Baptiste Couilloud a cru que sa carrière était terminée : Il réagit aux commentaires négatifs à son sujet
Baptiste Couilloud a cru que sa carrière était terminée : Il réagit aux commentaires négatifs à son sujet
Le dimanche 13 septembre 2026 à 22:44 par David Demri
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Maux de tête persistants, hypersensibilité au bruit, problèmes de concentration et anxiété : Baptiste Couilloud a vécu plus de sept mois particulièrement éprouvants après sa sévère commotion. Le demi de mêlée du LOU reconnaît avoir sérieusement envisagé la fin de sa carrière.
Longtemps incapable de reprendre normalement une activité physique, le Lyonnais a alterné les progrès et les rechutes. Cette période l’a contraint à suivre un traitement expérimental puis un long programme de réathlétisation avant de retrouver le groupe.
Des symptômes difficiles à supporter
Les conséquences de sa commotion ont largement dépassé le cadre du rugby. Couilloud rencontrait des difficultés jusque dans les situations ordinaires de son quotidien.
Les douleurs et les troubles de la concentration ont persisté pendant plusieurs mois comme il l’explique lors d’un entretien accordé au journal Le Progrès :
« J’ai longtemps eu des maux de tête et des difficultés de concentration. J’étais très sensible au bruit. Je ne pouvais pas faire, par exemple, une séance de musculation en salle au milieu de mes coéquipiers, surtout avec le type de musique qu’il y a. Ce n’est pas du Céline Dion. »
La fatigue aggravait encore son état en fin de journée :
« Le soir, avec la fatigue accumulée de la journée, je n’étais vraiment pas bien. J’ai été suivi de très près tout au long de ma convalescence. »
Un traitement expérimental à Toulouse
Baptiste Couilloud a d’abord consulté un neurologue à Lyon. Son suivi s’est ensuite poursuivi auprès du docteur David Brauge, neurochirurgien et président de la commission chargée des commotions cérébrales à la Ligue et à la Fédération.
Le joueur explique le parcours médical mis en place :
« Dans un premier temps, j’ai été suivi par un neurologue sur Lyon, puis par le docteur David Brauge, neurochirurgien à Toulouse, président de la commission commotions cérébrales à la Ligue et à la Fédération. »
Ce médecin intervient notamment avant le retour à la compétition :
« C’est lui qui débloque la licence d’un rugbyman après une commotion. »
Couilloud est resté deux semaines à Toulouse afin de bénéficier d’un protocole particulier.
Ce traitement expérimental lui a permis de franchir une première étape :
« J’ai passé deux semaines là-bas pour subir un traitement expérimental. Ça m’a permis de calmer l’inflammation. »
Plusieurs tentatives de reprise avortées
Le demi de mêlée espérait initialement retrouver les terrains avant la fin de la saison dernière. Son organisme l’a toutefois contraint à interrompre plusieurs fois sa progression.
Chaque amélioration pouvait être suivie d’un nouveau recul :
« J’ai essayé de reprendre avant la fin de la saison. Parfois, j’arrivais à franchir un palier. Mais on a remis plusieurs fois la marche arrière. »
Le joueur a finalement compris qu’il devait abandonner l’idée de rejouer avant l’été.
Tourner définitivement la page de la saison est devenu indispensable :
« Psychologiquement et symboliquement, je pense qu’il fallait que j’évacue la saison passée. »
Son frère l’aide à reprendre confiance
Le véritable déclic s’est produit pendant les vacances. Barnabé Couilloud, demi de mêlée de Grenoble, a poussé son frère à remettre progressivement son corps à l’épreuve.
Baptiste Couilloud considère cette séance comme sa véritable reprise :
« Ma vraie reprise a eu lieu au début de l’été pendant mes vacances avec mon frère. Il m’a emmené courir avec lui et m’a convaincu que j’étais capable de reprendre. »
À la reprise du LOU, le joueur n’a cependant pas immédiatement réintégré les entraînements collectifs. Une période spécifique de quatre semaines l’attendait encore.
Une réathlétisation particulière avec Sylvain Vauraz
Baptiste Couilloud a travaillé aux côtés du préparateur physique Sylvain Vauraz, lui-même revenu d’un accident vasculaire cérébral. Cette expérience personnelle lui a permis de comprendre les inquiétudes du joueur.
Le demi de mêlée est d’abord resté totalement en marge du groupe :
« Non, je suis resté quatre semaines à l’écart pour une phase de réathlétisation avec Sylvain Vauraz. »
Le vécu du préparateur physique a créé une relation de confiance particulière :
« Il avait connu un problème encore plus important que moi avec son AVC il y a quelques mois. »
Le travail a notamment porté sur la réactivité grâce à des exercices utilisant des lumières et des gestes techniques.
Couilloud souligne le rôle majeur joué par Sylvain Vauraz :
« Il a parfaitement su me faire travailler ma réactivité avec, en particulier, des lumières associées à des gestes techniques. Il a su me rassurer et me remettre en confiance. »
Le retour avec ses coéquipiers a finalement eu lieu pendant le stage estival :
« Ça a pris du temps, mais au final j’ai pu reprendre l’entraînement collectif lors du stage en Ardèche à la mi-août. Le rugby, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas… »
« J’ai vraiment eu peur de devoir arrêter »
Au-delà des symptômes physiques, cette longue période a profondément atteint le joueur sur le plan mental. Face à l’absence d’amélioration, Couilloud a développé un syndrome post-commotionnel accompagné d’une forte anxiété.
Il reconnaît avoir réellement envisagé de ne plus pouvoir rejouer :
« Clairement ! En fin de saison dernière, les symptômes étaient persistants. Je ne sentais aucune évolution. »
Certains jours, il pensait même que son état se détériorait :
« J’avais même l’impression parfois de régresser. J’ai vécu le syndrome post-commotionnel. Ça a généré un phénomène d’anxiété. »
Les interrogations sur son avenir sont progressivement devenues envahissantes :
« Je me posais mille questions sur la suite à donner à ma carrière. J’avais forcément ça en tête. »
L’hypothèse d’un arrêt définitif lui a alors traversé l’esprit :
« Ça m’a traversé l’esprit de me dire que je n’y arriverai pas. J’ai vraiment eu peur de devoir arrêter le rugby. »
Une nouvelle manière d’aborder sa carrière
Cette épreuve a profondément modifié les priorités du joueur de 29 ans. Sa santé et le plaisir de jouer occupent désormais une place encore plus importante.
Couilloud ne veut plus dissocier sa carrière de son état physique :
« Mes motivations sont plus que jamais centrées autour de ma santé et du jeu. »
Retrouver ses partenaires lui a également permis de mettre fin au sentiment d’isolement apparu pendant sa convalescence.
Le demi de mêlée avait le sentiment de ne plus appartenir pleinement au collectif :
« Depuis plusieurs mois, j’avais l’impression de vivre en marge du groupe et de ne plus être connecté à l’équipe. »
Un avenir au LOU jusqu’en 2030
Les interrogations publiées sur les réseaux sociaux pendant sa longue absence ne l’ont pas atteint. Couilloud assure avoir pris suffisamment de recul pour ne pas être perturbé.
Il comprend toutefois que son indisponibilité ait suscité des questions :
« Je peux comprendre que les gens se posent des questions par rapport à une si longue absence. Mais les quelques commentaires négatifs ne m’ont pas touché. »
Son objectif est toujours resté le même :
« J’avais simplement à cœur de rejouer. Et puis, j’ai pris beaucoup de recul et de hauteur par rapport à tout ce qui m’est arrivé. »
Sous contrat avec Lyon jusqu’en 2030, le demi de mêlée ne souhaite pas encore fixer la date de la fin de sa carrière.
Il prendra sa décision en fonction de son énergie et de son plaisir :
« Je suis en contrat au LOU jusqu’en 2030. C’est court et c’est loin à la fois. Je verrai à ce moment-là si j’ai encore l’énergie et le plaisir pour jouer au rugby. »
Couilloud veut maintenant répondre à ceux qui annoncent Lyon dans le bas du classement :
« En attendant, je veux prouver avec mes coéquipiers qu’il y a une belle équipe de rugby à Lyon. Au vu de notre effectif et de sa qualité, on sait qu’on a les moyens de se battre avec toutes les équipes du Top 14. »
Les pronostics pessimistes renforcent même sa motivation :
« On a lu et entendu tout ce qui s’est dit sur le LOU avant la saison. On nous voit dans le bas du classement à la lutte pour le maintien. Tant mieux ! C’est une source de motivation supplémentaire…

