Gaël Dréan raconte pour la première fois son opération du cœur : « Les médecins m’ont toujours dit que ça allait dégénérer »

Gaël Dréan raconte pour la première fois son opération du cœur : « Les médecins m’ont toujours dit que ça allait dégénérer »

Le mardi 25 août 2026 à 20:24 par David Demri

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Trois mois après avoir subi une lourde opération du cœur, Gaël Dréan est sorti du silence. L’ailier du Rugby Club Toulonnais a accepté de revenir en détail sur cette épreuve qui a brutalement mis un terme à sa saison.

Il raconte la découverte de l’aggravation de sa maladie, son choix de jouer une dernière fois avec Toulon avant l’intervention et la longue rééducation qui a suivi.

Aujourd’hui de retour au Campus RCT, l’international français assure aller beaucoup mieux. Il a repris la course depuis plusieurs semaines et augmente progressivement les charges de travail, tout en gardant le cap sur son retour à la compétition.

Une maladie connue depuis ses 18 ans

Pour Midi Olympique, Gaël Dréan explique que cette malformation cardiaque le suit depuis de nombreuses années, mais qu’elle s’est aggravée au cours de la saison dernière.

« Depuis la naissance, j’avais une malformation. J’ai eu connaissance du souci à 18 ans, juste avant d’entrer en STAPS. Dans cette formation, on fait des contrôles poussés. Elle pouvait amener à une évolution assez rapide. Depuis ma venue à Toulon, je suis suivi tous les six mois. Elle a dégénéré au cours de la saison dernière. L’opération était impérative. Je me devais d’arrêter la saison. »

L’ailier toulonnais précise ensuite la nature exacte de cette pathologie.

« Ça partait d’une valve. J’ai souffert d’une bicuspidie aortique, avec une insuffisance. Ça a développé l’épaississement du ventricule et de l’aorte. Il fallait opérer. »

Malgré cette anomalie, Gaël Dréan assure n’avoir jamais ressenti de véritable gêne lorsqu’il jouait.

« C’est le médical qui m’a tenu informé de l’évolution. J’ai toujours joué au rugby avec ce souci. Dans deux ans, avec plus de recul, je pourrai avoir un autre avis. J’ai toujours joué avec cette insuffisance. Je n’ai pas été plus fatigué, rien de tout cela. »

Il explique que les médecins surveillaient simplement l’évolution de cette pathologie.

« Les médecins m’ont toujours dit que ça allait dégénérer. Je n’ai pas eu d’évolution depuis mes 18 ans, malgré le fait que l’entraînement était plus intensif. Je me suis toujours senti bien. »

Il voulait aider Toulon jusqu’au bout

Lorsque les médecins lui annoncent qu’il doit être opéré, Gaël Dréan n’abandonne pourtant pas immédiatement ses coéquipiers.

L’ailier souhaitait absolument disputer une dernière rencontre avec le RC Toulon avant de passer sur la table d’opération.

« Juste avant que j’arrête. Quand on m’a dit que l’opération était obligatoire, je voulais qu’elle intervienne le plus vite possible. Je voulais revenir le plus vite possible. J’ai voulu jouer le Racing 92, et je savais déjà que j’allais me faire opérer. »

Son objectif était clair : aider son équipe jusqu’au bout.

« Je tenais à faire ce dernier match, car il y avait encore de l’enjeu pour le club. J’ai voulu aider jusqu’au bout. Le risque était encore mesuré. J’ai eu une discussion avec Pierre (Mignoni) et je lui ai dit que j’étais opérationnel s’il le voulait. Après cette défaite, on a acté la décision. »

L’annonce de son arrêt forcé a d’ailleurs été particulièrement difficile à vivre.

« C’est Didier Demory (ex-médecin du club). Je le remercie de l’avoir dit à ma place devant le groupe. Vous le savez, je ne suis pas le plus à l’aise pour faire des discours auprès du groupe. Ça me touchait de finir la saison comme ça… Donc, c’était assez dur ! »

Une opération de sept heures avant une longue reconstruction

Le 1er juin, Gaël Dréan est finalement opéré à Paris.

L’intervention s’est parfaitement déroulée mais a nécessité plusieurs heures au bloc opératoire.

« Je me suis fait opérer à Paris, le 1er juin, avec l’accord du cardiologue et du club. L’opération s’est très bien passée. Elle a duré sept heures, on m’a ouvert le thorax. J’ai une cicatrice de dix centimètres. Je suis resté une semaine en observation. »

Les jours qui suivent sont en revanche particulièrement éprouvants.

Le Toulonnais raconte avoir perdu beaucoup de poids et avoir dû repartir quasiment de zéro physiquement.

« Il y a eu des passages difficiles après l’opération. J’étais alité avec une bonne perte de poids. J’ai perdu environ 10 kilos en deux semaines. J’étais pire que quand je suis arrivé ici (rires). Il a fallu que mon corps se réadapte que cela soit le cœur ou les poumons. Après, il a fallu reprendre une vie normale. »

La rééducation est longue, mais les progrès arrivent rapidement.

Gaël Dréan explique qu’il a dû réapprendre les gestes les plus simples avant de retrouver peu à peu des sensations.

« La progression est rapide, mais tu repars de loin. Il a fallu déjà apprendre à se lever du lit (sourire). J’étais très fatigué, sans énergie. Trois semaines après, je suis allé en Bretagne dans un centre de rééducation. Le personnel m’a beaucoup aidé. »

Quelques semaines plus tard, le moment qu’il attendait tant finit par arriver.

Retrouver la course a constitué une véritable délivrance pour l’international français.

« Un mois plus tard, je courais. Ça a été une sensation géniale, presque indescriptible. J’étais dans une salle. J’étais surveillé, et c’était vraiment un bonheur. On vérifiait si le thorax était bien remis, avec une cale osseuse. C’était un bonheur. »

Trois mois après cette opération, Gaël Dréan poursuit désormais sa montée en puissance. Déterminé à retrouver son meilleur niveau, l’ailier toulonnais espère rapidement tourner cette page et retrouver les terrains sous les couleurs du Rugby Club Toulonnais.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

7 Commentaires

  1. Batigol 25 août 2026 at 20h- Répondre

    Je me rendais pas compte de la violence du truc. La santé avant tout, le rugby parait dérisoire.

    J'aime 19
  2. JP2683 25 août 2026 at 20h- Répondre

    Prend le temps qu’il faut Gael est reviens nous en pleine forme .

    J'aime 17
  3. garry38 25 août 2026 at 20h- Répondre

    Une sternotomie (c’est le nom de l’opération qui consiste à ouvrir le thorax puis écarter de manière mécanique les deux parties pour accéder au coeur) …j’ai donné il y a trois ans, comme d’ailleurs des milliers de personnes chaque année . Le cardiologue m’avait simplement expliqué que c’était un peu « spectaculaire » mais que passées les premières 48 heures, on retrouvait vite une vie normale…Ben voyons ! Comme toute fracture osseuse (c’est considérée comme tel) un délai d’au minimum 3 mois est nécessaire pour la consolidation mais ça reste néanmoins très fragile surtout pour reprendre la compétition avec la violence et la profusion de chocs thoraciques. Je ne suis pas médecin mais pas sûr qu’on le revoit avant la début d’année prochaine.

  4. christo 25 août 2026 at 20h- Répondre

    Lundi matin j’ai vu que Gaël s’entraînait seul avec un préparateur. Il.faisait des courses en montant les genoux, puis accélération. A la fin il a prit part à la fin de la séance. Courage à toi Gaël, le plus dur est derrière toi, et reviens nous encore plus fort

    J'aime 13
  5. Daniel du mourillon 25 août 2026 at 21h- Répondre

    Bicuspidie aortique avec insuffisance (fuite aortique)
    La bicuspidie aortique est une malformation congénitale fréquente (environ 1 à 2 % de la population) où la valve aortique n’a que deux feuillets au lieu de trois. Elle peut rester longtemps silencieuse, mais elle favorise un vieillissement prématuré de la valve et s’associe souvent à une aortopathie (dilatation de l’aorte ascendante ou de la racine).
    L’insuffisance aortique dans ce contexte
    L’insuffisance (ou régurgitation/fuite) signifie que la valve ne se ferme pas parfaitement en diastole, permettant un reflux de sang de l’aorte vers le ventricule gauche.
    Mécanismes fréquents sur bicuspidie :
    Prolapsus de la cuspide la plus grande (excès de tissu).
    Mauvaise coaptation liée à la forme anormale des feuillets.
    Dilatation de la racine aortique ou de la jonction sinotubulaire (qui écarte les points d’attache des feuillets).
    Parfois association avec un certain degré d’épaississement ou de rigidité des feuillets.
    Chez les patients plus jeunes, l’insuffisance pure est plus fréquente ; avec l’âge, une sténose (rétrécissement) ou une double atteinte (sténose + insuffisance) peut apparaître.
    Conséquences et surveillance
    Le ventricule gauche s’adapte longtemps en se dilatant progressivement.
    Quand la fuite devient sévère ou que la fonction ventriculaire s’altère, des symptômes apparaissent (essoufflement, fatigue, palpitations…).
    Surveillance régulière par échocardiographie (sévérité de la fuite, dimensions et fonction du ventricule gauche, diamètres aortiques).
    Imagerie complémentaire (scanner ou IRM) souvent utile pour mesurer précisément l’aorte.
    Traitement
    Surveillance si l’insuffisance est légère à modérée et bien tolérée, avec contrôle strict de la tension artérielle.
    Chirurgie indiquée en cas d’insuffisance sévère symptomatique, de dilatation importante du ventricule gauche, de dysfonction ventriculaire, ou de dilatation aortique significative (seuils généralement autour de 50-55 mm selon le profil du patient et les recommandations).
    Chez les patients jeunes, une réparation valvulaire conservatrice (plastie) est parfois possible si les feuillets restent souples.
    Sinon, remplacement valvulaire (mécanique ou biologique) ± remplacement de l’aorte ascendante

  6. LOLOBRIGNOLES 25 août 2026 at 21h- Répondre

    Cet homme est exceptionnel, je ne parle pas simplement du joueur. Quel bonheur de l avoir au RCT !Bon retour Gael.

  7. Eric 25 août 2026 at 22h- Répondre

    Courage Gaël. Quelle opération !
    Mais sur tu vas revenir plus fort qu’avant et alors là attention les yeux.
    A bientôt de te revoir sur les terrains.
    Eric.