Il quitte Bayonne pour retourner en Australie et balance : « En France, ils aiment les accrochages et le rugby brutal »

Il quitte Bayonne pour retourner en Australie et balance : « En France, ils aiment les accrochages et le rugby brutal »

Le jeudi 13 août 2026 à 11:58 par David Demri

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Il pensait simplement passer quelques semaines auprès de sa famille avant de repartir en France. Finalement, un simple appel a bouleversé son été. Trois ans après avoir quitté l’Australie pour tenter sa chance à Bayonne, Aiden Stait s’est engagé jusqu’en 2029 avec les Brumbies.

Une opportunité que le deuxième ligne de 22 ans n’a pas hésité une seule seconde à saisir, lui qui rêve désormais de s’imposer au plus haut niveau dans son pays.

L’appel qui a tout changé

Lorsque les Brumbies se sont manifestés, l’ancien joueur de l’Aviron Bayonnais n’a pas réfléchi longtemps.

Alors qu’il avait laissé derrière lui sa voiture, quelques télévisions et même une climatisation au Pays basque, l’occasion était trop belle pour être repoussée comme il l’explique pour Rugby Pass :

« Quand ils ont pris contact, je me suis dit qu’il fallait prendre la voiture et descendre tout de suite à Canberra, car c’était une occasion que je ne pouvais pas laisser passer. »

Aujourd’hui encore, le jeune Australien mesure difficilement ce qui lui arrive.

« Chaque matin, je me réveille, je me pince et je reviens à la réalité. C’est incroyable. Je n’aurais jamais, jamais imaginé me retrouver là où je suis aujourd’hui. »

De Bathurst à Bayonne, un parcours loin d’être classique

Avant d’atterrir en France, Aiden Stait était surtout un joueur de rugby à XIII.

Passé notamment chez les jeunes des St George Illawarra Dragons, il s’est ensuite tourné vers le rugby à XV avant de rejoindre l’académie des Waratahs puis Bayonne, où il est resté trois saisons sans toutefois disputer le moindre match de Top 14.

En repensant à son parcours, le deuxième ligne mesure le chemin parcouru.

« En venant du XIII, je me voyais simplement jouer avec Bathurst St Pats, chez moi. Je n’y avais jamais vraiment pensé. C’est le genre de chose dont on rêve. Quand on est enfant et qu’on regarde le sport à la télévision, même en venant du XIII, on suit toujours une forme de football. »

Son retour à Canberra possède également une dimension très personnelle.

« C’est vraiment un rêve qui devient réalité. Je viens de Bathurst et tout le monde dit que Canberra est une sorte de Bathurst en plus grand. Je me sens chez moi ici et j’adore cet endroit. »

Trois saisons en France qui ont changé sa vision du rugby

Même s’il n’a jamais eu l’occasion de découvrir le Top 14 avec Bayonne, son passage en France a profondément marqué son évolution.

L’Australien raconte avoir rapidement compris que le rugby français possédait sa propre identité.

« Il n’y avait pas beaucoup d’équipes qui recrutaient des arrières à l’étranger. Je me souviens d’un Français, lors de ma première année, qui m’avait dit que les clubs ne signaient pas d’arrières étrangers parce qu’ils avaient leurs propres arrières français. En revanche, pour les avants, ils recrutaient à l’international. C’est là que j’ai compris qu’ils ne plaisantaient pas. Leur jeu est construit autour des avants. »

Une philosophie très différente de celle qu’il connaissait en Australie.

« Nous avons souvent affronté de gros packs impossibles à égaler. J’ai appris que tous les rugbys étaient différents. Je pensais que ce serait le même jeu qu’à Sydney ou en Australie, mais j’ai vite dû m’adapter, parce que ce n’était pas le cas. »

Le contraste l’a particulièrement marqué.

« En France, ils aiment les accrochages et le rugby brutal. Ici, le jeu repose davantage sur les phases de conquête, il est plus rapide. Il faut plus se déplacer et rester attentif. »

Un objectif désormais clair chez les Brumbies

Depuis son arrivée à Canberra, Aiden Stait travaille déjà avec Nick Frost ainsi qu’avec l’ancien capitaine des Wallabies Ben Mowen afin de poursuivre sa progression.

Son ambition dépasse largement le simple fait d’intégrer l’effectif.

« Je veux être un vrai deuxième ligne. Je ne veux pas être un deuxième ligne à moitié. »

Le jeune Australien rêve désormais de suivre les traces des internationaux qu’il admirait encore récemment devant sa télévision.

« Quand je repense à ces trois années, je me souviens que je regardais tous les matchs des Wallabies. Je suivais Frosty et tous ces mecs. Assis devant ces rencontres, je me disais qu’un jour, j’espérais que ce serait moi. Je ferai tout ce qu’il faudra pour y parvenir. »

Le simple fait de partager aujourd’hui le terrain avec Nick Frost reste déjà difficile à réaliser.

« Aujourd’hui, simplement m’entraîner avec Frosty est déjà énorme. Il a été formidable avec moi. Cela fait un mois que je suis là, nous travaillons sur ma hauteur de corps et les touches. C’est un moment où l’on se pince. J’ai encore du mal à y croire. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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