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« Ingrat » et « dépendant des autres » : Dorian Aldegheri dit tout sur le calvaire des piliers

« Ingrat » et « dépendant des autres » : Dorian Aldegheri dit tout sur le calvaire des piliers

Le jeudi 19 mars 2026 à 6:00 par David Demri

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Le pilier droit du Stade Toulousain et du XV de France, Dorian Aldegheri, a livré une analyse pleine de franchise et de dérision dans les colonnes du Midi Olympique.

L’international tricolore décrypte la réalité d’un poste souvent mal compris du grand public.

La dépendance au collectif : le revers de la médaille

Pour Aldegheri, le poste de pilier est par essence l’un des plus exposés à la critique, car son efficacité dépend d’une mécanique collective complexe.

Une mêlée qui recule est souvent imputée au premier rideau, alors que les causes peuvent être multiples.

« Disons que le poste de pilier est un des postes les plus ingrats du rugby. Tu es tellement dépendant des autres que quand ça ne va pas cela te retombe souvent dessus », explique-t-il. Malgré ce sentiment d’injustice parfois présent, le Toulousain refuse de se cacher derrière des circonstances atténuantes : « Mais cela ne m’empêche pas de prendre mes responsabilités. Je ne me trouve pas d’excuse. Quand c’est moi, je sais que c’est moi. »

L’art de la déconnexion

Interrogé sur sa méthode pour évacuer la pression et les commentaires parfois acerbes des observateurs, le pilier droit a préféré répondre par une pointe d’humour, soulignant le besoin vital de couper avec l’univers du rugby une fois les crampons rangés.

« Quand il rentre chez lui pour tout oublier ! (rires) Il s’enferme, il change de vie, d’identité, et même de passeport ! »

Une boutade qui cache une réalité du sport de haut niveau : la nécessité de se forger une « bulle » protectrice pour préserver son équilibre mental face à l’exigence du Top 14 et du niveau international.

Pourquoi le poste de pilier est-il jugé « ingrat » ?

Le pilier droit, souvent considéré comme la « poutre » de la mêlée, subit des contraintes physiques et tactiques uniques :

La pression directe : Il doit contenir la poussée du pilier gauche et du talonneur adverse (le « joueur de liaison »).

La solidarité obligatoire : Si sa deuxième ligne ne pousse pas ou si son talonneur décroche, le pilier droit est celui qui subit l’impact visuel de l’effondrement.

Le travail de l’ombre : Contrairement aux marqueurs d’essais, son travail est rarement spectaculaire pour le spectateur non averti, mais il est le garant de la possession du ballon.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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