« Il y aura une équipe dans la merde avec nous » : Jean-Noël Spitzer cash avant Perpignan – Vannes

« Il y aura une équipe dans la merde avec nous » : Jean-Noël Spitzer cash avant Perpignan – Vannes

Le jeudi 8 octobre 2026 à 22:05 par David Demri

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Vannes se déplace à Perpignan avec l’ambition de confirmer les progrès entrevus ces dernières semaines. Jean-Noël Spitzer ne masque pas la situation de son équipe : les Bretons savent qu’ils évolueront dans le bas du classement et qu’ils devront rapidement prendre des points à l’extérieur. Mais l’entraîneur Vannetais refuse déjà de désigner l’USAP comme l’unique rival de son équipe. Il reste même convaincu que la dynamique finira prochainement par tourner.

Le point décroché contre Pau a récompensé la réaction spectaculaire des Vannetais, mais Jean-Noël Spitzer regarde surtout la progression de son groupe.

Pour lui, le passage de la Pro D2 au Top 14 impose une adaptation permanente.

« Je sais que tu n’es pas au niveau au début »

Le technicien Breton estime dans Midi Olympique qu’un promu ne peut pas immédiatement posséder toutes les armes nécessaires pour répondre aux exigences de l’élite.

Derrière le discours positif adressé à son groupe, Spitzer livre ainsi une analyse très lucide du chemin à parcourir.

« Non, si on veut avancer, il faut qu’on progresse. Quand tu viens de Pro D2, fatalement, il faut que tu avances dans la saison, que tu t’améliores. Ton niveau de départ ne te permet pas d’être au niveau du Top 14 quand tu entames la saison, ça j’en suis convaincu, même si on essaye d’avoir un discours de façade parfois avec les joueurs pour essayer d’entretenir quand même le côté positif. Je sais que tu n’es pas au niveau au début et qu’il faut le devenir petit à petit le plus vite possible évidemment. »

Et malgré les résultats, quelque chose a changé dans l’esprit de son équipe.

Spitzer situe ce déclic lors de la rencontre face à Toulouse.

Il estime que Vannes est désormais beaucoup plus proche de parvenir à faire basculer ces rencontres de son côté.

« Non, je trouve que ce qui a changé, c’est le match de Toulouse. Je pense que les joueurs ont pris confiance sur ce match-là. Les deux premiers matchs ne sont pas aboutis du tout, on ne mérite pas de gagner, on peut gratter un point peut-être mais à aucun moment nous ne pouvons gagner à Castres ou contre Montpellier, ils nous ont trop dominés dans les secteurs clés. Je suis convaincu qu’on n’en est pas loin, que le match qui arrive, ça va tourner pour nous. Je n’ai pas vraiment de doute par rapport à ça. »

Spitzer se méfie énormément d’Aimé-Giral

Le prochain défi se déroulera à Perpignan.

Spitzer rappelle que l’USAP possède une expérience du Top 14 que son équipe est encore en train d’acquérir. Il redoute surtout la capacité des Catalans à se transcender devant leur public.

Le manager Vannetais insiste notamment sur l’influence que peut avoir Aimé-Giral sur une rencontre.

« Ils sont installés en Top 14, même s’ils sont passés par les access matchs, ils sont restés en Top 14. Donc c’est une équipe qui a l’habitude d’évoluer dans ce championnat-là. C’est une équipe qui pour l’instant, oui, voyage assez mal sur les dernières saisons mais qui arrive à se mobiliser à domicile. Il ne faudra pas créer les conditions de l’euphorie parce que c’est vrai que c’est un stade, un des stades où la pression du public pèse réellement, sur son équipe, sur l’équipe adverse, sur les décisions de l’arbitre. Jamais ce qui s’est passé pour nous à la Rabine ne se passerait dans le même confort pour l’arbitre à Aimé-Giral, j’imagine. Et dans d’autres stades, c’est pareil. Voilà, c’est un peu facile à arbitrer des fois à la Rabine. »

« Il y aura une équipe dans la merde avec nous »

Malgré ce déplacement chez une formation susceptible d’évoluer dans la même partie du classement, Spitzer refuse cependant de présenter Perpignan comme le rival direct de Vannes pour la saison.

À ce stade, il juge beaucoup trop tôt pour savoir quelles équipes seront réellement concernées.

Une certitude demeure néanmoins : Vannes sait parfaitement quel est son statut.

« Non, je ne regarde pas trop ça. Nous, on sera en bas de tableau : tout en bas ou pas tout en bas ! On verra bien à la fin, mais il y aura un concurrent. C’est un peu tôt dans la saison pour le savoir. Je pense que Perpignan fera une meilleure saison que l’année dernière, c’est mon intime conviction. Mais il y aura d’autres équipes. Le Top 14 n’est pas un long fleuve tranquille, on le voit bien avec Toulon, ou bien avec la défaite de Castres dans le derby la semaine dernière.

Il se passera beaucoup de choses. À nous de ne pas tomber dans le piège de la pseudo-crise. Il faut rester focus sur notre performance, on connaît notre statut. Il y aura une équipe, excusez-moi l’expression, mais “dans la merde avec nous”. Peu importe qui c’est. On est toujours l’équipe en bas du tableau. Les choses vont évoluer. »

« Comptablement, il y a une forme d’urgence »

Pour autant, le staff Breton ne minimise absolument pas l’importance des points qui sont déjà en jeu.

Vannes doit commencer à engranger loin de La Rabine.

Spitzer reconnaît donc une certaine urgence comptable avant le déplacement à Perpignan et préfère naturellement prendre des points face à une équipe susceptible d’évoluer dans la deuxième partie du classement.

« Oui, comptablement il y a une forme d’urgence et on en a bien conscience, on n’est pas aveugles, aujourd’hui on ne fera pas l’économie de prendre des points à l’extérieur, le plus vite c’est le mieux. Évidemment, une victoire à Toulouse, ça serait historique, un exploit, mais je préférerais une victoire contre une équipe qui potentiellement sera plus bas dans le classement. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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