« Antoine Dupont a tout changé » : Pierre-Gilles Lakafia raconte la métamorphose du rugby à 7
« Antoine Dupont a tout changé » : Pierre-Gilles Lakafia raconte la métamorphose du rugby à 7
Le mercredi 5 août 2026 à 10:59 par David Demri
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Ancien international français de rugby à 7, Pierre-Gilles Lakafia observe avec un certain recul l’évolution spectaculaire de sa discipline. Désormais préparateur physique du Rugby Club Orléans après avoir raccroché les crampons, il voit arriver avec satisfaction les plus grandes stars du rugby à XV vers le Sevens. Pour lui, un homme a complètement changé la perception de cette discipline : Antoine Dupont.
Aujourd’hui, voir des joueurs comme Louis Bielle-Biarrey, Henry Pollock ou encore Marcus Smith envisager une aventure à 7 ne relève plus de l’exception.
Antoine Dupont a changé le regard porté sur le rugby à 7
Pour Pierre-Gilles Lakafia, cette évolution ne doit rien au hasard.
Les grandes stars du rugby mondial avaient déjà commencé à s’intéresser au Sevens avant les Jeux olympiques de Rio en 2016. Les Springboks avaient notamment fait appel à Bryan Habana, les Wallabies à Quade Cooper, tandis que les All Blacks avaient intégré Liam Messam et Sonny Bill Williams.
Mais selon lui, le véritable tournant est arrivé plusieurs années plus tard.
Il explique pour Rugby Pass :
« Ce qui a tout changé, c’est Antoine Dupont. Il arrive avec son aura de meilleur joueur du monde, et en plus il prend le rugby à 7 au sérieux. Il s’y est mis longtemps à l’avance. Le fait que ce mec-là se soit exposé et qu’à la fin il soit médaillé olympique, ça rend crédible le rugby à 7. Si lui l’a fait, alors d’autres peuvent le faire. Le meilleur joueur du monde l’a fait et il a terminé champion olympique. C’est extraordinaire. Je pense que maintenant la porte est ouverte. Le rugby à 7 est pris au sérieux. »
Une discipline toujours en pleine évolution
Lakafia estime que le rugby à 7 poursuit encore sa professionnalisation.
Il confie :
« J’ai l’impression que ça essaie de plus se professionnaliser d’une saison à l’autre. Le fait que ce soit un sport olympique pousse beaucoup. Pour être complètement honnête, je sais pas s’ils ont encore trouvé le truc parfait. J’ai l’impression qu’ils cherchent la formule qui irait le mieux pour attirer le plus de monde, pour faire grossir ça encore plus. D’un point de vue de sportif, j’ai l’impression qu’ils ont moins d’étapes que ce que moi j’ai pu connaître par le passé. J’ai eu la chance de jouer des périodes où on partait beaucoup. »
Pour l’ancien international, la dynamique est toutefois clairement positive.
« J’en ai pleuré »
Si Lakafia se réjouit de voir le rugby à 7 gagner en notoriété, le sacre olympique des Bleus à Paris a également réveillé une émotion très personnelle.
Lui qui avait vu son rêve olympique s’arrêter après la qualification manquée pour Tokyo admet avoir vécu ce succès avec une intensité particulière.
Il raconte :
« Bien sûr que si. Le jour où j’ai vu les Français devenir champions olympiques, j’en ai pleuré. J’en ai pleuré parce que peu de temps avant ça, c’était nous qui rêvions de faire ça, on y croyait dur comme fer. Et là les mecs ont décroché le rêve d’une vie. Moi, c’était mon rêve absolu. Des mecs avec qui j’ai joué, Stéphane Parrez par exemple, c’était mon partenaire, c’était un pote, et il est allé au bout du rêve. »
« Chacun remplit son rôle »
Malgré cette émotion, Pierre-Gilles Lakafia ne nourrit aucun regret.
Il considère que chaque génération a permis de faire grandir progressivement le rugby à 7 français jusqu’à ce titre olympique historique.
Il conclut :
« Dans le livre Les Secrets des All Blacks, ils disent que la mission de chacun pour le maillot des All Blacks, c’est de le mettre un peu plus haut que ce qu’il était avant. Quand je suis arrivé dans le rugby à 7, ils sortaient à peine d’une période où ils avaient que quatre professionnels à 7, le reste c’était des mecs qui venaient combler comme ça. Le projet olympique s’est mis en place, on est arrivé à se qualifier, on est arrivé à faire quelques performances, on a fait nos premières finales, on est arrivé à battre les Blacks. On était sur une super dynamique, et il y a le Covid malheureusement qui est arrivé. Et moi ça se termine là. Là où j’arrive à être en paix avec ma carrière et un peu avec ce que ça me fait de voir les mecs exploser maintenant, c’est de me dire : nous on est partis de A, on est allés jusque-là, les autres prennent le témoin là et ils sont allés jusqu’à la médaille d’or olympique. Chacun remplit son rôle. Ceux qui reprennent le témoin derrière les champions olympiques, bonne chance ! »
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