a décidé autrement. Au bout de quelques mois au RCT, le Stade (toulousain) m’avait rappelé. Jean-Claude Skrela et Pierre Villepreux m’ont dit qu’ils s’étaient trompés. Et comme à Toulon, il y avait un hic sur des emplois que je n’avais pas réussi à avoir, j’ai décidé de rentrer.
Il précise ne pas avoir été victime d’insultes lors de son retour à Mayol, sous les couleurs de Toulouse :
Bizarrement, avec le Stade, pas trop. Il y a eu plus d’insultes après, quand je suis revenu avec Agen. Alors, des insultes, mais des insultes à la toulonnaise. Quand tu as baigné un peu là-dedans, tu sais comment ça se passe. Ça peut être les plus gros cons dans les paroles sur le terrain ou en tribunes, mais après, quand tu te retrouves au club house, ce sont des mecs fabuleux. C’est vraiment un endroit où, de toute façon, je me sens à l’aise. Il y en a où ce serait moins le cas. À Toulon, je suis dans mon élément.
4 Commentaires


Qu’est ce que j’aurai pu grandement apprécier ce joueur tout au long de sa carrière !.. Et surtout qui plus est , quelle belle époque c’était !..
Je garde en souvenir de son bref passage à Toulon son coup d’envoi direct en tribune lors de ce 8eme aller contre Bègles à Mayol… »toute une époque… »
Christophe Deylaud un très très grand joueur….
Il ne savait pas se servir de son pied !? Si, si…les côtes de certains bèglais s’en souviennent ! Ah ! Ah !