Fabien Galthié brise le silence sur les mises à l’écart de Penaud, Fickou et Alldritt !
Fabien Galthié brise le silence sur les mises à l’écart de Penaud, Fickou et Alldritt !
Le lundi 26 janvier 2026 à 20:27 par David Demri
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Présent à Édimbourg pour le lancement du Tournoi des 6 Nations 2026, le sélectionneur Fabien Galthié a justifié son choix d’écarter certains cadres de la liste des 42 pour la préparation du Tournoi. Pour lui, fini le conservatisme.
Concernant votre liste des 42, est-ce difficile d’écarter des joueurs avec une telle expérience comme Alldritt, Fickou ou Penaud?
C’est difficile. D’abord, une sélection, c’est un travail difficile. Mais nous, c’est notre travail. Donc la sélection qu’on a sortie et annoncée la semaine dernière, elle est le fruit de trois semaines de travail intense. D’abord de débriefs pendant six semaines de ce qui s’est passé à la tournée d’automne et de préparation. Depuis trois semaines, on a basculé sur la compétition. On prend en compte les joueurs blessés, bien sûr, il y a des forfaits. Et après, on prend en compte l’équilibre, ce qu’on ressent, l’émulation. Donc la sélection, c’est une photo à l’instant T. Là, elle peut bouger dès la prochaine convocation. Une sélection, c’est une équipe pour un match. C’est vrai que pendant un certain temps, on va dire que pendant le premier mandat et un peu plus, j’avais choisi volontairement une sorte de conservatisme, construire une équipe pour créer de l’expérience individuelle et collective.
Aujourd’hui, après six ans de vie commune, je pense qu’il est temps de trouver une évolution dans notre mode de construction de la sélection entre conservatisme et évolution vers la création, l’innovation. Et donner la chance à de jeunes joueurs qui ont un potentiel certain de porter le maillot. Je prends l’exemple de Louis Bielle-Biarrey. Il y a deux saisons qui le connaissait? Et dans cette génération, il y a des joueurs qui arrivent et nous pensons qu’ils méritent une chance. Nous devons être juste. Ils méritent LA chance. Une chance, ce n’est pas assez pour moi. Ils méritent d’être vus et revus avec l’équipe de France. Ils l’ont déjà fait pour la plupart. Pour la plupart, ils ont quelques sélections. Je ne vais pas citer les noms, mais ils ont entre zéro et dix sélections. Ils sont déjà venus avec nous travailler. Pour l’équipe de France, on a besoin de créer de l’émulation. On a besoin de sortir de la fraîcheur. On a besoin de sortir du sang frais, du potentiel que l’on sent.
Vous avez été joueur. Vous saviez la déception que pouvait entraîner le fait de ne pas être pris, surtout quand on a cette expérience. N’est-ce pas un risque au niveau du management avec de tels cadres?
Bien sûr. Mais un joueur de l’équipe de France, la première chose qu’il sait, c’est qu’il n’est pas installé. Quel joueur, même après une longue carrière, pense qu’il va être convoqué pour chaque match? Non. Si vous me posez la question, de mon expérience, j’ai toujours su que la sélection était à court terme. Après, il faut savoir se préparer. Il faut savoir se préparer en disant qu’il y a l’accident, la blessure qui est rédhibitoire et l’émulation. C’est la même chose en club. En équipe de France, c’est encore différent.
Mais on sait très bien que, quand on entre dans la danse, depuis tout jeune, dans le sport de compétition et de haut niveau, il y a la compétition qui est la victoire, bien sûr, et puis aussi l’émulation. Il y a aussi la performance. On aurait pu choisir d’être encore conservateur bien sûr, parce qu’on a gagné le dernier Tournoi. Nous sommes les vainqueurs sortants. Mais on pense que c’est le moment de créer l’émulation après cette victoire dans le Tournoi 2025. On pense que sur l’édition 2026, on doit donner laur chance à des joueurs qu’on sent potentiellement en capacité et aussi parce qu’ils prennent de la place à des joueurs qui la laissent. Ils laissent leur place.
C’est le cas de Matthieu Jalibert?
Il a toujours été là. Depuis maintenant six ans à peu près, ça fait la septième année, je fonctionne avec trois ouvreurs. On va dire trois ouvreurs identifiés. Il fait partie de ces trois ouvreurs avec Thomas Ramos et Romain Ntamack. Romain Ntamack est blessé, Matthieu Jalibert est en forme et Thomas Ramos est là.
Il se pose souvent la question de la compatibilité entre Matthieu Jalibert et Antoine Dupont, sachant que ce sont deux leaders d’attaque…
Je trouve que les matchs qu’a faits Matthieu Jalibert avec nous sur un plan offensif ont toujours été très bons. Il a toujours été bon. La compatibilité entre un 9 et un 10, c’est la question qu’on va se poser à chaque début de match. La charnière est souvent jugée à chaque début de match. Est-ce qu’elle va prendre des bonnes décisions? Est-ce qu’elle va être bien associée? Est-ce qu’elle va se comprendre? C’est vrai que Romain Ntamack et Antoine Dupont s’entraînent tous les jours ensemble. Ce n’est pas le cas de Matthieu Jalibert et d’Antoine Dupont, on le sait. Mais je pense que, pour l’équipe de France, et en tout cas le vécu que l’on a, parce qu’ils ont déjà joué de nombreuses fois ensemble, je pense que vous le savez, c’est intéressant de les retrouver associés potentiellement.
Comme Thomas Ramos qui peut aussi jouer numéro 10. N’oublions pas que lors du Tournoi des 6 Nations l’an dernier, il a joué numéro 10. Dans ce Tournoi, qu’on a gagné l’an dernier, on a utilisé à la fois Thomas Ramos, à la fois Matthieu Jalibert, et à la fois Romain Ntamack sur différentes compositions d’équipe qu’on sentait. Après, nous, notre savoir-faire, notre compétence, elle est là. C’est faire les bons choix. Surtout les bons choix avant. Après, on ne le sait qu’en fonction des résultats. Mais nous, on doit trouver les bonnes articulations et prendre les bonnes décisions avant. Donc trouver l’équilibre entre conservatisme et innovation.
Pensez-vous qu’un joueur ait besoin de confiance?
Tous les joueurs ont besoin de confiance! Et nous aussi, on a besoin de confiance. Il y a deux équipes. Il y a un staff qui a besoin de confiance. Et après, il y a une équipe qui s’appelle l’équipe de France qui a besoin d’être bien accompagnée par son staff. Et c’est notre travail de leur donner le maximum de confiance.
On parle évidemment du fait que Thomas Ramos, habituel arrière, était préféré à Matthieu Jalibert, pourtant demi d’ouverture…
C’est la haute concurrence, l’équipe de France. Il faut le vivre. Je crois qu’en termes de gestion de l’émotion, un joueur de l’équipe de France doit être capable de traverser ce type de moments difficiles. Ce que j’appelle l’ascenseur émotionnel, qui se passe dans le jeu, mais qui se passe aussi dans la vie. Et notamment dans la sélection. Il faut être prêt. Souvent, je leur dis, n’importe quand, n’importe qui, n’importe où. Il faut être prêt. Pour les bonnes décisions, décisions qui sont favorables pour l’ascenseur émotionnel agréable, mais aussi pour l’ascenseur émotionnel désagréable. Il faut être prêt. Je dirais que c’est la qualité première des joueurs qui arrivent en équipe de France. C’est celle-là qui est recherchée.
Avez-vous votre quinze de départ en tête?
On va s’adapter. Mais je vais être honnête avec vous, je vais être franc, on l’a en partie. En fait, il y a challenge. On l’a en partie. Et maintenant, il y a challenge autour de 28 joueurs. Il y a challenge, il y a compétition.
Avez-vous le Grand Chelem comme objectif?
Ce tournoi est tellement beau. On sort d’une victoire. On a gagné l’édition 2025. Et là, on se projette avec un premier match le jeudi fantastique face à une équipe d’Irlande qu’on respecte depuis 15 ans, qui domine le rugby européen depuis 15 ans. Ça, c’est le premier rendez-vous. Ça, c’est le premier objectif. Puis après, on va au pays de Galles. Et en fait, le Tournoi des 6 Nations, je l’ai dit en présentation, c’est tellement spécial, c’est tellement difficile.
Chaque match a sa propre histoire. Bien sûr, il y a le résultat, mais il y a les joueurs qui vont être blessés, il va y avoir les choix qu’on va faire dans la composition d’équipe. Et en face, il va y avoir les joueurs blessés, les choix que vont faire les staffs. Conservatisme, innovation, sur la stratégie aussi. Nous, on est très clair. On a identifié une stratégie qui est très, très claire aujourd’hui. Là, on a reçu les joueurs ce dimanche, quand ils sont arrivés. On doit leur proposer de construire en 10 jours une organisation pour le match, une stratégie. Nous, on est très clairs là-dessus. Maintenant, on va la coconstruire avec eux. Donc, on a du boulot. On a 10 jours pour sortir l’équipe et construire une organisation et une stratégie. On a de quoi bosser.
Vous avez l’air heureux d’être à Édimbourg aujourd’hui…
Je suis tellement heureux de participer à cette compétition. Chaque fois qu’on se réunit, cette journée média, c’est comme le « kick-off ». En plus, on est toujours dans des endroits incroyables. Je vois les meilleurs coachs, les meilleurs joueurs, les meilleurs capitaines. Qu’est-ce que tu veux de plus quand tu aimes le rugby?
Via RMC Sport
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