Comment le Rugby Club Toulonnais utilise la data pour faire progresser ses joueurs
Comment le Rugby Club Toulonnais utilise la data pour faire progresser ses joueurs
Le mercredi 12 août 2026 à 22:49 par David Demri
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La data est devenue incontournable dans le rugby professionnel. Au Rugby Club Toulonnais, elle accompagne aussi bien le suivi des joueurs, le recrutement que la formation.
Mais pour Cédric Beal et Pierre Mignoni, une chose reste essentielle : les statistiques ne remplaceront jamais l’analyse du terrain. Les deux hommes ont détaillé leur vision dans les Causeries de la Rade.
Les chiffres ne racontent pas toujours toute l’histoire d’un match
Au quotidien, les données GPS permettent au staff toulonnais de suivre la charge de travail des joueurs et leur évolution athlétique. Mais ces indicateurs ne suffisent pas à évaluer une prestation.
Une performance statistique peut parfois être en décalage avec ce que les entraîneurs observent réellement sur le terrain.
« La data, c’est un complément à gérer la charge et à voir la performance d’un joueur au niveau athlétique. Mais il peut y avoir tellement d’écart entre la data et ce qui est réellement validé par les coaches. Si ton ailier fait trois sprints dans le match, il ne marque pas d’essais, il te fait trois têtes et il attrape un ballon haut, l’analyste data va te dire que sur les GPS il a fait un super match. »
L’objectif est donc de confronter les données aux images, au ressenti du staff et au contexte de la rencontre.
« Il faut trouver le juste équilibre entre ce qu’on ressent, ce que l’on voit et ce que l’on voit. Mais c’est un outil super intéressant pour la gestion de l’état de santé des joueurs et le développement des joueurs. Ce n’est pas la data qui va nous dire si un joueur a fait un bon match. »
La data, comme la musculation, doit rester au service du rugby
Pour illustrer sa philosophie, Cédric Beal fait un parallèle avec l’évolution de la préparation physique au fil des années.
Là aussi, l’objectif n’est jamais de faire du chiffre pour faire du chiffre, mais de servir les exigences du jeu.
« La data, c’est comme la musculation il y a quelques années. Elle doit être au service du rugby. A un moment, on avait des bodybuilders qui n’arrivaient pas à faire des passes. Donc on a mis la muscu au service du rugby. Nos joueurs sont des athlètes et pas des bodybuilders. La data c’est pareil, il faut trouver le bon équilibre. »
Recrutement et formation : la data pèse aussi dans les décisions
Les statistiques ne servent pas uniquement à suivre les joueurs déjà présents au club. Elles interviennent également lors du recrutement et dans l’accompagnement des jeunes du centre de formation.
Certaines données physiques constituent même un premier indicateur avant d’aller plus loin dans l’évaluation d’un profil.
« Quand on recrute un joueur, nous avons quelques données. Pour un trois-quarts, si sa vitesse est de 23 km/h, je ne suis pas sûr qu’on le recrute même si c’est le Mozart du rugby. »
Au centre de formation, ces indicateurs permettent aussi d’anticiper le moment où un jeune pourra intégrer progressivement le groupe professionnel.
« A la formation, nous avons une marge de manœuvre de savoir quand le joueur sera prêt de monter chez les pro, c’est quand il sera prêt athlétiquement. Quand tu as 17 ou 18 ans, tu peux t’entrainer avec les pro si tu es prêt sur le plan athlétique. Donc la data, ça compte dans la formation. »
Une data utile seulement si elle reste simple
Pour Pierre Mignoni, les statistiques n’ont d’intérêt que si elles sont facilement comprises par les joueurs et directement reliées à leur activité sur le terrain.
Le manager du Rugby Club Toulonnais estime que les chiffres doivent aider à progresser, sans devenir un langage réservé aux spécialistes.
« Les joueurs interrogent la data, ils vont chercher l’information, ils sont curieux. Ils veulent comprendre. Les chiffres, ça doit être simple car au plus il y en a au plus c’est compliqué. Il faut que ça leur parle, que ce soit effectif de ce qu’ils font sur le terrain et les mettre en parallèle. C’est soit blanc soit noir. Faut que ce soit clair. »
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