« C’était pesant, on en a marre » : Les révélations d’Antoine Dupont sur son calvaire loin des terrains
« C’était pesant, on en a marre » : Les révélations d’Antoine Dupont sur son calvaire loin des terrains
Le mercredi 28 janvier 2026 à 16:27 par David Demri
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Lors d’un long entretien accordé au journal L’équipe, le demi-de-mêlée international Français Antoine Dupont s’est confié sur sa blessure qui l’a éloigné des terrains pendant de longs mois.
Le Toulousain concède ne pas avoir été épargné par les blessures depuis le début de sa carrière. Extrait:
« Malheureusement, ça fait partie d’une carrière de sportif de haut niveau. J’ai eu la chance de connaître plus de victoires que de défaites, mais je n’ai pas été épargné par les blessures. Il faut arriver à en ressortir du positif, ça rend plus fort mentalement. Vivre des choses compliquées, ça permet de relativiser et de se nourrir d’enthousiasme et d’énergie quand on revient. »
Il confirme également avoir connu des étapes très compliquées au cours de sa rééducation. Extrait:
« Ma rééducation a eu des étapes compliquées, même si j’étais déjà passé par là. ça a été beaucoup plus douloureux les premières semaines à cause du trauma accidentel : un poids m’a cassé le genou. Ça a engendré beaucoup de gonflements, de douleurs pré et postopératoires. Durant les premiers mois de rééduc, j’ai eu du mal à récupérer ce retard pris au début, ça a été très compliqué et très douloureux. En sport collectif, on est habitué à s’entraîner avec les copains, à être dehors… À un moment, être tout seul, tous les jours, c’est très pesant, on en a marre.
Il faut arriver à avoir des petits objectifs et à se satisfaire de chaque petit progrès avec le kiné. C’est fastidieux, mais chaque semaine apporte de petites victoires avec le corps qui se régénère. Le travail est récompensé et ça donne de l’énergie pour la suite. »
Pour éviter de s’embourber, il a décidé de voyager pour travailler à l’étranger durant son indisponibilité. Extrait:
« J’ai beaucoup bougé, je suis allé à l’étranger. Aller bosser ailleurs me gonflait à bloc et, quand je revenais, j’étais content de revenir au club. Revoir, recroiser les mecs me remotivait. J’ai pu me nourrir de vivre d’autres expériences. Ça faisait des années que je ne pouvais pas profiter de mes week-ends. J’ai vu d’autres façons de travailler, pu prendre plein de petites choses à droite, à gauche, avec différents intervenants qui avaient côtoyé des sportifs avec des backgrounds différents. Ça m’a permis d’avoir un spectre plus large sur les outils de ma rééducation et ça m’a beaucoup nourri. »
La plus grosse étape de sa rééducation ? La reprise de la course. Extrait:
« Reprendre la course était une étape hyper importante, physiquement mais surtout mentalement. Ce fut un gros step. Pendant trois mois et demi, je n’avais pas pu poser le pied au sol. Les premiers appuis faisaient mal, mais dans ces moments-là tu es tellement content que tu ne sens presque pas la douleur. Ensuite, il y a eu le retour au jeu avec les copains. Toucher du ballon, faire des petits exercices, même à deux à l’heure. Sentir que le terrain n’est pas loin, voir le bout du tunnel, ça fait du bien. La dernière étape, c’était de retrouver des sensations et des qualités athlétiques. Quand tu recommences à avoir des données comparables à ce que tu faisais avant, et des sensations, c’est un plaisir énorme. Tu repenses à tout ce que tu as enduré et c’est un soulagement. »
Il précise avoir travaillé différemment que lors de sa première blessure. Extrait:
« Là, j’ai travaillé différemment. Après ma première blessure, j’ai commencé à travailler avec une psychologue et j’ai gardé ce lien avec elle. Et depuis quelque temps, j’ai entamé un travail de méditation pour essayer de descendre un peu plus profondément en moi. C’est un travail très fastidieux et qui prend du temps. Ce sont des petites routines et des rendez-vous tous les mois avec une personne qui me drive là-dessus. J’essaie de voir mon sport et ma vie un peu différemment, mais c’est assez long. »
Pour conclure, Antoine Dupont se dit heureux de n’avoir plus mal nulle part désormais. Extrait:
« Là, je réapprécie le fait d’avoir mal nulle part et de pouvoir être en pleine possession de mes moyens. C’est ça qui m’a le plus manqué. J’ai ressenti beaucoup de douleurs sur les premiers mois. Elles ont baissé mais pas disparu. Chaque jour, au réveil, tu poses le pied au sol et tu sens que tu as un truc qui ne va pas bien, toujours un petit point de douleur inconfortable. Le simple fait de ne plus le ressentir, ça fait du bien. »
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Il faut avoir un sacré mental pour revenir à son niveau après la même blessure coup sur coup.