« Il n’était pas impressionnant » : Ce Toulonnais désormais indispensable à l’équipe de France s’est transformé physiquement
« Il n’était pas impressionnant » : Ce Toulonnais désormais indispensable à l’équipe de France s’est transformé physiquement
Le vendredi 6 novembre 2026 à 21:00 par David Demri
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Jean-Baptiste Gros est aujourd’hui l’un des piliers incontournables du XV de France. À 27 ans, le joueur du Rugby Club Toulonnais compte déjà 45 sélections et trois Tournois des 6 Nations remportés. Pourtant, celui qui affiche désormais 1,87 m pour 112 kilos était loin de posséder un physique impressionnant durant son adolescence. Presque maigre à ses débuts, le pilier gauche a connu une transformation spectaculaire, fruit d’un travail physique considérable et d’une discipline de plus en plus exigeante.
Contrairement à de nombreux joueurs de première ligne, Jean-Baptiste Gros présente un gabarit particulièrement athlétique. Peu de masse grasse, une grande mobilité et une capacité à multiplier les efforts : des qualités qui expliquent notamment son importance dans le dispositif tricolore. Mais cette évolution ne doit rien au hasard, comme le racontent ceux qui l’ont connu durant ses années de formation à Toulon.
« Il était fin, presque maigre »
Louis Carbonel, qui connaît Jean-Baptiste Gros depuis le lycée, se souvient parfaitement du physique du jeune joueur à son arrivée dans les catégories de jeunes du RCT.
Dans les colonnes de Midi Olympique, l’actuel ouvreur du Stade Français raconte comment son ami a progressivement transformé son corps grâce à la musculation et à une alimentation adaptée :
« Il n’était pas impressionnant, c’est vrai. Il était fin, presque maigre ; un peu gaulé comme un troisième ligne, oui. Mais dès l’instant où il a intégré les juniors de Toulon, il a fait de la muscu, a beaucoup mangé et s’est transformé. »
Une métamorphose qui s’est accompagnée d’une implication particulièrement importante dans la préparation physique.
Laurent Gueit, ancien entraîneur de Jean-Baptiste Gros chez les Crabos du Rugby Club Toulonnais, confirme que le joueur possédait déjà une discipline remarquable.
Le technicien souligne les qualités athlétiques développées par le pilier international :
« Il est aujourd’hui devenu un athlète. Jibé est dingue de muscu, court énormément et compte moins de 20 % de masse graisseuse. »
« Il emmenait ses élastiques partout avec lui »
Si Jean-Baptiste Gros a considérablement évolué physiquement, son goût pour le travail était déjà présent dès l’adolescence.
À seulement 16 ans, il accordait une attention particulière à sa préparation, avec des habitudes qui impressionnaient déjà son encadrement.
Laurent Gueit se souvient d’un jeune joueur particulièrement rigoureux malgré son gabarit encore léger :
« À 16 ans, il n’était vraiment pas épais mais se préparait déjà comme un pro. Ses rituels et ses échauffements étaient toujours très précis. Je me souviens qu’il emmenait ses élastiques partout avec lui. »
Cette rigueur lui a permis de construire un profil singulier au poste de pilier gauche.
Capable de tenir sa place en mêlée, le Toulonnais se distingue également par sa mobilité, son activité défensive et sa capacité à répéter les efforts sans multiplier les fautes.
Une hygiène de vie profondément transformée
Au fil de sa carrière, Jean-Baptiste Gros a également compris que la préparation physique ne suffisait pas pour atteindre le plus haut niveau.
Le pilier international a progressivement modifié ses habitudes quotidiennes, notamment en matière d’alimentation, de récupération et de sorties.
Le joueur du RCT reconnaissait lui-même, au printemps dernier, avoir pris conscience de l’importance de ces changements :
« Après un match, c’est facile de se lâcher un peu, de manger un peu plus, d’aller boire un coup avec les copains. Je fais désormais attention et tous ces changements de vie sont peut-être en train de payer. Je ne me vois pas passer à côté de quelque chose pour des bêtises de gamin. »
« Je suis complètement passé à côté de la Coupe du monde en France »
Cette exigence nouvelle trouve également son origine dans une déception sportive majeure.
Malgré son statut actuel chez les Bleus, Jean-Baptiste Gros conserve un souvenir douloureux de la Coupe du monde 2023, disputée en France.
Le pilier gauche avait reconnu ne pas avoir été à la hauteur de cet événement.
Dans l’une de ses rares prises de parole, il avait livré un constat particulièrement sévère sur ses performances durant cette compétition :
« Il y a des choses qui font réfléchir, dans une carrière : à ce titre, je suis complètement passé à côté de la Coupe du monde en France et je le sais. Je n’étais pas au niveau et je trouve ça idiot, voilà tout. »
Depuis, Jean-Baptiste Gros a changé de dimension. À 27 ans, le joueur du XV de la Rade s’est installé parmi les éléments essentiels du XV de France, grâce à un profil physique atypique et à une régularité qui lui permettent de répondre aux exigences du rugby international.


Le plus grand pilier du RCT au 21e siècle, tout simplement.
Ses qualités de joueur n’ont d’égal que sa discrétion. Bravo à ce pur produit de la formation Toulonnaise