« Des fois, il faut sanctionner » : Yannick Bru recadre ses joueurs et vole au secours de Maxime Lucu

« Des fois, il faut sanctionner » : Yannick Bru recadre ses joueurs et vole au secours de Maxime Lucu

Le vendredi 2 octobre 2026 à 18:38 par David Demri

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Invaincue à domicile mais lourdement battue lors de ses deux premiers déplacements, l’Union Bordeaux-Bègles ne connaît pas le début de saison espéré. Avant de recevoir Lyon ce samedi, Yannick Bru a décidé de resserrer les rangs.

Le manager Bordelais pointe un manque d’exigence et d’altruisme, reconnaît que Maxime Lucu s’est retrouvé trop seul à Perpignan et assume désormais de faire évoluer ses méthodes. Le retour de Jefferson Poirot tombe à point nommé.

À Bordeaux, le problème n’est pas forcément celui que les résultats pourraient laisser imaginer.

Battue 48-12 à Toulouse puis 38-25 à Perpignan, l’UBB n’a toujours pas trouvé la bonne formule loin de Chaban. Mais Yannick Bru refuse de réduire ces deux revers à un déficit de combat.

À Aimé-Giral notamment, les statistiques racontaient même une histoire assez différente.

« Notre collectif doit être fort »

Plus de 60 % de possession, une occupation importante et 17 entrées dans la zone de marque adverse : Bordeaux a eu les occasions de faire basculer la rencontre.

Ce qui agace Bru se situe ailleurs. Il veut retrouver l’efficacité offensive qui constitue l’identité de son équipe, mais surtout davantage de rigueur individuelle au service du collectif.

Via RMC Sport, le manager Bordelais pointe directement ce qui lui a déplu à Perpignan.

« On ne peut pas dire qu’à Perpignan, on a été absent dans le combat. On n’est pas absent dans le combat quand on est dominateur sur la conquête directe, quand on a plus de 60% de possession, une occupation très élevée et quand on rentre 17 fois dans la zone de marque adverse. Ce ne sont pas des statistiques d’une équipe absente dans le combat ! Par contre, ce sont des statistiques d’une équipe qui est absente dans une forme d’exigence individuelle, de respect du collectif. On a essayé cette semaine de se concentrer sur nous. De rappeler à tout le monde que notre collectif doit être fort. Et pour ça, chacun doit faire preuve d’un engagement et d’un altruisme élevés. »

Un rappel à l’ordre qui s’accompagne d’une réflexion plus profonde sur le management de l’équipe.

« Des fois, sanctionner aussi »

Depuis son arrivée à Bordeaux, Bru a largement privilégié l’autonomie et la responsabilisation de ses joueurs.

Mais après trois années passées avec ce groupe, la confiance installée ne doit pas se transformer en confort. Les deux premiers déplacements de la saison ont convaincu le staff de déplacer légèrement le curseur.

Bru assume ainsi de pouvoir redevenir plus directif lorsque la situation l’exige.

« C’est l’essence même du management d’une équipe de haut niveau : bouger le curseur entre la confiance et le contrôle, la responsabilisation et des méthodes un peu plus directives. Vous savez qu’ici à l’UBB, moi en particulier, je suis plus adepte de l’autonomie des joueurs et un niveau de responsabilisation important. Sur les deux premiers déplacements, il faut bien admettre que ça n’a pas fonctionné. Mais c’est ce qui nous plaît aussi dans le coaching. Il faut faire bouger les curseurs, bouger le fond, la forme, les méthodes et se remettre en question. »

Et ce travail quotidien peut parfois conduire à des décisions beaucoup moins agréables.

« C’est usant aussi. Il faut discuter, échanger, comprendre, analyser et des fois sanctionner aussi. Après, c’est une affaire d’endroit où on met le curseur en fonction des moments de la saison. […] Je pense qu’il y a une relation de confiance qui est forte. Mais il faut faire attention avec la confiance aussi, parce que des fois, elle peut aussi tromper. Donc on est obligé de réajuster les choses en permanence. »

« Max a été un peu seul »

À Perpignan, cette perte de repères collectifs s’est également ressentie dans le leadership.

Yannick Bru ne cherche pas à contourner le sujet lorsqu’il est interrogé sur Maxime Lucu. Le demi de mêlée et capitaine de l’UBB n’a pas été suffisamment accompagné.

Le constat du manager est très clair.

« Oui ! « Max » a été un peu seul. Dans un manque de concentration, d’altruisme aussi à certains moments. Mais ça fait partie aussi des choses qui nous challengent. »

La situation s’explique également par l’absence de plusieurs joueurs possédant un vécu considérable avec l’UBB.

Jefferson Poirot, Ben Tameifuna, Adam Coleman, Yoram Moefana, Louis Bielle-Biarrey ou encore Matthieu Jalibert manquaient à l’appel. Autant de relais habituels qui auraient pu épauler Lucu dans les moments difficiles.

Cette semaine, le staff a donc travaillé avec son groupe de leaders afin d’élargir les responsabilités.

Le retour précieux de Jefferson Poirot

Et l’un de ces cadres va justement retrouver le terrain contre Lyon.

Jefferson Poirot lancera sa saison ce samedi. Un retour qui dépasse largement la seule dimension sportive alors que le pilier dispute sa dernière année comme joueur.

Pour Bru, l’ancien international possède une place particulière dans le vestiaire Bordelais.

Le manager ne cache pas l’influence considérable de Poirot sur son groupe.

« « Jeff » a été précieux pour rappeler à tout le monde que c’était sa dernière année de rugby. Non, après, « Jeff », il est vrai, avec un grand V. Il dit les choses qui touchent le groupe. Il est souvent juste dans sa façon d’analyser les comportements des joueurs. C’est une bonne courroie de transmission entre le staff et les joueurs. Il a un rôle très important dans l’équipe. »

Poirot est surtout l’un des témoins privilégiés de la transformation de Bordeaux au fil des années.

Bru rappelle tout le chemin parcouru par son pilier, mais aussi celui qu’il reste encore à accomplir.

« « Jeff » a tout connu à Bordeaux. Il a connu le Bordeaux qui se débrouillait, qui se construisait, qui a joué le maintien. Il a connu l’UBB qui s’est qualifié pour la première fois en Champions Cup, il a connu l’UBB qui a gagné le premier trophée européen. Il connaît l’UBB d’aujourd’hui avec le niveau de confort que nous donne la direction du club, qui est très important. Il est important pour rappeler aussi l’itinéraire passé. Pour rappeler qu’il y a une compétition qu’on n’a jamais gagnée et qu’on doit être très humble dans l’approche de cette compétition. »

Face à Lyon, l’UBB cherchera donc davantage qu’une troisième victoire à domicile : après deux déplacements ratés, Yannick Bru veut retrouver une équipe plus précise, plus collective et surtout beaucoup moins dépendante de quelques leaders.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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