« Ça fait peur si j’avais été à leur époque », Matthias Haddad a craint le pire
« Ça fait peur si j’avais été à leur époque », Matthias Haddad a craint le pire
Le vendredi 24 avril 2026 à 6:30 par David Demri
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Le soulagement est immense du côté de l’Apivia Parc. Après un long tunnel médical, Matthias Haddad, le talentueux troisième ligne du Stade Rochelais, retrouve enfin le goût de la compétition.
Eloigné des pelouses depuis une énième alerte neurologique survenue peu avant les fêtes de fin d’année, le champion du monde U20 semble avoir définitivement laissé derrière lui ses inquiétudes de santé.
Un protocole neurologique de haute sécurité
Victime de commotions cérébrales à répétition, dont la dernière en date lors du déplacement à Bayonne en décembre dernier, le joueur de 25 ans a dû se soumettre à une batterie de tests rigoureux.
Pour obtenir le feu vert, Haddad a suivi le parcours d’examens imposé par World Rugby, incluant des consultations spécialisées pour évaluer toute éventuelle séquelle.
« J’ai le plaisir d’être de retour sur les terrains », a confié le joueur à l’AFP, savourant chaque minute de jeu depuis sa reprise effective à la fin du mois de février.
Via Le Figaro, le joueur rochelais confirme avoir traversé des moments difficiles. Extrait:
Forcément on grandit, parce que c’est une étape difficile en tant que joueur de rugby, mais aussi en tant qu’homme. C’est une pression non volontaire, médiatique, de savoir si on va rejouer ou pas, sachant qu’on ne maîtrise pas forcément la décision finale.
Il ne cache pas avoir craint de ne plus pouvoir rejouer au rugby. Extrait:
Il y a deux ans, après une récidive au niveau du ligament latéral de mon genou, j’avais les mêmes incertitudes, mais c’était moins médiatisé. Aujourd’hui, ça me fait beaucoup plus apprécier le fait d’être sur le terrain, je prends énormément de plaisir, je mesure la chance que j’ai. Le maître mot pour moi c’est le plaisir, je le note chaque semaine dans mon cahier et c’est important pour moi d’être avec mes copains, de jouer, de faire ce que j’aime.
Il évoque justement cette peur de devoir en finir avec le rugby. Extrait:
Forcément, c’était une option, donc il ne fallait pas être dans le déni et ne pas le fuir. Maintenant, il y a toujours pire dans la vie. Et parfois, ça aide aussi à accepter les choses. Je n’avais pas envie d’arrêter mais si j’étais obligé, je n’allais pas me voiler la face et j’allais accepter le sort. Aujourd’hui ce n’est pas le cas et j’en suis très heureux.
Il rappelle que les commotions cérébrales sont désormais bien mieux traitées qu’auparavant. Extrait:
Ça fait peur si j’avais été à leur époque. Aujourd’hui, on a beaucoup avancé, que ce soit dans la science, la prévention, et c’est très bien parce que ça me permet aussi d’avoir l’option d’arrêter ou non, par rapport aux connaissances qu’ils ont sur des études, sur des suivis médicaux. J’ai la chance d’avoir un protocole qui permet d’être suivi tout au long de ma carrière pour savoir si un jour ça ne va pas, donc c’est primordial.
Heureusement, il n’a plus d’appréhension au moment d’entrer sur les terrains. Extrait:
Non, je n’ai pas d’appréhension ni une quelconque inquiétude par rapport à mon cerveau parce que je suis prêt, je vais bien, et c’est l’essentiel. Parce que demain, si ma santé est vraiment mise en danger, j’arrêterai, c’est sûr.
Il rappelle par exemple que ce qui est arrivé à Uini Atonio est bien plus inquiéant. Extrait:
Oui, bien sûr. C’est terrible ce qui est arrivé à Uini, un proche et un très bon ami, donc c’était difficile et dur à encaisser. Maintenant, il est toujours vivant, c’est aussi ce qu’il faut dire. Il faut toujours prendre le positif, il a toujours le sourire, il est toujours présent et c’est un peu une leçon de vie. On se sent petit à côté de mecs, de légendes comme ça, et ça me permet de relativiser et d’accepter un peu plus la situation.
Pour conclure, il indique avoir songé à faire évoluer son jeu pour éviter d’être une nouvelle fois commotionné. Extrait:
J’ai beaucoup travaillé avec le staff pour ne pas avoir d’inquiétudes sur le physique ou sur le rugby. Avec cette notion de plaisir, je me prends beaucoup moins la tête et c’est quand je me prenais la tête, que je voulais prouver, que je faisais les choses à l’envers et qu’il se passait de mauvaises situations. C’était une dimension mentale. Là, j’ai travaillé avec des préparateurs mentaux, des psychologues. C’est important de parler, d’appuyer, de mettre le doigt là où ça ne va pas, de le pointer du doigt.
1 Commentaire


J’ai vraiment peur pour lui!
Ces chocs à la tête, ça commence à faire beaucoup.
Ce mec respire le rugby, c’est pas possible, plaqueur hors pair, toujours au combat, il est dans tous les coups.
Mais la santé avant tout, on ne sait pas ce que demain nous réserve.