Dan Biggar stupéfait par les choix effectués par Fabien Galthié

Dan Biggar stupéfait par les choix effectués par Fabien Galthié

Le mardi 27 janvier 2026 à 13:04 par David Demri

4 Commentaires

Publicité


À quelques jours du choc d’ouverture contre l’Irlande, la France du rugby est en ébullition. En écartant des monuments comme Damian Penaud, Grégory Alldritt et Gaël Fickou, Fabien Galthié n’a pas seulement surpris l’Hexagone : il a laissé les observateurs étrangers totalement médusés.

Entre « coup de génie » et « prise de risque fatale », les experts d’outre-Manche s’interrogent sur la santé mentale du staff tricolore.

L’onde de choc a traversé la Manche. Dans le podcast The Rugby Pod, les langues se délient. Tom Kirby, chef cuisinier du XV de la Rose, résume l’incompréhension générale :

« Penaud qui est laissé hors du groupe, meilleur marqueur d’essais de l’histoire du rugby français. Comment c’est perçu en France ? Ils demandent sa tête ? »

Alldritt, l’absence qui ne passe pas

Pour Dan Biggar, l’ancien maître à jouer du pays de Galles aux 112 sélections, c’est l’éviction de Grégory Alldritt qui constitue le véritable séisme. Pour lui, se passer d’un tel numéro 8 face à une équipe comme l’Irlande est un pari dangereux qui déséquilibre tout l’édifice français.

L’ancien demi d’ouverture ne cache pas son désarroi face à ce choix tactique :

« Pour moi, la plus grosse surprise, c’est Alldritt. Je n’arrive pas à comprendre. Cet automne, justement, il est laissé de côté pour ce match contre l’Afrique du Sud (défaite 17-32) et remplacé par (Mickaël) Guillard qui est un spécimen physique, mais c’est un peu un joueur de luxe. C’est quelqu’un que tu es content d’avoir dans ton groupe, sur ton banc, mais au niveau international, contre les très grosses équipes, tu as besoin d’un vrai numéro 8. Et je mets Alldritt dans la même catégorie que les Vunipola, les Faletau, des mecs qui vont beaucoup travailler, faire beaucoup de contacts, beaucoup de plaquages, gagner un mètre à la fois.

Ça veut dire beaucoup que Guillard ait joué 47 minutes contre l’Afrique du Sud, qu’il soit sorti, et que sur les deux matchs suivants, Alldritt joue contre les Fidji et l’Australie. Et là, l’équipe a l’air bien meilleure, avec un meilleur équilibre en troisième ligne. Et c’est ça qui est déroutant pour moi, je pense que c’est la grosse info en France.

« En parlant avec Ronan O’Gara, il ne tarit pas d’éloges sur lui, il dit qu’il a presque un côté non français, et qu’il est parfait pour ce que veut Shawn Edwards, en termes de volume de travail, d’énergie, de présence sur la ligne défensive. Je pense que ça déséquilibre un peu cette troisième ligne. Qui tu mets en 8 ? Il n’y a probablement plus de vrai 8 dans ce groupe maintenant. Est-ce qu’ils mettent Ollivon en 8 avec François Cros ou Jelonch ? Mais je pense qu’Alldritt, c’est une énorme perte. Et si quelqu’un a regardé son match contre Clermont, il a été incroyable, même dans une équipe qui perd. »

Un « coup de génie » ou un « château de cartes » ?

Face à ces critiques, Fabien Galthié reste droit dans ses bottes. Pour lui, la sélection n’est qu’une « photo à l’instant T ». Mais pour les adversaires de la France, ces « pièces mouvantes » sont autant de failles dans lesquelles s’engouffrer.

Pour Dan Biggar, le dénouement du Tournoi validera, ou non, la folie de Galthié.

Concernant la mise à l’écart de Damian Penaud, Dan Biggar réagit : 

« Si la France finit par faire un Grand Chelem, alors ce sera un coup de génie. S’ils finissent troisièmes parce qu’ils n’ont pas marqué assez d’essais, par exemple, alors il va y avoir quelques questions à se poser… »

L’Angleterre reprend espoir

Ces absences de cadres, cumulées aux forfaits sur blessure (Atonio, Flament), changent la donne psychologique. Si la France était l’immense favorite il y a quelques semaines, l’Angleterre commence à voir une opportunité de braquer Paris lors de la dernière journée.

Selon Dan Biggar, le titre se jouera entre le XV de France et l’Angleterre. Extrait:

« J’avais choisi la France pour gagner le Tournoi il y a quelques semaines, et pour moi ça se joue entre eux et l’Angleterre. Je pense que ce France-Angleterre à Paris sera le match décisif, mais…

Si Atonio est absent, si Bamba est absent, si Flament est absent pour le premier match – ce qui est confirmé – et sans Alldritt en plus, tu commences à te dire… Tu te dis qu’il y a pas mal de pièces mouvantes dans cette équipe de France. L’Angleterre va se dire que cette équipe-là n’est plus aussi imbattable à Paris que quand tout le monde était là… »

Publicité

4 Commentaires

  1. Mayol the best 27 janvier 2026 at 13h- Répondre

    Oui bon Biggar….
    FG n’est pas né de la dernière pluie non plus même si parfois il aime aller à contre sens des idées reçus ..

    J'aime 5
    J'aime pas 6
    • m 27 janvier 2026 at 18h- Répondre

      Biggar étaye son propos de façon précise de bout en bout. Son analyse se tient et il n’y a rien à dire là dessus. Après on peut être d’accord ou pas avec son interprétation mais Biggar se base sur des faits avant tout.

      C’est sûr qu’ici, ça dénote.

  2. Jef 27 janvier 2026 at 15h- Répondre

    La philosophie anglo-saxonne, souvent caractérisée par une approche conservatrice en matière de gestion des risques, influence la perception du risque de plusieurs manières :

    ### 1. **Priorité à la Stabilité**
    – **Valoration de l’expérience** : Dans de nombreux contextes, les équipes anglo-saxonnes privilégient les joueurs expérimentés, considérant qu’ils apportent une stabilité nécessaire dans des situations de haute pression. L’absence de joueurs chevronnés est souvent perçue comme un risque excessif.

    ### 2. **Analyse Coûts-Bénéfices**
    – **Evaluation rationnelle** : La décision de prendre des risques est souvent soumise à un examen minutieux des coûts et bénéfices. Les experts anglo-saxons cherchent à quantifier les impacts potentiels des choix audacieux, mettant en avant les conséquences possibles sur les performances.

    ### 3. **Culture du Sécuritaire**
    – **Gestion du risque** : Il existe une forte culture de gestion du risque, où le choix prudent est souvent favorisé. Les décisions audacieuses peuvent être perçues comme imprudentes, entraînant une critique plus sévère en cas d’échec.

    ### 4. **Réaction aux Échecs**
    – **Crainte de la rétroaction négative** : En cas de résultats décevants, les entraîneurs et managers font souvent face à des pressions médiatiques pour justifier leurs choix. Cela peut les amener à adopter des stratégies plus conservatrices pour éviter le risque de critique.

    ### 5. **Normes Culturales**
    – **Impact sur la prise de décision** : La culture anglo-saxonne valorise souvent la prudence et la prévisibilité. Cela peut influencer les

    Cette philosophie est typiquement anglo-saxonne elle entraîne une perception du risque qui valorise la sécurité et la prévisibilité, stratégiquement opposée à des approches plus innovantes ou agressives. L’impact de cette mentalité se ressent non seulement dans les performances sportives, mais aussi dans la gestion des équipes, les décisions de sélection et la communication autour des choix stratégiques.

  3. Fort et vert 27 janvier 2026 at 17h- Répondre

    C’est vrai que Penaud c’est incompréhensible, surtout pour le remplacer par Attissogbé. On dirait que FG s’apprête à subir et à ne pas attaquer. Dans ce cas il ne fallait pas non plus prendre MJ si on suit ce raisonnement. Aldritt c’est pire et je partage ce que dit Biggar, Guillard n’a pas encore le niveau et aurait dû être sur le banc. J’ai bien peur que l’EDF joue encore la dépossession.