« Cameron n’a pas toujours fait ce qu’il devait » : Laurent Marti fait des révélations sur Cameron Woki
« Cameron n’a pas toujours fait ce qu’il devait » : Laurent Marti fait des révélations sur Cameron Woki
Le mercredi 4 novembre 2026 à 22:10 par David Demri
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Cameron Woki s’apprête à retrouver une place de titulaire avec le XV de France après une très longue attente. Pressenti pour débuter face aux Fidji samedi soir, le troisième ligne de l’Union Bordeaux-Bègles n’a plus été aligné dans le XV de départ des Bleus depuis 986 jours. Plus impressionnant encore, cela fera cinq ans qu’il n’aura plus été titularisé en troisième ligne avec la sélection française. Un retour qui récompense une profonde évolution du joueur, aussi bien dans son investissement que dans ses performances.
À 27 ans, et alors qu’il fêtera ses 28 ans samedi, Cameron Woki semble avoir retrouvé le niveau qui avait fait de lui un élément incontournable du XV de France entre le Grand Chelem 2022 et la Coupe du monde 2023. Son retour à Bordeaux à l’été 2025, après trois saisons au Racing 92, a joué un rôle important dans cette renaissance.
986 jours sans titularisation avec le XV de France
La dernière titularisation de Cameron Woki sous le maillot tricolore remonte au match nul contre l’Italie (13-13), disputé à Lille lors du Tournoi des Six Nations 2024.
Depuis, le joueur aux 33 sélections n’avait plus retrouvé sa place dans le XV de départ de Fabien Galthié.
Et pour retrouver sa dernière titularisation en troisième ligne, son poste de prédilection, il faut remonter encore plus loin.
Samedi, cela fera exactement 1 827 jours, soit cinq ans, que Woki n’aura plus débuté une rencontre internationale à ce poste.
Durant ses années les plus fastes avec les Bleus, il avait notamment été repositionné en deuxième ligne, où ses qualités athlétiques et son efficacité en touche lui avaient permis de s’imposer.
Mais après la Coupe du monde 2023, le Bordelais avait progressivement disparu des plans du staff tricolore.
« Il a pensé que le talent seul suffisait »
Le retour de Cameron Woki au premier plan ne s’explique pas uniquement par ses qualités naturelles.
Son investissement a longtemps été pointé du doigt, notamment lors de ses premières années au plus haut niveau.
Jean-Baptiste Poux, entraîneur de la mêlée de l’UBB, se souvient de cette période :
« C’est un joueur talentueux, mais à une période, il a pensé que le talent seul suffisait. »
Interrogé par Sud-Ouest sur cette évolution, l’ancien pilier préfère relativiser :
« Ça fait partie du chemin d’un jeune joueur. »
Laurent Marti, président de Bordeaux-Bègles, partage cette analyse.
Il rappelle que la jeunesse peut parfois expliquer certaines difficultés :
« On sait tout ce que ressent un jeune homme de 18 à 24 ans. »
Après trois saisons au Racing 92, où Matthieu Jalibert l’avait notamment trouvé « un peu éteint », Cameron Woki a choisi de revenir à Bordeaux.
Pour faciliter ce retour, il avait notamment accepté une baisse de salaire lors de sa première année de contrat.
Un engagement qui s’est accompagné d’un changement d’attitude particulièrement remarqué au sein du club.
Laurent Marti révèle ce qui avait freiné Cameron Woki
Le président de l’UBB ne cache pas que le joueur avait longtemps rencontré des difficultés à exploiter pleinement son potentiel.
Toujours dans Sud-Ouest, Laurent Marti revient sans détour sur le manque d’investissement qui avait pénalisé le troisième ligne :
« Depuis qu’il est tout jeune, Cameron n’a pas toujours fait ce qu’il devait en termes d’investissement. Je ne parle pas en termes de sérieux : ce n’est pas un mec qui passe sa vie à faire la bringue et n’importe quoi. Mais c’est son investissement à l’entraînement et en match qui était insuffisant. »
Pour le dirigeant bordelais, le changement constaté depuis son retour à l’UBB explique largement sa nouvelle place dans les plans du XV de France.
Il estime que Woki possède désormais les arguments nécessaires pour s’imposer au niveau international :
« Mais dès lors qu’il s’y met, le potentiel qu’il a le ramène au niveau international à un poste où il y a pourtant beaucoup de qualités en France. »
Jean-Baptiste Poux confirme cette évolution :
« Il est plus mature. »
Une progression qui intervient dans un secteur particulièrement concurrentiel, où les places sont chères en équipe de France.
Patrick Arlettaz compare Cameron Woki à Robert Pirès
Le changement de dimension du troisième ligne bordelais n’a pas échappé au staff tricolore.
Patrick Arlettaz, entraîneur de l’attaque du XV de France, a notamment établi un parallèle surprenant avec l’ancien international français de football Robert Pirès.
Une référence à la célèbre demande d’Aimé Jacquet lors de la Coupe du monde 1998, lorsqu’il souhaitait voir son joueur gagner en intensité.
Patrick Arlettaz explique ce qui a changé dans le jeu de Cameron Woki :
« Tout le monde connaît son profil : c’est un joueur très aérien, qui dévore les espaces. Mais, comme Robert Pirès à une époque, il fallait qu’il muscle un peu son jeu. Et c’est ce qu’il a fait. »
Le technicien précise ce que le staff attendait du Bordelais :
« On lui demandait davantage de constance dans l’intensité parce qu’on savait tous qu’il en était extrêmement capable. »
Cette régularité retrouvée, associée à ses qualités de déplacement et à son efficacité dans les airs, lui permet aujourd’hui de redevenir une option crédible pour Fabien Galthié.
Laurent Marti convaincu que Woki peut s’installer durablement
Auteur de performances remarquées depuis son retour à Bordeaux-Bègles, Cameron Woki a également participé à la conquête de la deuxième Champions Cup de l’UBB.
Sa progression pourrait désormais lui permettre de s’installer durablement dans le groupe France, à condition de maintenir le même niveau d’exigence.
Laurent Marti se montre particulièrement confiant concernant l’avenir international de son joueur :
« Dès lors que Cameron maintient ses efforts, il a toutes les chances de rester dans le groupe France. »

