Apete Narogo : « J’étais choqué quand le RCT m’a contacté ! »
Apete Narogo : « J’étais choqué quand le RCT m’a contacté ! »
Le jeudi 27 août 2026 à 10:16 par David Demri
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Avant de rejoindre le Rugby Club Toulonnais cet été, Apete Narogo était encore un inconnu du grand public européen. Né dans un petit village des Fidji, l’ailier de 24 ans a construit son parcours loin des projecteurs, grâce au travail, aux sacrifices de sa famille et à une détermination sans faille.
Désormais en Top 14, il revient sur le chemin qui l’a conduit jusqu’à la Rade.
Aujourd’hui, Apete Narogo découvre le rugby professionnel à XV sous les couleurs du RC Toulon après s’être révélé avec la sélection fidjienne de rugby à 7.
Pourtant, rien ne le destinait à un tel parcours.
« Je séchais l’école pour aller jouer »
Originaire du petit village de Nakorovou, dans la province de Serua, sur l’île de Viti Levu, Apete Narogo est tombé amoureux du rugby dès son plus jeune âge.
Très vite, ce sport est devenu une véritable obsession.
Il s’est confié dans les colonnes de Var-matin :
« J’ai grandi dans un petit village nommé Nakorovou, dans la province de Serua. J’ai commencé le rugby à l’âge de 10 ans et n’ai jamais arrêté. Parfois, je séchais l’école pour aller jouer. »
À cette époque, le jeune Fidjien ne rêvait que d’une chose : devenir rugbyman professionnel et offrir une vie meilleure à sa famille.
Le travail plutôt que le talent
Contrairement à beaucoup de joueurs fidjiens, Narogo n’a jamais été considéré comme un phénomène précoce.
Longtemps, il est resté dans l’anonymat.
Troisième d’une fratrie de cinq enfants, il a grandi auprès d’une mère au foyer et d’un père pêcheur, loin des structures professionnelles.
« Plus jeune, je savais déjà que je voulais devenir rugbyman professionnel. Mais sur le terrain, je n’étais pas forcément meilleur que les autres. C’est à force de jeu et de travail que j’y suis arrivé. […] Je suis du genre à m’imposer des sessions supplémentaires à la maison. Sous le soleil ou sous la pluie, je m’entraîne aussi de mon côté. »
Cette culture de l’effort est rapidement devenue sa marque de fabrique.
Les sacrifices de toute une famille
Avant de vivre de sa passion, le jeune Fidjien a dû surmonter de nombreuses difficultés.
Chaque entraînement représentait déjà un défi.
« C’était difficile d’obtenir de l’argent pour que je puisse aller m’entraîner. Je vivais dans mon village et le club était à Suva. Je n’avais pas d’emploi et mon père était un simple pêcheur. Mais je suis très reconnaissant, car il m’a toujours soutenu du mieux qu’il pouvait. Mon oncle, qui est décédé il y a deux mois, m’a aussi énormément aidé, de l’école primaire au lycée. »
Le pari fou qui a changé sa vie
Passionné par le rugby à 7, Narogo rêvait déjà des plus grandes compétitions.
À 18 ans, lors de sa dernière année de lycée, il prend une décision qui va changer le cours de sa carrière.
Il choisit de manquer volontairement son examen final afin de participer au prestigieux Fiji Bitter Wairiki 7’s.
« Beaucoup de très bons joueurs fidjiens, dont certains internationaux, avaient l’habitude de passer par là. C’était très important pour moi de m’y montrer. »
Quelques années plus tard, après avoir poursuivi sa progression avec Uluinakau RC, il finit par attirer l’attention de la sélection fidjienne lors d’un autre tournoi majeur, le Fiji Bitter Nahehevia 7’s.
« J’étais choqué quand le RCT m’a contacté ! »
Ses performances sur le circuit mondial de rugby à 7 l’amènent ensuite à voyager aux quatre coins du monde.
De Dubaï à Hong Kong, en passant par Singapour, Valladolid ou Bordeaux, Narogo découvre un nouvel univers.
« C’était dingue. Je me retrouvais à jouer avec certaines des stars que je regardais étant plus jeune, comme Terio Tamani ou Waisea Nacuqu… Et maintenant, je joue avec « Seta » (Tuicuvu) ! »
À ce moment-là, son objectif est pourtant ailleurs.
Le Fidjien rêve avant tout de participer aux Jeux olympiques de Los Angeles.
L’appel du RC Toulon va complètement bouleverser ses plans.
« J’étais choqué quand le RCT m’a contacté ! Mon plan était de continuer d’évoluer à 7 pour participer aux JO de Los Angeles. Mais certains coachs et coéquipiers m’ont recommandé d’aller découvrir ce nouvel environnement. Je pense avoir fait de belles parties sur certains tournois à 7 la saison passée. Le club a dû voir quelque chose en moi. »
À plus de 16 000 kilomètres de son village natal, Apete Narogo s’apprête désormais à relever le plus grand défi de sa carrière : réussir en Top 14 sous les couleurs du Rugby Club Toulonnais, avec la même recette qui l’a toujours accompagné depuis son enfance fidjienne : le travail et la persévérance.
4 Commentaires


Un profil vraiment intéressant.
PM aime les besogneux, c’est clairement une bonne pioche en ce sens.
Reste plus qu’à voir en combien de temps il s’adapte.
Souhaitons lui le meilleur, qu’il arrive à bien s’épanouir.
La présence de Tuicuvu l’aidera beaucoup, tant le déracinement pour ces liens peut être très difficile.
Il ne m’a pas impressionné au Seven de Biarritz, tout en montrant cependant quelques belles qualités, espérons que d’ici quelques semaines / mois il puisse apporter du positif en Top 14.
Je l’ai vu marquer un trés bel essai à BIARRITZ qu’ il s’est pelé tout seul en embarquant toute la defense entre vitesse et crochets ! tout comme comme quelques actions trés solides en défense ??????