« Ce n’était pas admissible » : Yannick Bru recadre ses joueurs malgré les 47 points de l’UBB
« Ce n’était pas admissible » : Yannick Bru recadre ses joueurs malgré les 47 points de l’UBB
Le samedi 29 août 2026 à 15:00 par David Demri
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L’Union Bordeaux-Bègles a largement dominé Pau (47-27) pour son premier match de la saison à Chaban-Delmas, mais le score n’a pas suffi à satisfaire Yannick Bru. Le manager bordelais a particulièrement peu apprécié la première période de son équipe, trop friable dans le combat et coupable de nombreuses erreurs.
À la pause, le discours a été clair et l’UBB a affiché un tout autre visage au retour des vestiaires.
Bordeaux avait pourtant viré en tête à la mi-temps. Mais pour Bru, l’avance au tableau d’affichage masquait plusieurs lacunes incompatibles avec les exigences fixées pendant la préparation estivale.
« On a franchement manqué d’engagement »
Le premier problème identifié par Yannick Bru concerne l’intensité physique. L’UBB voulait justement profiter de sa préparation pour progresser dans le combat autour de la ligne d’avantage.
Sur les 40 premières minutes contre Pau, le manager n’a pas retrouvé ce qu’il attendait.
Même les internationaux présents sur le terrain n’ont pas échappé à son constat. Il s’est confié pour Midi Olympique :
« Sur la première mi-temps, je dirais que tout le monde était un peu discret… J’ai même trouvé qu’on a franchement manqué d’engagement pendant ces 40 minutes. »
Un manque d’agressivité qui a permis à la Section Paloise de rester dangereuse. Bordeaux avait notamment concédé des essais beaucoup trop facilement.
Bru avait pourtant prévenu ses joueurs
Cette faiblesse dans le combat a d’autant plus contrarié le manager qu’elle faisait partie des points identifiés avant le match.
Bordeaux souhaite notamment devenir beaucoup plus dominateur à domicile dans ce secteur.
Bru reconnaît que son équipe n’a pas répondu aux attentes durant la première période.
« Je pense que dans le combat de la ligne d’avantage et sur les choses simples, nous avons été bien plus déterminés qu’on ne l’avait été en première mi-temps. Car même si on avait tourné avec quelques points d’avance à la pause, on avait cédé trop facilement, on avait concédé des essais à une passe. On connaît la Section paloise… Nous avons été trop moyens sur le secteur de la domination physique au niveau de la ligne d’avantage, des choses que l’on avait dites qu’on corrigerait cette année à Chaban-Delmas. »
Le staff a donc profité de la pause pour remettre les choses dans l’ordre.
Et la réaction attendue est immédiatement arrivée.
« Donc on a décidé de corriger le tir à la mi-temps et je trouve que notre engagement physique fut ensuite bien meilleur. »
Quatre turnovers et presque 20 % de plaquages manqués
L’engagement n’était toutefois pas le seul problème.
La défense très agressive de Pau a posé de sérieuses difficultés aux Bordelais.
La Section avait notamment identifié la volonté de l’UBB de faire circuler de nombreux ballons par son ouvreur avant d’aller chercher les extérieurs.
Le plan palois a fonctionné pendant une partie de la rencontre.
Les chiffres de la première période ont particulièrement déplu à Yannick Bru.
« Ils avaient un contrat pour nous attraper sur les extérieurs, parce qu’ils s’attendaient à ce que beaucoup de ballons passent par notre 10. Ils avaient raison, ils nous ont donc posé beaucoup de soucis, puisqu’on termine la première étape avec quatre turnovers concédés au sol et presque 20 % de plaquages manqués. »
Et le manager bordelais ne cherche aucune excuse.
Pour lui, ces statistiques étaient incompatibles avec les engagements pris durant l’été.
« Donc ceci n’était pas admissible après avoir fait un brainstorming, une remise à plat et pris de bonnes résolutions pendant la pré-saison. »
Bordeaux a changé son rugby en deuxième période
L’UBB ne s’est pas contentée d’augmenter son engagement physique. Le staff a également procédé à un ajustement tactique. Face à la rush défense paloise, Bordeaux a arrêté de chercher systématiquement les extérieurs et s’est davantage concentré sur un jeu frontal.
Une manière de construire les actions avant d’écarter le ballon.
Yannick Bru a apprécié la capacité de ses joueurs à modifier leur approche en cours de rencontre.
« Ainsi, après, je trouve qu’on a joué de manière beaucoup plus frontale, on a mieux construit nos actions, on a donné moins à manger à la rush défense de Pau et on a su trouver des solutions, même si je remarque que les trois essais de la première mi-temps avaient été eux aussi marqués par du jeu autour des rucks, sur des phases resserrées, et ce qui nous exposait moins à la défense de Pau. Donc, on a réajusté ces choses-là. Physiquement et aussi tactiquement, et on a été meilleurs. »
Le changement s’est immédiatement ressenti dans le contenu et dans le plaisir pris par les Bordelais.
L’engagement a libéré le jeu de l’UBB
Pour Bru, les deux aspects sont directement liés.
Une fois plus agressive dans le combat et plus propre dans son jeu, l’UBB a pu retrouver ce qui fait sa force : sa capacité à manipuler le ballon et à produire des séquences offensives dangereuses.
Le manager a constaté une transformation nette après la pause.
« Puis, comme par enchantement, quand l’engagement a été meilleur, le plaisir qu’on a pris à jouer fut aussi plus fort. On a marqué de beaux essais, on a manipulé le ballon, on a subi moins de turnovers aussi. »
Avec 47 points inscrits, Bordeaux termine donc sa préparation sur une victoire convaincante au tableau d’affichage.
Mais Yannick Bru ne veut surtout pas que le score masque les avertissements de la première période.
À quelques jours du retour du Top 14, le message est clair : l’UBB ne pourra pas se permettre d’attendre 40 minutes avant d’imposer l’engagement physique qu’elle souhaite désormais afficher à Chaban-Delmas.
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