« C’était horrible » : Ronan O’Gara en larmes après l’accident cardiaque de Uini Atonio

« C’était horrible » : Ronan O’Gara en larmes après l’accident cardiaque de Uini Atonio

Le vendredi 30 janvier 2026 à 16:12 par David Demri

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C’est un manager comme on l’a rarement vu, le regard embué et la voix tremblante, qui s’est présenté ce vendredi 30 janvier devant la presse.

Quelques jours après l’accident cardiaque de Uini Atonio, qui a contraint le géant des Maritimes à mettre un terme immédiat à sa carrière, Ronan O’Gara a livré un témoignage d’une humanité bouleversante.

« Mardi, c’était l’horreur »

Si les nouvelles sur l’état de santé du pilier droit se veulent aujourd’hui plus rassurantes, le traumatisme reste entier pour le technicien irlandais, encore sous le choc des premières heures qui ont suivi l’alerte.

Les propos sont rapportés par L’équipe.

« Mardi, on n’avait pas le sourire, c’était un peu l’inverse. On avait beaucoup de peur quand on a vu Uini. Il n’y avait pas beaucoup de visibilité sur le sérieux de la situation. On était tous pris par l’émotion et le scénario. C’était horrible. Depuis, je suis un peu dans les nuages. Je ne suis pas trop en contrôle cette semaine, parce que c’est difficile de voir Uini dans un petit lit avec des fils partout… (Il marque une pause) Mais il va bien. »

Il ne le cache pas : le groupe Rochelais est très affecté depuis cette annonce : 

« Les joueurs sont un peu mieux aujourd’hui. Heureusement, il n’y a qu’un Uini (sourire). Le plus important, c’est qu’il est vivant. On pense à sa femme et ses enfants. Ça m’a choqué. C’est la première fois que j’ai vu Uini sans solution. Maintenant, le plan c’est de respecter les consignes du cardiologue pour faire en sorte qu’il ait une bonne vie. Mais cette semaine, c’était difficile de voir notre champion comme ça. »

 L’homme au-delà du champion

Pour ROG, la perte sportive est immense, mais c’est le vide laissé par la personnalité d’Atonio qui semble le plus difficile à combler. Il décrit un joueur qui, par sa bonté et son influence, a façonné l’identité même du Stade Rochelais.

« C’est l’homme que j’adore (larmes). Il va passer dans le staff, j’espère. C’est un énorme privilège parce que je connais bien l’homme, toutes les choses qu’il fait dans l’ombre. Je le connais depuis 6 ou 7 ans. C’est pourquoi j’adore ce sport, il permet de croiser des personnes comme lui. Il n’y a pas beaucoup de gens comme lui dans le monde, ça c’est sûr. Tout ce qu’il fait avec les jeunes, pour intégrer les étrangers, les choses qu’il fait dans les périodes dures, ou au contraire quand on pense qu’on est fort… C’est quelqu’un d’exceptionnel. Je dois le remercier pour les émotions qu’il m’a donné depuis que je suis ici. Je n’ai pas les mots pour le décrire. »

Le spectre d’Anthony Foley

L’entraîneur rochelais n’a pu s’empêcher de faire le parallèle avec le décès brutal de son ami Anthony Foley en 2016, une tragédie qui hante encore ses pensées au moment d’évoquer la responsabilité qui est la sienne vis-à-vis de ses joueurs.

« J’avais le même sentiment avec Anthony Foley (décédé brutalement à 42 ans avant le match de Coupe d’Europe du Munster face au Racing en 2016), quand j’étais dans le staff du Racing. Malheureusement, il n’est plus là. C’est pour ça que ma femme et moi, on a très peur. Je suis le manager. Imagine si je fais jouer Uini à Clermont (dimanche dernier). Il se passe quoi ? J’étais proche de faire ça donc… Ce n’est pas facile de digérer ça. J’ai une énorme responsabilité envers mes joueurs. Je suis soulagé qu’il soit à un bon endroit en ce moment. Mais c’est super difficile. C’est quelqu’un à qui tu aimerais faire des câlins tout l’après-midi. Et je ne peux pas. Je pense à sa femme et ses enfants. C’est tellement triste. »

Un match pour « notre champion »

Malgré la douleur, La Rochelle doit recevoir Lyon ce samedi. Si la concentration est précaire, le manager compte sur les valeurs du club et la solidarité des supporters pour traverser cette tempête.

« On aimerait gagner demain pour Uini, faire un grand match, mais on sait que le sport ne marche pas comme ça. On a besoin d’être professionnel, de se vider la tête. On a aussi besoin de comprendre que c’est une fin de carrière monstrueuse, pas une fin de vie, heureusement. Demain c’est un match de rugby et ça reste un match de rugby. Avant ça, il y a juste une pensée pour sa famille. Mais le match est hyper important. Je sais qu’on va voir toutes les grandes valeurs de ce club demain. Si ce n’est pas avec l’équipe, ce sera avec les supporters. Quand c’est dur, on voit la vraie force d’un club. Je suis convaincu qu’après la tempête, on va avoir de beaux jours. »

Il conclut en rendant un énième hommage à son pilier droit. Extrait:

« Je ne suis pas ici pour débattre sur qui est le plus grand joueur de l’histoire du Stade Rochelais mais je suis sûr qu’il est dans les cinq. C’est un homme exceptionnel. Il a une relation spéciale avec chaque joueur, chaque membre du staff. C’est pourquoi tout le monde est vraiment touché. Quand tu connais l’homme, c’est très difficile de rester froid, parce qu’il est l’inverse de froid. Il est tellement jovial, il irradie et transfère son énergie positive. C’est super important dans la vie. J’ai l’image de lui dans le petit lit et ça fait très mal. Je n’arrive pas à m’enlever cette image de la tête pour l’instant. »

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