Coup de théâtre dans le plus grand procès de l’histoire du rugby
Coup de théâtre dans le plus grand procès de l’histoire du rugby
Le jeudi 23 juillet 2026 à 11:30 par David Demri
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Le gigantesque procès intenté contre les instances du rugby au sujet des commotions cérébrales traverse une zone de fortes turbulences. Richard Boardman, l’avocat qui portait depuis plusieurs années cette action judiciaire regroupant plus d’un millier d’anciens joueurs de rugby à XV et à XIII, a annoncé son retrait du dossier.
Une décision qui intervient alors que plusieurs audiences sont prévues cette semaine et qui plonge des centaines de plaignants dans une période d’incertitude.
Plus d’un millier d’anciens joueurs concernés
Depuis 2020, Richard Boardman et son cabinet Rylands Garth avaient rassemblé plus d’un millier d’anciens rugbymen souhaitant poursuivre World Rugby, la Fédération anglaise, la Fédération galloise et la Rugby Football League.
Les plaignants estiment que ces instances ont manqué à leur devoir de protection face aux commotions cérébrales à répétition et à leurs conséquences sur la santé à long terme.
Parmi eux figurent notamment les champions du monde anglais Steve Thompson et Phil Vickery.
Dans un courrier adressé aux joueurs, Richard Boardman a officialisé sa décision.
« J’écris pour vous informer, ainsi que les plaignants, que mon intention est de me retirer de cette action publique. J’ai commencé à entreprendre les démarches pour cela. »
Le cabinet Leigh Day, déjà impliqué dans plusieurs procédures de grande ampleur au Royaume-Uni, étudie désormais la possibilité de reprendre le dossier.
Des audiences sous tension
Ce changement d’avocat intervient dans un contexte déjà délicat.
Selon les défendeurs, Rylands Garth n’aurait pas transmis les dossiers médicaux de plusieurs plaignants malgré les échéances judiciaires à venir. Les représentants de World Rugby, de la Fédération anglaise, de la Fédération galloise et de la Rugby Football League demandent ainsi le retrait de plusieurs plaintes.
Les joueurs ont, de leur côté, sollicité un délai supplémentaire afin d’organiser cette période de transition vers une nouvelle représentation juridique.
Selon le Telegraph, plusieurs plaignants ignoraient même que leur avocat s’apprêtait à quitter le dossier avant que cette annonce ne soit faite devant le tribunal.
Un avocat déjà sous le feu des critiques
Le départ de Richard Boardman intervient également après plusieurs critiques formulées par la justice britannique.
Le juge Senior Master Cook lui avait notamment reproché de ne « pas du tout saisir l’ampleur de ses responsabilités », tout en pointant ses difficultés répétées à fournir les documents nécessaires au bon déroulement de la procédure.
L’affaire avait également été fragilisée par les révélations de l’ancien international anglais Will Green.
Malgré un scanner cérébral indépendant ne révélant aucune anomalie, l’ancien pilier affirme avoir été sollicité à de nombreuses reprises pour rejoindre cette action collective.
Will Green avait expliqué avoir refusé de s’associer à la procédure.
« Ils m’ont envoyé de multiples e-mails pour m’inciter à m’engager. Mais j’aurais été à l’origine d’une escroquerie au jugement puisque le diagnostic des experts aurait été un faux. Malgré ça, ils ont quand même tout fait pour que je rallie leur cause. »
Malgré ce nouveau coup dur, la procédure n’est pas abandonnée. Si un nouveau cabinet reprend rapidement le dossier, le combat judiciaire engagé par plus d’un millier d’anciens joueurs pourrait se poursuivre. Ce changement de représentant constitue néanmoins un sérieux contretemps dans une affaire considérée comme l’une des plus importantes de l’histoire du rugby.
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