Arbitrage sous le feu des projecteurs : Laurent Cardona tranche les deux actions qui font débat !
Arbitrage sous le feu des projecteurs : Laurent Cardona tranche les deux actions qui font débat !
Le dimanche 18 janvier 2026 à 18:24 par David Demri
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La rencontre entre la Section paloise et les Bulls a laissé des traces. Dans un match décisif pour la qualification en huitièmes de finale, deux situations arbitrales impliquant l’arbitre anglais M. Dickson ont cristallisé les tensions et alimenté la polémique.
Ancien arbitre international et ex-entraîneur de Soyaux-Angoulême, Laurent Cardona a livré une analyse précise et sans détour de ces séquences controversées.
29e minute : l’intervention de trop sur le maul sud-africain
À la 29e minute, la Section paloise mène 7-5 au Hameau mais subit un maul dangereux des Bulls à huit mètres de sa ligne. Le groupé pénétrant est bien contenu par la défense béarnaise, ne progresse plus, mais le ballon reste clairement visible dans les mains du talonneur Van der Merwe. Sommé à plusieurs reprises de jouer, le joueur tarde à utiliser le ballon.
C’est alors que M. Dickson intervient physiquement : il tape à deux reprises sur le joueur avant de tirer son maillot. Van der Merwe sort immédiatement du maul et va aplatir après avoir résisté à deux défenseurs.
Ancien arbitre international, Laurent Cardona s’est confié à Midi Olympique, il replace d’abord l’action dans son contexte décisionnel :
« M. Dickson est ennuyé, car il voit bien que le maul ne progresse plus et que la ligne de trois-quarts doit rester à dix mètres, puisque pour lui, la touche n’est pas terminée. Il tire le maillot du joueur, pas pour lui dire d’aller marquer, mais pour que le ballon sorte. D’ailleurs, je précise que le ballon était visible, aussi des Palois, il n’était pas enterré dans un maul bloqué. […] »
Puis, l’ex-officiel insiste sur une dérive contraire aux principes de l’arbitrage. Extrait :
« C’était une mode notamment en Top 14, on tapait sur le joueur qui était plaqueur ou gratteur pour lui dire de lâcher le ballon. Mais c’était proscrit. On ne touche pas les joueurs, et on demande aux joueurs de ne pas toucher les arbitres. […] Cela doit être proscrit. L’arbitre n’a pas à tirer sur le maillot d’un joueur pour l’inciter. La voix doit suffire. Il est sorti du cadre et de son rôle. Après trois demandes d’utiliser le ballon, ce ne doit plus être son problème. »
Le verdict de Laurent Cardona est sans ambiguïté sur cette première situation. Extrait :
« Les instances européennes ne laisseront pas passer un tel fait. Chacun doit rester dans son rôle. Les arbitres ne doivent pas toucher les joueurs, il a pris une place qui n’était pas la sienne. »
Pour l’ancien arbitre, M. Dickson a commis une faute assimilable à une forme de « surpédagogie mal placée », incompatible avec les standards internationaux.
73e minute : l’arbitre gêne-t-il la défense paloise ?
Le second fait de jeu intervient en toute fin de rencontre, dans un contexte de très forte pression. Pau est toujours devant et touche du doigt la qualification, mais les Bulls campent à cinq mètres de l’en-but. Sur une charge puissante de Nizaam Carr, Nathan Decron est dominé et l’action se conclut par un essai qui permet aux Sud-Africains d’égaliser (24-24). Sur les images, l’ailier Aaron Grandidier-Nkanang semble gêné dans son replacement par la proximité immédiate de M. Dickson.
Sur cette séquence, Laurent Cardona relativise l’impact réel de la présence de l’arbitre. Extrait :
« Franchement, même sans la présence de M. Dickson, je ne vois pas comment Grandidier aurait pu empêcher l’essai. Il n’aurait pas apporté de plus-value. Un autre Palois prend le contact, et il aurait été qu’en soutien pour aller dans l’en-but. Les joueurs des Bulls sont à quinze centimètres du sol. »
Son verdict final distingue clairement la gêne visuelle de l’influence sur l’action. Extrait :
« M. Dickson gêne clairement le Palois, il n’y a aucun doute, mais il n’empêche pas la défense de cet essai, qui aurait été marqué avec ou sans sa présence. »
Au terme de son analyse, Laurent Cardona dresse un constat nuancé : si l’arbitre anglais a incontestablement franchi la ligne sur la première situation, sa présence lors de l’essai égalisateur n’a pas modifié l’issue de l’action.
Deux faits de jeu, deux lectures différentes, mais une même conclusion : dans les matchs à très fort enjeu, chaque détail arbitral peut faire basculer la perception d’une rencontre.
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