Benjamin Urdapilleta explique sa drôle de célébration et dévoile son nouvel objectif

Benjamin Urdapilleta explique sa drôle de célébration et dévoile son nouvel objectif

Le lundi 5 octobre 2026 à 21:38 par David Demri

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Benjamin Urdapilleta l’attendait depuis longtemps. Samedi, malgré la lourde défaite de Perpignan contre le Racing 92 (55-25), l’ouvreur Argentin est devenu à 40 ans le meilleur réalisateur de l’ère professionnelle du Championnat de France.

Avec désormais 2 619 points, il a dépassé Romain Teulet et atteint un objectif qui avait largement pesé dans sa décision de poursuivre sa carrière. Entre une transformation frappée en glissant, une célébration préparée à l’avance et les sacrifices de toute une vie, le Puma savoure un moment qu’il n’oubliera jamais.

Il aura fallu attendre la 27e minute.

Après l’essai de Braydon Ennor, Urdapilleta s’est présenté face aux perches avec la possibilité de définitivement dépasser les 2 612 points de Romain Teulet.

Un moment que l’Argentin avait forcément imaginé. Mais pas exactement de cette manière.

« J’ai glissé au moment de taper la balle »

Urdapilleta reconnaît avoir ressenti une certaine nervosité au moment d’approcher ce record.

Et même lorsque l’occasion s’est enfin présentée, tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Il s’est exprimé dans les colonnes de L’équipe :

« Au début, j’étais un peu nerveux parce que je croyais qu’on allait marquer l’essai au pied des poteaux, que ça allait être facile de la passer et donc de battre le record. Au moment de taper la transformation, je me suis concentré pour ne pas me laisser distraire par le record. J’ai eu un peu de chance parce que j’ai glissé au moment de taper la balle. Ce n’était pas très beau mais c’est passé ! »

Quelques secondes plus tard, le numéro 10 de l’USAP pouvait lever les bras.

Et sa célébration n’était pas improvisée.

Une célébration inspirée de River Plate

Grand supporter de River Plate, Urdapilleta avait prévenu ses proches qu’il marquerait le coup s’il parvenait à battre le record.

Il s’est inspiré de l’attaquant Sebastian Driussi.

« Oui, il fallait faire quelque chose de spécial car c’était un moment unique et marquant. Je suis supporter de River Plate. Là-bas, il y a un attaquant qui s’appelle Sebastian Driussi. À chaque fois qu’il marque, il fait ce genre de célébration. J’avais dit à mes copains que j’allais faire pareil. C’était humble, sans faire trop de cinéma. »

Derrière cette scène légère se cache pourtant une histoire beaucoup plus personnelle.

« Je suis très ému quand je repense à tout ce que j’ai fait »

Urdapilleta avait 26 ans lorsqu’il a quitté les Harlequins pour rejoindre Oyonnax en Pro D2.

À cette époque, imaginer qu’il évoluerait encore dans le Championnat de France à 40 ans et qu’il en deviendrait le meilleur réalisateur de l’ère professionnelle paraissait improbable.

Le record lui rappelle surtout le chemin parcouru et les nombreux sacrifices consentis pour construire sa carrière en France.

« À plein de choses. J’avais 26 ans quand j’ai signé en Pro D2 à Oyonnax en provenance des Harlequins et j’ai commencé à jouer en Top 14 un an plus tard. Jamais je n’aurais imaginé encore jouer à ce niveau à mon âge et battre ce record de points marqués. C’est énorme. Je ne réalise pas vraiment. Quand je prendrai ma retraite, je m’en rendrai encore mieux compte. »

Puis l’Argentin évoque ce que cette aventure lui a coûté sur le plan personnel.

« Je suis très ému quand je repense à tout ce que j’ai fait pour en arriver là. Je n’ai jamais rien lâché et j’ai toujours cru en moi. Je suis venu tout seul, sans ma famille qui est restée en Argentine. J’ai raté beaucoup de mariages et des anniversaires de mes proches mais aussi des décès alors que j’étais loin. Je ne me plains pas. Ma femme a fait aussi énormément de sacrifices. Elle m’a laissé revenir en France pour ça. Ça valait le coup. »

« Les gens se souviendront de moi »

À 40 ans, Urdapilleta mesure désormais la trace qu’il laissera dans le Championnat.

Et derrière l’humour, sa fierté est immense.

« Je suis encore là à 40 ans. Je pense que je suis un mec un peu spécial. Grâce à ce record, les gens se souviendront de moi. »

Mais le recordman ne considère surtout pas que sa mission à Perpignan est terminée.

Son objectif est désormais de repousser encore la marque afin de compliquer sérieusement la tâche de celui qui tentera un jour de le dépasser.

« Je veux marquer encore plus points pour que le record soit vraiment difficile à battre. C’est ça ma motivation. Et je n’avais pas signé juste pour le record. Bien sûr, ç’a beaucoup pesé dans ma décision mais je suis aussi un compétiteur. J’ai battu le record dès mon premier match. Maintenant, je peux vraiment aider Perpignan à accomplir ses objectifs. »

La suite de sa vie est également déjà en partie dessinée. Lorsqu’il mettra définitivement un terme à sa carrière, Urdapilleta compte reprendre son activité d’agent, qu’il avait commencée lors de sa première retraite.

« Oui, bien sûr. J’avais déjà commencé quand j’avais pris ma première retraite. Lorsque j’arrêterai, je continuerai dans cette voie. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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