Christophe Urios sans langue de bois : « On est sérieux, on est appliqué, on est engagé mais on n’est pas bon »
Christophe Urios sans langue de bois : « On est sérieux, on est appliqué, on est engagé mais on n’est pas bon »
Le lundi 12 octobre 2026 à 19:01 par David Demri
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La première défaite de la saison à domicile contre Bordeaux-Bègles (22-23) a fait mal à Clermont. Désormais 11ème du Top 14 après une semaine déjà particulièrement agitée, l’ASM doit rapidement retrouver de la sérénité.
Christophe Urios ne nie absolument pas les difficultés de son équipe et attend désormais un déclic, alors que la Champions Cup et la réception du Leinster pourraient permettre aux Auvergnats de lancer un nouveau cycle.
Clermont avait besoin d’une victoire contre l’UBB. Elle lui a échappé pour un petit point.
Au-delà du résultat, cette défaite à Marcel-Michelin intervient dans une période délicate pour l’ASM. Le club doit gérer les interrogations autour de ses performances mais également préparer son avenir, avec notamment le futur staff qui accompagnera le tandem Urios – El-Abd la saison prochaine.
En attendant ces annonces, Clermont doit surtout trouver des réponses sur le terrain.
« On est engagé. Mais on n’est pas bon »
Christophe Urios ne cherche d’ailleurs pas à embellir la situation.
Le manager estime que ses joueurs répondent présents dans l’investissement et l’état d’esprit. Le problème se situe ailleurs : l’ASM ne parvient toujours pas à traduire suffisamment cet engagement dans son rugby.
Et Urios sait parfaitement que la pression va désormais augmenter :
« On est sérieux, on est appliqué, on est engagé. Mais on n’est pas bon. Il faut qu’on continue de travailler et surtout de rester serré et soudé parce qu’on s’est foutu dans la merde et que je sais que ça va barder. Mais bon, on est prêt. »
Le constat est sévère, mais Christophe Urios ne voit pas pour autant une équipe qui aurait abandonné son staff ou perdu toute envie.
« Il nous manque cette étincelle »
Face à Bordeaux-Bègles, Clermont a encore payé très cher ses erreurs et son manque d’efficacité dans les moments importants.
Pour Urios, son équipe n’a pourtant pas été surclassée dans le combat ou tactiquement.
Le problème se situe davantage dans cette incapacité à transformer les opportunités en points :
« Aujourd’hui, on est battu sur des choses qu’on n’arrive pas à maîtriser, ce n’est pas sur le combat ou la stratégie. Je n’ai pas non plus le sentiment qu’on a été surdominé par cette équipe de l’UBB, comme on avait pu l’être la saison dernière à domicile face au Racing. »
Le manager Clermontois cherche désormais ce petit quelque chose capable de faire basculer les rencontres :
« Là, j’ai encore une fois le sentiment qu’on paye plus nos erreurs… Il nous manque cette étincelle, ce truc qui fait qu’à un moment tu arrives à ce que l’UBB fait parfaitement. Aujourd’hui, on ne l’a pas, mais il va falloir qu’on la trouve vite. »
« Le groupe ne dort pas »
Malgré les difficultés, Urios assure percevoir des signes encourageants au quotidien.
Les séances réalisées ces dernières semaines lui donnent notamment des raisons de croire à une amélioration prochaine.
Le technicien refuse ainsi l’idée d’un groupe amorphe :
« Le groupe ne dort pas, il travaille, il connaît ses fragilités et sait où il en est. Depuis quinze jours, on a de meilleurs entraînements, notamment dans ce jeu debout où on franchit et où on marque des essais. »
Reste maintenant à transférer ces progrès en compétition.
Une rotation devenue compliquée
L’ASM doit également composer avec plusieurs absences dans son paquet d’avants.
Selevasio Tolofua, touché à la cheville et au péroné, Tevita Ratuva au poignet, Pio Muarua aux ischios et Thomas Ceyte au mollet ne sont pas encore aptes à reprendre.
Cristian Ojovan, blessé au pied, se rapproche en revanche d’un retour aux entraînements collectifs. Marcos Kremer arrivera quant à lui au terme de sa suspension après la réception du Leinster.
Cette situation réduit les possibilités de rotation.
Christophe Urios reconnaît que son groupe commence à le ressentir :
« Ce sont toujours les mêmes qui jouent, on n’a pas beaucoup de rotations et de ce fait on manque d’impact. C’est évident que dans des matchs comme celui de Bordeaux cela ne nous aide pas, même si ce n’est pas une excuse. »
Le Leinster pour provoquer le déclic ?
Dans ce contexte, la Champions Cup pourrait finalement arriver au meilleur moment.
Clermont va changer de compétition et recevoir le Leinster samedi à 16h15. Un rendez-vous particulièrement relevé, mais susceptible de permettre aux Auvergnats de repartir sur une nouvelle dynamique.
Urios veut croire aux bénéfices de ce changement de contexte :
« C’est vrai que cela pourrait nous aider à prendre confiance dans l’approche du match et à être mieux sur le terrain. »
Le technicien reste néanmoins méfiant face au rythme que les Irlandais seront capables d’imposer.
Une victoire aurait forcément une portée importante après les difficultés rencontrées par Clermont lors de la précédente campagne européenne. Elle permettrait également à l’ASM de préparer son déplacement suivant à Vannes avec davantage de confiance.
Car une nouvelle défaite placerait Clermont sur une série de trois revers consécutifs. Dans une période où Urios reconnaît lui-même que son équipe s’est mise dans une situation inconfortable, la réception du Leinster prend déjà une importance particulière.

