« Il y a bien sûr une part de frustration » : Emilien Gailleton n’est pas pleinement satisfait de son Tournoi
« Il y a bien sûr une part de frustration » : Emilien Gailleton n’est pas pleinement satisfait de son Tournoi
Le samedi 21 mars 2026 à 15:46 par David Demri
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Fraîchement sacré avec le XV de France, Émilien Gailleton retrouve le Béarn avec une médaille autour du cou et une faim de loup.
Le jeune centre de la Section Paloise, qui a profité du Tournoi des Six Nations 2026 pour gonfler son palmarès et son temps de jeu international, bascule désormais sur un sprint final haletant en Top 14.
Entre la ferveur tricolore et les ambitions paloises, le talentueux n°13 s’est confié dans Sud-Ouest sur sa nouvelle dimension.
Une hiérarchie mouvante chez les Bleus
Malgré la joie du titre, Émilien Gailleton ne cache pas avoir vécu des moments contrastés durant ces six semaines à Marcoussis. Entre titularisations et passages sur le banc, il analyse sa situation avec une grande maturité, conscient que son retour de blessure à l’épaule a pesé dans la balance.
« Il y a bien sûr une part de frustration liée au fait de ne pas avoir été emmené en Écosse, de ne pas être rentré contre l’Angleterre… Mais je suis quand même très heureux d’avoir cumulé du temps de jeu. Je ne suis pas encore le choix n°1, mais je suis aussi très content vis-à-vis de ces sélections malgré mon retour de blessure à l’épaule », explique le centre palois.
Il reconnaît également avoir bénéficié d’un concours de circonstances favorable pour réintégrer le groupe de Fabien Galthié si rapidement :
« J’ai eu la chance de monter après les blessures des centres bordelais. On ne souhaite jamais le malheur des coéquipiers, mais il faut savoir saisir les opportunités. J’étais super heureux d’être aligné face au pays de Galles et à l’Italie, surtout avec Fabien en premier centre. »
Le duo Brau-Boirie : l’atout maître de la Section
L’un des grands enseignements de ce Tournoi est la montée en puissance de la paire de centres 100% paloise sous le maillot bleu. Pour Gailleton, évoluer aux côtés de Fabien Brau-Boirie est un avantage tactique indéniable qui simplifie la lecture du jeu au plus haut niveau.
« Cela facilite plein de choses en termes d’automatismes. J’ai pas mal changé de fois de premier centre en équipe de France. De pouvoir jouer avec Fabien, que je côtoie au quotidien, est évidemment facilitant. Il fait le plus difficile en gagnant tous ses duels, en passant les bras. C’est un pur bonheur, d’autant que c’est un super mec », s’enthousiasme-t-il.
Interrogé sur la stratégie du sélectionneur de privilégier des paires de clubs, Gailleton reste lucide :
« C’est plus le fruit du hasard, des circonstances. Il a quand même sa hiérarchie en tête. La complémentarité d’équipiers en club doit jouer dans le choix du sélectionneur, mais il y a quand même une hiérarchie établie. » Toutefois, il prévient que rien n’est figé pour l’avenir : « Toutes les cartes sont rebattues à chaque match, Fabien (Galthié) le dit de lui-même. Le fait que beaucoup de joueurs ont accumulé du temps de jeu au poste de n°12 et de 13 peut donner des idées. »
Pas de complexe avant La Rochelle
S’il a savouré le titre samedi soir en vivant « un moment de joie extraordinaire » dans les vestiaires, Émilien Gailleton est déjà tourné vers le défi qui attend Pau ce week-end à Marcel-Deflandre. Si la Section réalise une saison historique, le centre garde les pieds sur terre et refuse de s’enflammer malgré la proximité des sommets du classement.
« Collectivement, c’est la première année où on vise vraiment quelque chose avec la Section, c’est forcément beaucoup plus excitant que les années précédentes. On a un bon groupe, qui vit bien », confie-t-il.
Mais attention à ne pas brûler les étapes :
« Ce serait le piège de voir plus loin par rapport à ce qu’on a. Il faut se concentrer sur le top 6, c’est l’objectif premier. On serait déjà très heureux d’être qualifiés, même si on ne cracherait évidemment pas sur la meilleure des places. Il ne faut pas se voir plus beau que ce qu’on est. »
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