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Daniel Brennan raconte un moment délicat de sa vie : « Je n’arrivais plus à rentrer à la maison et passer à autre chose »

Daniel Brennan raconte un moment délicat de sa vie : « Je n’arrivais plus à rentrer à la maison et passer à autre chose »

Le samedi 11 avril 2026 à 22:29 par David Demri

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Juste avant de défier Glasgow ce samedi, le pilier gauche du Rugby Club Toulonnais, Daniel Brennan s’est longuement confié dans les colonnes de L’équipe.

Questionné sur ce quart de finale de Coupe d’Europe, le pilier varois a expliqué que les joueurs étaient extrêmement excités à l’idée de jouer ce quart de finale européen à Glasgow. Extrait:

En un mot je dirais « excitation « . Les mecs étaient dix fois plus positifs grâce à la victoire face aux Stormers (28-27). Il faut s’en nourrir. Ensuite, il va falloir qu’on s’accroche. Rien n’est fini, il faut toujours y croire. On mesure le défi que représente Glasgow. C’est une énorme opportunité.

Il y a des gens qui font des carrières entières et qui ne disputent pas un quart de finale de Coupe d’Europe. On fait du rugby pour jouer ces matches-là. Je sens les gars excités, on est en mode phénix, on renaît de nos cendres, ensemble. On veut aller chercher du bonheur. Pour nous d’abord, et puis pour en donner aux autres.

Comme tout le monde, il expliquait que Glasgow était le grand favori du match. Extrait:

Ils sont clairement favoris. Ils ont frappé un grand coup, en tapant Toulouse en décembre (les joueurs d’Ugo Mola menaient 0-21 à la mi-temps et se sont inclinés 28-21), ça rappelle combien il faut rester humble. Il va falloir les attaquer sur nos points forts, la conquête, pratiquer un jeu simple, conquérant, garder et porter le ballon. Ils sont très bons en attaque. Une grosse partie de l’effectif joue en équipe nationale (…) Nous, ça s’est joué à un point face aux Stormers (28-27 au stade Mayol). Eux, à quatre face aux Bulls (victoire 25-21 au Scotstoun Stadium). Le plus courageux gagnera. À nous d’être très courageux.

Il se rappelle comment le RCT s’est imposé à Gloucester, au mois de janvier dernier. Extrait:

Un plan de jeu respecté, de la discipline et l’envie de se battre. Notre conquête avait été très bonne, surtout en mêlée. Mais le plus important à mes yeux c’est de s’aimer. Si tu aimes le mec à ta droite et le mec à ta gauche, tu vas trouver ce supplément d’âme pour t’accrocher quand c’est dur, venir à son soutien. On est une équipe de copains. Ça ne s’est pas assez vu, ça mérite d’être vu et j’espère que ça se verra ce week-end.

Il a ensuite évoqué la blessure de Dany Priso. Extrait:

La blessure de Dany Priso samedi nous rend tous tristes mais on veut garder cet engagement total dont il a fait preuve pour le groupe. Cet état d’esprit qu’il a montré, c’est de la force pure pour nous tous.

Il explique ensuite pourquoi une douleur l’a énormément gênée cette saison. Extrait:

À moi de saisir cette opportunité. Mon début de saison a été difficile, j’ai eu un nerf pincé au niveau du plexus brachial. J’avais tout le temps mal au bras, à l’épaule gauche. Des décharges électriques dans le cou. Pour être dominant dans les plaquages, c’était compliqué. Je me suis perdu dans ce truc de vouloir continuer à jouer. Par fierté. Le mythe du surhomme. Au détriment de ma santé, et aussi de l’équipe. Je ne réalisais pas les performances dont je suis capable quand je suis en pleine possession de mes moyens. J’ai broyé du noir. Un combattant cherche toujours à cacher sa douleur.

Quand tu as mal en permanence, tu deviens irritable, un peu plus chiant, ronchon. Je n’arrivais plus à rentrer à la maison et passer à autre chose. La douleur dictait mon humeur mais les gens qui vivent avec toi à la maison n’y sont pour rien. Ma compagne en a souffert. Elle enseigne le Pilates, elle connaît le sport avec une notion de bienveillance personnelle, un truc qu’on ignore dans le rugby. Un lundi, fin novembre, j’ai été voir le doc pour lui dire : « Écoute, là, ça ne va pas « . Et j’ai enfin accepté de prendre un mois et demi pour me soigner.

Il indique désormais prendre du recul sur la critique. Extrait:

J’avais 22 ans, j’étais à Brive, je lisais ce qui se disait sur les réseaux. C’est une phrase de Quade Cooper qui m’a permis de m’en détacher. C’est un joueur un peu maudit, un Néo-Zélandais qui jouait pour l’Australie. Il n’avait pas été appelé par les Wallabies depuis quatre ans et s’est retrouvé à jouer le Rugby Championship en septembre 2021 (à Gold Coast). L’Australie était menée 26 – 25.

Après la sirène de fin de match, il a passé la pénalité de la gagne, 45 mètres avec un angle difficile pour gagner face aux Springboks (28 – 26). Énorme ! On le sentait infiniment soulagé de cette grosse pression. Après coup, il avait dit : « Ne te réjouis pas quand les gens disent du bien de toi. Ne vis pas pour ça, parce que le jour où ils diront du mal, ça va te détruire. « Ses mots m’ont appris à prendre de la distance avec les louanges comme avec les critiques.

Questionné sur la concurrence au RCT, il explique avoir énormément progressé au RCT. Extrait:

J’avais le choix de venir ici ou de rester à Brive dans mon cocon. J’ai aimé ce défi. JB, je le connais, on a fait les U20 ensemble. C’est actuellement un des meilleurs gauchers du monde et un super mec. Tout comme Dany. À leurs côtés, j’ai progressé, élevé mon niveau d’exigence, perdu 10 kg. Là, je suis à 125 kg (pour un mètre 93). Le truc, c’est de mettre l’équipe en premier.

Pour conclure, il parle de son frère Joshua Brennan qui évolue à Toulouse. Extrait:

Josh est passé devant des mecs qui sont très forts. J’ai toujours eu du mal à me comparer parce que je joue pilier, lui joue deuxième ligne, on fait presque deux sports différents. On s’appelle presque tous les jours mais on a une petite règle : on ne parle presque jamais de rugby. Notre père (Trevor Brennan, 52 ans, 13 sélections avec l’Irlande entre 1998 et 2001, 126 matches avec le Stade Toulousain entre 2002 et 2007) nous rabâchait tout le temps son analyse après les matches. Un jour, on lui a dit : « Écoute papa, c’est fini, appelle-nous pour savoir si on a une gonzesse, si on est partis pêcher, mais c’est bon ! « Parler d’autre chose que de rugby, auquel on donne tellement, ça fait du bien. C’est essentiel même.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. delaMontagneverslaMer 12 avril 2026 at 00h- Répondre

    Je l’ avais vu bouillant à Berg quand il est arrivé
    Envie de bien faire et s’ entrainer fort
    Y en a dans sa p’tite tête
    Beau discours

  2. Juan Pepito 12 avril 2026 at 04h- Répondre

    Un joueur, humble et toujours au service de l’équipe.
    En un mot : le fils de son père…
    Bon vent,