Guy Novès : « À Toulouse, ne pas jouer, c’était prendre un risque »

Guy Novès : « À Toulouse, ne pas jouer, c’était prendre un risque »

Le mercredi 24 juin 2026 à 17:37 par David Demri

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À quelques jours de la finale du Top 14 face à Montpellier, le Stade Toulousain est en passe d’égaler un exploit historique : remporter un quatrième Bouclier de Brennus consécutif.

Un record que connaît parfaitement Guy Novès. L’ancien manager toulousain avait justement conduit les Rouge et Noir vers un quadruplé entre 1994 et 1997. Près de trente ans plus tard, il observe avec admiration la génération actuelle, qu’il estime capable de rejoindre, voire dépasser, son équipe.

« Cette génération est incroyable »

Interrogé via La Dépêche sur ses souvenirs de cette période dorée, Guy Novès explique que la domination toulousaine reposait notamment sur une innovation majeure pour l’époque.

L’ancien technicien met en avant l’apport du premier préparateur physique du rugby français.

« Le souvenir que j’en ai, c’est d’abord l’arrivée de Dominique Hernandez. À l’époque, les préparateurs physiques n’existaient pas. C’était le premier préparateur physique en France. Lors de ces matchs qu’on a gagnés de finalement pas grand-chose, les équipes adverses n’existaient plus. »

Il estime que cette supériorité physique faisait souvent la différence après la pause.

« Le souvenir que j’en ai, c’est le fait de dominer les équipes adverses en seconde mi-temps, au cours de laquelle notre niveau physique était supérieur à l’époque. »

Mais pour Guy Novès, Toulouse n’a jamais été uniquement une question de puissance.

« À Toulouse, ne pas jouer, c’était prendre un risque »

L’ancien manager rappelle que l’identité du club repose avant tout sur une philosophie de jeu transmise de génération en génération.

Une culture que l’actuel staff continue de faire vivre aujourd’hui.

« Aujourd’hui, tous les gens qui sont à la tête du club, soit Didier Lacroix ou Ugo Mola ou tous les entraîneurs, 99 % sont issus de cette époque-là. Aujourd’hui, Ugo Mola et Didier Lacroix amènent leur vécu, leur intelligence, mais ils amènent ce qu’ils ont appris. Et d’ailleurs, ce binôme, à mon avis, qui fonctionne super bien, c’est très, très, très, très important. »

Puis il ajoute :

« Ce jeu, évidemment, est basé sur le jeu debout, le jeu de passes, le jeu d’intervalles. À l’époque, les gens disaient que jouer, c’était prendre des risques. Mais c’était l’inverse. À Toulouse, ne pas jouer, c’était prendre un risque. »

« Le quadruplé était déjà un exploit »

À l’époque, le quatrième titre consécutif n’était pourtant pas considéré à sa juste valeur par tout le monde.

Guy Novès se souvient encore d’une remarque qui l’avait marqué après la finale remportée en 1997.

« Je me rappelle d’un journaliste qui, lors du quatrième titre, était venu sur le terrain du Parc des Princes en me disant que c’était gagné, mais que c’était une petite finale. Et pour nous, c’était un exploit. »

Avant de glisser une phrase qui ne manquera pas de faire parler à Toulouse.

« C’était un exploit qui va peut-être être égalé, voire dépassé par cette génération qui est incroyable. »

Une équipe capable d’aller encore plus loin ?

L’ancien manager estime que l’effectif actuel dispose de ressources encore supérieures à celles de son époque.

Il rappelle notamment que les groupes n’avaient rien à voir avec ceux d’aujourd’hui.

« C’était un effectif qui n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Donc c’était très compliqué de gérer les deux compétitions. »

S’il reconnaît que le quadruplé représentait déjà une performance exceptionnelle, Guy Novès n’exclut pas de voir cette équipe écrire une histoire encore plus grande.

« On perd la cinquième année en 1998 et là, j’ai l’impression de redevenir humain. Mais on gagne la sixième année. On en a donc gagné cinq en six ans. »

Samedi soir, face à Montpellier, les hommes d’Ugo Mola auront l’occasion de rejoindre un peu plus cette légende toulousaine.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. JeanmarcMourillon 24 juin 2026 at 17h- Répondre

    Respect Monsieur Noves ..
    L’instigateur de ce « jeu à la Toulousaine  »
    C’est lui qui l’a échafaudé et façonné durant de longues années. en s’inspirant du jeu pratiqué par les All Blacks notamment le jeu debout
    Une machine à broyer devant
    Et des saltimbanques pour les lignes arrières

    Bravo à toi Guy de t’en être inspiré et d’avoir su le mettre durablement en place …..

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    J'aime pas 4
  2. Eddy 24 juin 2026 at 18h- Répondre

    Chronologiquement il y a eu Bru qui a inventé la méthode,
    Villepreux et Skrela l’ont popularisée,
    Novès l’a magnifiée et Mola la modernise.