« Ce sera ma dernière » : Jefferson Poirot confirme la fin de sa carrière
« Ce sera ma dernière » : Jefferson Poirot confirme la fin de sa carrière
Le vendredi 2 octobre 2026 à 19:31 par David Demri
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Jefferson Poirot s’apprête à ouvrir le dernier chapitre de sa carrière. De retour plus rapidement que prévu après sa blessure, le pilier gauche va retrouver l’UBB contre Lyon et disputer ses premières minutes de la saison.
Un retour forcément particulier puisque l’ancien international Français l’assume désormais clairement : cette saison sera sa dernière. Loin d’avoir subi sa période d’indisponibilité, il en a profité pour reconstruire son corps et se préparer à savourer pleinement ses derniers mois sur les terrains.
Il aura dû patienter pendant que ses coéquipiers lançaient leur saison sans lui. Mais l’attente touche enfin à sa fin pour Jefferson Poirot.
Initialement annoncé absent entre six et huit semaines, le pilier gauche a franchi toutes les étapes de son retour et se sent désormais suffisamment bien pour retrouver la compétition.
Une reprise qui n’a pas été précipitée par les difficultés rencontrées par Bordeaux-Bègles au poste de pilier. Il s’est confié pour Midi Olympique.
« Pourquoi repousser, finalement, le retour ? »
Avec Matis Perchaud obligé d’enchaîner les quatre premières rencontres, l’UBB avait pourtant tout intérêt à récupérer rapidement Poirot. Mais le joueur assure que cette situation n’a rien changé à son calendrier.
Son retour légèrement anticipé est simplement la conséquence de sensations suffisamment bonnes pour reprendre.
« Non, pas du tout. J’étais prévu pour être absent pendant six à huit semaines, alors je suis effectivement un peu en avance, mais mon retour ne répondait pas à une volonté du staff. À partir du moment où j’ai tout validé et que je me sens bien… Je viens de faire une semaine d’entraînement classique, je me suis vraiment senti plutôt à l’aise et je n’avais pas d’appréhension. Et donc pourquoi repousser, finalement, le retour ? J’espère que ça nous donnera raison, mais c’est vrai qu’à partir du moment où on se sent bien, il n’y a pas de raison d’attendre indéfiniment. »
Le timing est néanmoins précieux pour Bordeaux-Bègles.
Perchaud vient d’enchaîner quatre matches et le bloc qui attend l’UBB sera particulièrement exigeant, avec notamment une échéance importante de Coupe d’Europe.
Poirot sait que son retour va permettre de mieux répartir les efforts.
« Oui, Matis a enchaîné les quatre rencontres. Ce sont des périodes qui sont bonnes pour le temps de jeu, mais ce sont aussi des périodes éprouvantes physiquement. Donc c’est bien, peut-être, que ça n’ait pas duré trop longtemps pour lui, qu’il puisse couper là, pour pouvoir réenchaîner ensuite. Le bloc de dix matchs est quand même conséquent, avec en plus la particularité d’avoir un match déjà très important de Coupe d’Europe au milieu. Donc nous avons besoin d’être plus que deux au poste. »
Une blessure transformée en véritable préparation
Jefferson Poirot aurait pu vivre cette indisponibilité comme une frustration. Il a choisi d’en faire tout l’inverse.
Cette période sans compétition lui a offert quelque chose devenu extrêmement rare au fil des saisons : plusieurs semaines consécutives pour travailler physiquement en profondeur.
Le pilier a donc profité de son absence pour effectuer une véritable remise à niveau physique.
« Oui, sur un plan personnel, dans cette période de blessure, je suis plutôt satisfait d’avoir pu avoir une grosse plage de travail. Ça faisait un bon moment que je n’avais pas eu cette opportunité. J’en ai profité pour bien me renforcer, pour faire pas mal de choses que je n’avais pas faites depuis longtemps. J’ai bien utilisé ces semaines et je suis content, bien sûr, de revenir pour aider l’équipe. »
Plutôt que de subir le contretemps, Poirot a même rapidement décidé de considérer cette blessure comme une opportunité.
« Je préfère voir les périodes de blessures comme ça, mais ce n’est pas forcément le discours de tout le monde. Je préfère voir les choses comme ça plutôt qu’être abattu. Alors qu’on commençait une bonne saison, je pensais qu’il n’y avait pas besoin de choses négatives autour du groupe. Donc, moi, je préfère voir ce coup du sort positivement et me dire que c’était finalement une bonne opportunité pour progresser, pour faire une vraie préparation. »
« Sept ou huit ans » sans avoir pu autant travailler
Et le programme a été particulièrement conséquent.
Poirot a beaucoup travaillé le haut du corps, tout en profitant de cette période pour traiter certaines séquelles physiques accumulées au cours des dernières saisons.
Son épaule, mais également les suites de son opération cervicale, ont notamment bénéficié de cette longue fenêtre de travail.
Une préparation physique d’une ampleur que le pilier n’avait plus connue depuis des années.
« J’ai beaucoup bossé sur le haut du corps, j’ai fait du renforcement musculaire. J’avais aussi quelques coups que j’avais gardés de la dernière saison avec une épaule un peu douloureuse notamment. J’en ai aussi profité pour reprendre la fin de ma rééducation cervicale après mon opération. Ainsi, j’ai travaillé pas mal de points qui peuvent me servir. Ça faisait, je pense, sept ou huit ans que je n’avais pas pu faire un aussi gros cycle de musculation du haut du corps. Puis, je suis revenu à la course pendant deux ou trois semaines, où j’ai pu réaccélérer et reprendre ce qui m’avait manqué depuis le début de saison. »
Au point de plaisanter lorsqu’on lui demande s’il se sent de nouveau comme un joueur de 20 ans.
« Peut-être pas vingt, mais 27-28 (rires). »
« Ce sera ma dernière »
Derrière le sourire se cache pourtant une réalité beaucoup plus forte.
Ce retour ne lance pas simplement une nouvelle saison pour Jefferson Poirot. Il lance la dernière saison de sa carrière.
Après avoir commencé l’exercice loin de ses partenaires, le pilier mesure d’autant plus le plaisir de pouvoir retrouver le groupe et le terrain.
Et lorsqu’il évoque la suite, Poirot ne laisse cette fois aucune ambiguïté sur sa décision.
« Je suis reparti pour le plus longtemps possible. En tout cas, je suis content de démarrer ma saison demain. Ce sera ma dernière, donc je la savoure pleinement. Je suis content de retrouver le groupe, parce que je l’ai démarrée dans mon coin, un peu tout seul, en suivant tout ça de loin. Et c’est vrai que j’avais envie aussi d’être avec mes coéquipiers, c’est quand même le but principal de notre sport. »
Après plusieurs semaines à préparer son corps loin des terrains, Jefferson Poirot va donc enfin retrouver ses coéquipiers. Avec, cette fois, une dimension supplémentaire à chaque match : désormais, chacun d’entre eux comptera parmi les derniers de sa carrière.

