Antoine Dupont et les Bleus désorientés par le match du jeudi soir : « On a un peu perdu la notion des jours… »

Antoine Dupont et les Bleus désorientés par le match du jeudi soir : « On a un peu perdu la notion des jours… »

Le jeudi 5 février 2026 à 0:03 par David Demri

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À quelques heures du coup d’envoi du Tournoi des Six Nations 2026, l’effervescence est à son comble. Le retour d’Antoine Dupont sous le maillot frappé du coq est l’événement majeur de ce choc contre l’Irlande. Le capitaine s’est livré en détails dans les colonnes de Midi Olympique, sur les coulisses de ce come-back.

Un retour sans fantômes

Onze mois après sa rupture des ligaments croisés face à ces mêmes Irlandais, Antoine Dupont balaie toute forme de traumatisme. S’il concède que « lorsque nous avons retravaillé les images du match de l’année dernière, ça n’évoque évidemment pas que de bons souvenirs », il refuse d’y voir une quelconque fatalité.

Pour lui, « c’était un accident de jeu, rien de volontaire. Ça aurait pu arriver sur n’importe quel match et c’est simplement tombé contre l’Irlande. Ça n’a en rien modifié ma préparation. »

Aujourd’hui, seul le plaisir domine :

« Je me sens bien. Je suis content d’avoir déjà plusieurs matchs dans les jambes. Les sensations sont bonnes. Il n’y a pas d’appréhension, au contraire, beaucoup d’excitation à l’idée de démarrer ce Tournoi des Six Nations. »

La gestion d’un calendrier atypique

Le fait de jouer un jeudi soir est une nouveauté que le groupe a embrassée sans sourciller. « Jouer à 21 heures, on y est habitués. En revanche, jouer un jeudi soir, je ne crois pas que ça nous soit déjà arrivé », note le demi de mêlée.

Cette programmation a d’ailleurs créé un décalage temporel surprenant :

« Mais comme toute la préparation a été calquée sur ce rythme, on a un peu perdu la notion des jours. On a presque l’impression d’être vendredi plutôt que mercredi aujourd’hui, donc tant mieux. Je ne pense pas que cela nous ait perturbés. »

Favoris ? « Les pronostics sont rarement respectés »

Si les observateurs placent la France en tête des suffrages, Dupont reste méfiant.

Selon lui, « beaucoup le disent parce que cette année nous recevons trois fois et que, statistiquement, il y a plus de victoires à domicile qu’à l’extérieur. Cela nous donne une bonne position de départ. Mais on sait aussi que les pronostics sont rarement respectés. » Il s’appuie sur le passé récent pour tempérer les ardeurs : « L’an dernier, on ne s’attendait pas forcément à gagner le tournoi et, l’année précédente, alors que l’on semblait plus armés, on s’est manqués dès le premier match. » L’essentiel est ailleurs : « Cette expérience nous a surtout appris à nous concentrer sur nous-mêmes plutôt que sur ce qui se dit autour. »

Une victoire « presque obligatoire »

Pour le capitaine, le calcul est simple pour ce premier match au Stade de France : « Il est beaucoup trop tôt pour parler de bonus ou de Grand Chelem. On en est très loin. Mais commencer le tournoi par un match à domicile implique presque une victoire obligatoire si on veut nourrir des ambitions. »

Au-delà du comptable, il y a le moral : « Pour bien lancer la compétition, créer des automatismes et des repères collectifs, c’est toujours plus simple de le faire après une victoire. »

Un capitanat retrouvé naturellement

Questionné sur son leadership après un an d’absence, le Toulousain se montre rassuré sur sa capacité à mener les troupes : « Honnêtement, lors de ma reprise, je me suis d’abord concentré sur moi-même, sur le fait de retrouver des repères et de la confiance. Mais tout est revenu assez rapidement, y compris ce rôle de capitaine. Je n’ai pas ressenti de grande différence par rapport à avant. Ça s’est fait naturellement. » Un retour au premier plan plus fluide que prévu : « Il y a quelques mois, je n’aurais peut-être pas imaginé que tout se remette en place aussi vite, donc je suis très content. »

Son regard sur Jalibert et l’Irlande

Protecteur envers son partenaire de charnière, il rappelle la réalité du poste : « Oui, ce n’est pas nouveau. Les numéros 10 sont toujours très exposés, que ce soit positivement ou négativement. » Il place sa confiance dans le talent du Bordelais : « On connaît la qualité du joueur qu’il est. On espère qu’il exprimera tout son potentiel et qu’il s’inscrira dans la continuité de ce qu’il montre depuis le début de la saison. »

Enfin, il rejette l’idée d’une Irlande affaiblie : « C’est souvent lorsqu’on sous-estime une équipe qu’on se fait surprendre. L’Irlande reste très expérimentée. Même avec des blessures, quand on regarde leur composition, ce sont uniquement des joueurs habitués au niveau international. »

Pour lui, le collectif vert est une machine rodée : « Leur jeu évolue peu malgré les rotations et ils maîtrisent parfaitement ce tournoi. On peut donc s’attendre à un gros match face à une équipe pleinement au rendez-vous. Ils passent très rarement à côté d’un Tournoi. »

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