« C’est un non-sens » : la nouvelle règle de World Rugby fait grincer des dents Alexandre Ruiz

« C’est un non-sens » : la nouvelle règle de World Rugby fait grincer des dents Alexandre Ruiz

Le lundi 12 octobre 2026 à 13:51 par David Demri

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Le rugby va connaître une nouvelle évolution importante en pleine saison. À compter du 1er novembre, World Rugby interdira les plaquages « pivotants », également appelés « hip drop tackles », ainsi que les plaquages à genoux.

Une décision prise pour protéger la santé des joueurs mais dont le calendrier interroge, d’autant que deux nouveaux incidents sont survenus samedi.

Le geste est particulièrement identifiable : le défenseur utilise son poids pour faire tomber le porteur du ballon avant de se laisser tomber par-derrière au niveau de ses jambes.

Cette technique, déjà interdite à XIII, va donc également disparaître du rugby à XV.

Deux nouveaux joueurs blessés samedi

Les événements du week-end ont donné une résonance particulière à la décision de World Rugby.

Lors de Nouvelle-Zélande – Australie (50-19), l’ailier Néo-Zélandais Leroy Carter s’est blessé au moment de marquer après un plaquage « pivotant » du Wallaby Rob Valetini.

Quelques heures plus tard, lors de Stade Français – Montpellier (30-22), Noah Nene s’est blessé à la cheville après l’intervention du joueur du MHR Justo Piccardo.

Deux situations qui illustrent les risques que World Rugby souhaite désormais réduire.

La question n’est toutefois pas seulement de savoir si cette technique doit être interdite. C’est surtout la date choisie qui provoque des interrogations.

« C’est un non-sens »

L’interdiction entrera en vigueur le 1er novembre, alors que les différents championnats ont déjà débuté depuis plusieurs semaines.

Les équipes vont donc devoir modifier leurs habitudes défensives en pleine saison.

Ancien arbitre et désormais entraîneur de Soyaux-Angoulême, Alexandre Ruiz regrette fortement ce calendrier dans les colonnes de Midi Olympique.

Il estime que les joueurs auraient dû pouvoir travailler cette nouvelle contrainte pendant la préparation :

« On a eu deux mois de prépa et deux mois de Championnat et il faut dire aux gars qu’on va changer quelque chose. Prenez une Nationale limitée à 90 km/h et, du jour au lendemain, elle passe à 80 km/h avec un radar juste derrière… Eh bien vous êtes pris ! Là c’est pareil, avec quelque chose que vous n’avez pas eu le temps de pratiquer ni d’entraîner. C’est un non-sens. »

Même les arbitres peuvent s’y perdre

Mathieu Raynal, manager des arbitres du Top 14 et de Pro D2, s’est lui aussi interrogé sur cette entrée en vigueur différée.

Car une situation paradoxale apparaît : World Rugby considère désormais cette technique comme suffisamment dangereuse pour décider de l’interdire, mais les arbitres doivent attendre le 1er novembre avant d’appliquer cette nouvelle disposition.

Mathieu Raynal résume le problème :

« Identifier une forme dangereuse et ne mettre une application qu’au 1er novembre pose question. »

La confusion s’est même invitée sur un terrain Anglais.

Lors de Sale – Harlequins (28-24), l’arbitre Christophe Ridley a sanctionné un plaquage « pivotant ». Le capitaine de Sale, Ernst Van Rhyn, lui a alors rappelé que l’interdiction n’était pas encore entrée en vigueur.

L’arbitre a immédiatement reconnu son erreur avec une réponse révélatrice :

« Vous avez raison, désolé, il y a tellement de règles qui changent, je n’arrive pas à suivre ! »

Pourquoi attendre le 1er novembre ?

Le calendrier s’explique par le processus ayant conduit à cette décision.

En principe, les lois du jeu de World Rugby ne peuvent être modifiées qu’au 1er juillet, entre deux saisons. Une exception existe néanmoins lorsqu’une évolution concerne la santé des joueurs.

La question du plaquage « pivotant » avait été étudiée dès février lors du « Shape of the Game », réunion réunissant dirigeants et responsables de l’arbitrage de différentes fédérations.

Un groupe de travail composé notamment d’anciens joueurs, entraîneurs, arbitres et chercheurs de différents pays a alors été chargé d’étudier cette technique, sa dangerosité et sa fréquence en match.

Ses conclusions n’ont été rendues qu’en août, après plusieurs mois de travail.

Impossible, par conséquent, d’introduire l’interdiction au 1er juillet. World Rugby a ensuite collecté et vérifié les données avant de décider d’agir rapidement au nom de la protection des joueurs.

« Les blessures sur ce type de plaquages sont très graves »

Les clubs disposent désormais de quelques semaines pour adapter leurs techniques.

À l’UBB, Aurélien Cologni est un fervent partisan de cette interdiction. L’entraîneur de la défense Bordelais insiste sur la nécessité d’apprendre aux joueurs à accompagner différemment le porteur du ballon vers le sol.

Il détaille le changement technique nécessaire :

« Il y a une maîtrise à avoir parce que les blessures sur ce type de plaquages sont très graves. Utiliser son corps pour faire basculer l’attaquant, à la façon d’un contrepoids comme on le voit au judo, c’est une technique qui n’est pas forcément adaptée au rugby parce qu’il y a plus de mobilité et de vitesse dans notre sport. L’idée, lors de l’amené au sol, c’est de se sortir de la trajectoire de l’attaquant pour se tourner et se remettre sur ses appuis, au lieu de se laisser tomber et propulser avec la vitesse centrifuge en rasant les jambes. »

À partir du 1er novembre, cette adaptation ne sera plus une option : les plaquages « pivotants » seront officiellement interdits.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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1 Commentaire

  1. En embuscade 12 octobre 2026 at 15h- Répondre

    Alors lui question mauvaise foi c’est un champion il a était pendant des années le plus mauvais arbitre du top14 maintenant il fait sa pleureuse en permanence .

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