Corruption, mariage, location de villa et 733 billets : Les révélations fracassantes du PNF sur Claude Atcher
Corruption, mariage, location de villa et 733 billets : Les révélations fracassantes du PNF sur Claude Atcher
Le vendredi 24 avril 2026 à 18:30 par David Demri
Publicité
Une nouvelle tempête judiciaire secoue le monde du rugby français.
Selon des informations exclusives révélées par L’équipe, le Parquet national financier (PNF) a bouclé une note de 134 pages particulièrement accablante pour Claude Atcher, l’ancien directeur général de la Coupe du monde 2023.
Le PNF envisage des poursuites pour favoritisme, prise illégale d’intérêts et corruption.
L’enquête, ouverte en 2022 après un signalement de l’Inspection générale des finances, met en lumière un système de privilèges et de liens financiers troubles entre Claude Atcher et son ami de longue date, Henri Mioch.
L’affaire des 733 billets : un passe-droit à 155 000 euros ?
Le premier volet de l’enquête concerne l’acquisition massive de billets par Henri Mioch, ancien joueur de Béziers et patron de la société d’événementiel Harlequin’s.
Alors que la vente au grand public était limitée à 6 billets par personne, Henri Mioch a pu en acquérir 733 pour un montant total de 155 000 euros.
Le PNF est convaincu que cette transaction n’a pu se faire que sur ordre direct d’Atcher. Matthieu Blondeaut, responsable de la billetterie, aurait confié aux enquêteurs qu’il était « difficile de dire non à son supérieur ».
S’il reconnaît avoir « fait le con » en utilisant une quinzaine de cartes bancaires pour cet achat, Mioch affirme qu’il ne comptait pas faire de business mais simplement « faire plaisir à des amis ». Les enquêteurs ont pourtant trouvé des traces de propositions de revente avec une marge de 50 %.
Des flux financiers suspects : loyers, travaux et mariage
Le PNF soupçonne que ces facilités de billetterie ont été accordées en échange de contreparties financières occultes via les sociétés des deux hommes.
Les enquêteurs ont identifié plusieurs anomalies entre la société de Mioch (Harlequin’s) et les SCI de Claude Atcher :
-
Le paiement d’un loyer de 2 000 euros pour un appartement à Saint-Denis.
-
La prise en charge de travaux dans ce même appartement par la société de Mioch.
-
La location d’une villa appartenant au couple Atcher dans le Gard pour 18 000 euros, un prix jugé doublé par rapport aux tarifs du marché, pour une maison qui n’aurait finalement jamais été occupée par Mioch.
Le « cadeau » de mariage
Plus surprenant encore, la société Harlequin’s aurait réglé plusieurs factures personnelles liées au mariage de Claude Atcher en 2019 :
-
Des chambres d’hôtel pour les invités.
-
Des factures de VTC et de restaurants parisiens. Une écoute téléphonique montre la cheffe de cabinet d’Atcher demandant à « son petit Henri » de régler ces notes. Claude Atcher justifie cela comme un simple « cadeau de mariage ».
Un sentiment d’impunité ?
Le dossier brosse le portrait d’un dirigeant aux pouvoirs quasi illimités. Bernard Laporte lui-même, lors de son audition, a rapporté qu’Atcher lui rappelait sans cesse : « Lis la convention constitutive, j’ai tous les pouvoirs ».
L’ancien président de la FFR estime que cette proximité avec les sommets de l’État (notamment Jean Castex) a pu donner à Atcher un « sentiment d’impunité ».
Me Moyne, avocat de Claude Atcher, indique que son client « rejette avec la plus grande fermeté l’intégralité des mises en cause » et dénonce une enquête qui ne prendrait pas en compte les réponses apportées par son client.
Pour l’heure, Claude Atcher et Henri Mioch restent présumés innocents. Le PNF doit désormais décider s’il engage officiellement des poursuites devant un tribunal.
2 Commentaires


C’était la fête du slip avec toute sa clique.
Consternant ! :/