Frédéric Charrier met un coup de pression à ses trois-quarts avant le début de la saison

Frédéric Charrier met un coup de pression à ses trois-quarts avant le début de la saison

Le mercredi 2 septembre 2026 à 18:12 par David Demri

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Charrier, à Clermont

Clermont veut frapper fort dès la première journée du Top 14, samedi soir sur la pelouse de Lyon. Mais au-delà du résultat, Frédéric Charrier attend une évolution nette dans le jeu de son équipe. L’entraîneur des trois-quarts veut voir ses arrières sortir davantage du cadre, prendre des initiatives et exploiter autrement la puissance du pack auvergnat.

Après une préparation qui ne lui a pas apporté toutes les réponses espérées, le technicien refuse néanmoins de tirer des conclusions trop rapides. Les nombreuses rotations brouillent les repères et Clermont va donc avancer avec une part d’incertitude au moment de défier le LOU.

Charrier reconnaît d’ailleurs que personne ne sait véritablement où se situent les deux formations. Il s’est confié pour Midi Olympique :

« On est tous très impatients de reprendre oui ! Quand on passe autant de temps dans la préparation, on attend de jouer les matchs qui comptent, il y a beaucoup d’excitation même si sur ce premier déplacement on ne sait pas trop où on est. Les matchs de préparation ne veulent pas dire grand-chose, il y a beaucoup de rotations dans l’équipe, à l’image de la rencontre du Lou face au Leinster. »

« Les trois-quarts récitent un peu trop leur rugby »

Un élément rassure néanmoins le staff clermontois : l’état d’esprit du groupe semble différent de celui observé au même moment la saison dernière.

Les nouveaux venus se sont rapidement mêlés à la concurrence et plusieurs jeunes poussent derrière les joueurs installés. Le projet de Christophe Urios entre également dans une nouvelle phase. Après plusieurs saisons nécessaires pour construire le groupe et assimiler les principes de jeu, les automatismes doivent désormais être plus nombreux.

Frédéric Charrier ressent cette évolution au quotidien :

« Je sens un groupe très engagé dans le projet et animé par le travail. Cela ne s’est pas forcément vu sur les matchs de préparation mais je sens que les joueurs ont envie de bien démarrer la saison et de performer rapidement. Les saisons passées nous servent d’expérience, l’année dernière on n’avait pas bien commencé la saison et on sent que la dynamique est différente. »

Le véritable chantier concerne maintenant l’utilisation du ballon. Clermont possède un pack capable d’imposer une énorme puissance, mais veut éviter de devenir trop dépendant de ses avants.

Et Charrier n’a pas totalement apprécié ce qu’il a observé derrière pendant la préparation. Selon lui, les trois-quarts ont parfois appliqué les systèmes avec trop de rigidité, sans suffisamment s’adapter aux espaces proposés par la défense.

Son attente est donc très claire :

« Sur les matchs de préparation j’ai regretté que les trois-quarts récitent un peu trop leur rugby, j’attends plus de spontanéité, plus de jeu. On a des avants très puissants donc on se doit d’avoir des armes différentes en prenant le relais des avants. »

L’objectif n’est évidemment pas d’abandonner le cadre collectif. Clermont veut plutôt permettre à ses joueurs de reconnaître plus rapidement les opportunités et de s’autoriser à sortir du plan initial lorsqu’une situation le réclame.

La première période disputée face au Stade Français pendant la préparation a justement offert quelques signes encourageants.

Charrier veut désormais retrouver cette liberté beaucoup plus régulièrement :

« Sur la première mi-temps contre le Stade français, j’ai ressenti cette envie de sortir « du cahier de jeu ». Il faut avoir cette capacité à ne pas réciter, à être plus réactifs et j’espère qu’on y arrivera. »

AJ Lam et Nanai-Seturo attendus, les jeunes également

Le recrutement doit permettre à Clermont de disposer de profils différents pour mettre en œuvre cette évolution.

AJ Lam et Etene Nanai-Seturo sont notamment attendus pour apporter de la créativité et de l’imprévisibilité à la ligne de trois-quarts. Charrier prévient cependant qu’il faudra leur laisser du temps.

Nanai-Seturo n’a pas effectué l’intégralité de la préparation et n’a disputé qu’une vingtaine de minutes contre Toulon. L’adaptation au rugby français et la barrière de la langue constituent également des paramètres à prendre en compte.

Le staff ne veut donc pas brûler les étapes avec ses recrues néo-zélandaises :

« Il faut être un peu patients avec ces joueurs-là. Etene Nanai-Seturo n’a pas fait toute la préparation et n’a joué que vingt minutes face à Toulon. Il aura besoin d’un plus de temps, et ces joueurs arrivent de Nouvelle-Zélande, ils ne parlent pas très bien français. »

Charrier prend l’exemple d’Aliverti Loaloa, qui avait eu besoin d’environ six mois avant de se sentir pleinement à l’aise la saison dernière.

En attendant, la jeunesse clermontoise pourrait également rebattre les cartes. Axel Guillaud, Mathys Belaubre, Timéo Frier et Yanis Brosset ont profité de la préparation pour se montrer.

Leur âge ne constituera pas un frein si leurs performances sont au rendez-vous.

Charrier les invite même ouvertement à bousculer la hiérarchie :

« Il ne faut pas qu’ils se posent de questions. Il faut qu’on les aide à grandir vite à prendre confiance en eux et s’ils ont la qualité à l’image de Yanis sur la préparation, il faut qu’ils montrent qu’ils veulent prendre la place. »

Plusieurs d’entre eux ont déjà connu le très haut niveau chez les jeunes, entre Tournoi des Six Nations, titre national et finale du Mondial avec les Bleuets.

Le message du technicien est sans ambiguïté :

« Ce n’est pas parce qu’ils sont jeunes qu’ils ne vont pas jouer. »

Dès samedi à Lyon, Clermont cherchera donc à montrer un visage différent : toujours aussi puissant devant, mais plus spontané, plus réactif et surtout moins prévisible derrière


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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