Découvrez pourquoi les victoires à l’extérieur en Top 14 se font de plus en plus rare
Découvrez pourquoi les victoires à l’extérieur en Top 14 se font de plus en plus rare
Le vendredi 2 janvier 2026 à 18:58 par David Demri
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La phase retour du Top 14 s’ouvre sur un constat désormais bien installé : les victoires à l’extérieur se font de plus en plus rares. Une tendance lourde, observée depuis plusieurs saisons, et encore accentuée lors de cet exercice. À mi-championnat, seules deux équipes font figure d’exception.
Le Stade Toulousain et la Section Paloise sont non seulement en tête du classement, mais aussi les seules formations à s’être imposées à trois reprises hors de leurs bases cette saison. Mieux encore, elles ont gagné lors des trois dernières journées à l’extérieur, respectivement à Lyon (19-41) et à Montauban (17-53), le 20 décembre.
Un rendement qui tranche avec la norme actuelle. En moyenne, moins d’un match sur cinq se solde par une victoire du visiteur, un ratio proche de celui de la saison 2023-2024, et révélateur d’un championnat de plus en plus verrouillé à domicile. La statistique est d’autant plus trompeuse que US Montauban et USA Perpignan, déjà distancés, ont cumulé respectivement quatre et cinq défaites à domicile, gonflant artificiellement ce chiffre.
Plus de spectacle, moins de surprise
Paradoxalement, cette raréfaction intervient alors que le Top 14 n’a jamais été aussi prolifique en essais. Plus spectaculaire, certes, mais aussi plus prévisible. Les victoires inattendues loin de la maison se comptent sur les doigts d’une main : Clermont à Montpellier (7-9), Pau à Bordeaux-Bègles (33-34), Castres à La Rochelle (17-19). À Jean-Dauger, la résistance bayonnaise, invaincue à domicile depuis juin 2024, a même empêché Toulon et le Stade Français de s’ajouter à cette liste.
Pour Ugo Mola, cette réalité est avant tout le reflet d’un championnat resserré. « Ça signifie que ce championnat est homogène. Le travail que réalisent beaucoup d’équipes est plutôt intéressant. On voit des environnements assez incroyables comme à Bayonne ou à Pau. »
Le poids croissant des forteresses
La montée en puissance des publics, avec des affluences en constante progression, renforce cet avantage du terrain. Des cercles vertueux se créent, mêlant confiance, repères collectifs et soutien populaire, capables de faire basculer un match dans les dernières minutes. Dans ce contexte, un faux pas à domicile devient un handicap majeur pour toute équipe visant les phases finales.
Avec seulement trois points séparant le quatrième du onzième, la disparition du ventre mou est actée. À l’exception du LOU, toutes les équipes sont engagées dans une lutte dense pour le top 6. Résultat : les matches à domicile sont sanctuarisés, tandis que les déplacements, notamment chez les cadors, font souvent l’objet de rotations assumées.
L’Union Bordeaux-Bègles en est l’illustration : son maître à jouer Matthieu Jalibert n’a participé qu’à trois déplacements sur six possibles. Bordeaux comme Toulon ont largement fait tourner à Toulouse, avec des défaites dépassant les cinquante points encaissés à Ernest-Wallon.
Intensité maximale, écarts croissants
Ce phénomène se traduit aussi par des défaites plus larges à l’extérieur et une chute nette du nombre de bonus défensifs glanés en déplacement. Sébastien Piqueronies avançait une explication dès le mois de novembre : « S’il y a un levier que l’équipe recevante active, c’est celui de l’intensité, qui est très élevée », alors qu’il « manque souvent de l’intensité chez l’équipe qui voyage, qui a dépensé beaucoup d’énergie sur sa réception du week-end précédent ». D’où « le relâchement en fin de match et ces écarts au score ».
Bayonne et Clermont incarnent parfaitement cette fracture, redoutables à domicile mais incapables de reproduire le même visage à l’extérieur, avec une seule victoire loin de leurs bases chacun. Grégory Patat et Christophe Urios peinent encore à expliquer cette double identité, conscients que le curseur devra être relevé pour espérer jouer les phases finales.
Un Top 14 plus intense, plus serré… mais aussi plus impitoyable pour ceux qui voyagent mal.
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3 Commentaires

Parce que c’est une formule de championnat à la noix !
Et donc tu proposes une meilleure formule qui est …. ?
Le seul avantage que je vois à ce Top 14 avec 6 qualifiés, voir beaucoup d’espoirs.