« Ce n’est pas qu’on avait moins faim, c’est juste qu’on avait de l’avance », les vérités de Romain Ntamack sur les matches ratés de Toulouse
« Ce n’est pas qu’on avait moins faim, c’est juste qu’on avait de l’avance », les vérités de Romain Ntamack sur les matches ratés de Toulouse
Le mardi 30 juin 2026 à 9:34 par David Demri
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L’ouvreur du Stade Toulousain, Romain Ntamack s’est longuement confié dans les colonnes de Midi Olympique.
Ce dernier est revenu sur le titre remportée par le club de la Ville Rose, un quatrième Bouclier consécutif.
Il concède ne pas avoir encore réalisé :
Je pense qu’on n’est pas trop redescendus… On a du mal à réaliser ce que l’on arrive à faire ces dernières années. C’est tout de même un peu surréaliste, donc c’est dur d’en prendre la mesure. Il va nous falloir du temps. Ce qui nous aide à prendre conscience, ce sont surtout les gens autour de nous, les félicitations qu’on reçoit de partout. Mais je crois qu’on est encore trop dans l’événement…
Pour lui, gagner un seul Bouclier était déjà un rêve :
C’était de l’ordre du rêve. Déjà, jouer pour le Stade toulousain et gagner juste un bouclier, c’était mon rêve de gamin. Donc, ce qu’on parvient à faire, c’était complètement impensable. Le rugby est tellement dur aujourd’hui… Remporter six Brennus, deux Coupes d’Europe avec mon club de toujours, c’est même plus que du rêve. Je n’aurais jamais pu le croire, ni même l’espérer. J’ai grandi avec ces images-là et pouvoir marcher dans les pas de mon père, c’est quand même quelque chose d’assez incroyable.
Il ne cache pas que son objectif était de gagner autant de Boucliers que son père :
J’ai été éduqué avec cette idée. Mon père ne voulait qu’une chose et me le répétait : si j’arrivais à faire mieux que lui, il en serait le plus heureux. Quelque part, je savais, en jouant au rugby, que le bonheur de mon père, au-delà de nous voir nous épanouir sur le terrain avec mon frère, était de nous imaginer faire aussi bien, voire mieux, que lui. Aujourd’hui, j’arrive à égaler son nombre de boucliers, de Coupes d’Europe et je ne suis pas loin de son nombre de sélections aussi. C’est quelque chose qui le rend hyper fier, et c’est une motivation de mon quotidien.
Il n’aurait jamais imaginé gagner autant de titres dans sa carrière :
De là à faire ce qu’on a réussi par la suite… C’était trop dur de s’imaginer ça. D’autant que notre génération est arrivée dans une période assez compliquée pour le club, qui n’avait plus gagné de titre depuis sept ans. Et, deux ans avant le Brennus de 2019, il avait fini 12e.
On était tous très jeunes, pleins d’envie, d’ambition, de fougue et d’insouciance. Ce premier titre est finalement arrivé assez tôt pour notre génération, mais il a nourri une soif de gagner assez incroyable. Elle nous nourrit encore au quotidien et on a la chance d’avoir toujours ce noyau de mecs, qui étaient jeunes en 2019 et qui est toujours là.
Concernant la fin de saison plus délicate de son club, il explique sa vérité :
Ce n’est pas qu’on avait moins faim, c’est juste qu’on avait de l’avance et qu’on voulait se gérer. Aujourd’hui, on a davantage de vécu, de maturité, et on sait très bien que, sur la fin de saison, il y avait certains matchs qui comptaient plus que d’autres. Inconsciemment, c’était le cas sur ceux où on n’a pas été à la hauteur.
On veut gagner mais, quand tu as l’impression de mettre un peu moins d’envie, de chercher à ne pas se blesser pour la fin de saison, tu perds forcément plus souvent les matchs. On a peut-être fait le strict minimum. Mais le seul boulot du groupe, c’était de se qualifier en demi-finale. Dès le soir où la qualification a été acquise, le groupe a « switché » et les regards ont changé. Dès le lundi à l’entraînement, ce n’étaient plus les mêmes mecs sur le terrain. Honnêtement, le changement était radical, et c’était beau de voir tout le groupe basculer ainsi. Ce qui est encore mieux, c’est de l’avoir démontré sur les deux matchs de phase finale.
Il confirme que la tension était maximale lors des dernières semaines de compétition :
Mais il y avait effectivement un niveau de tension particulier. Après, on entend ce qui se dit à droite et à gauche. Il ne fallait pas oublier qu’on avait de l’avance au classement, même si des points nous ont été enlevés (sanction de deux points en moins dans l’affaire Pacific Heart-Jaminet, NDLR). On disait qu’on n’était pas une équipe soudée, qu’on avait moins envie et qu’on était presque facilement battables. Cela touche l’ego et nourrit la motivation. Il ne nous tardait qu’une chose, c’était d’arriver sur ces phases finales pour remettre l’église au centre du village, montrer à tout le monde qu’il ne faut pas nous enterrer trop vite. Ce groupe est incroyable, et les mecs veulent toujours autant gagner.
Il précise également que la génération du Stade Toulousain a soif de victoires :
Notre génération a soif de victoires, de records. Elle a envie d’égaler et de dépasser ses aînés. Mais l’histoire du club et des générations précédentes n’a jamais été un poids qui a pesé sur nos épaules. Et, quand on voit une grande partie du groupe qui en est à son sixième bouclier, avec aussi deux Champions Cup, on en a quand même écrit une belle page également.
Il pense d’ailleurs déjà à la saison prochaine :
On l’espère, en tout cas. On fera tout pour que ce ne soit pas fini. Comme l’a dit Ugo, on en a encore sous la pédale… Même si certains commencent à prendre de l’âge, les têtes sont encore fraîches. Il va falloir gérer le groupe, mais je sais qu’on peut encore réaliser de belles choses. Il y a des jeunes qui poussent, il va y avoir quelques recrues, donc continuer à écrire l’histoire de notre club et de notre sport est un beau défi. Et c’est un challenge motivant.
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