« J’ai pris cette décision à la fin de Toulon parce que ça devenait la folie » : Les confidences poignantes de Louis Carbonel
« J’ai pris cette décision à la fin de Toulon parce que ça devenait la folie » : Les confidences poignantes de Louis Carbonel
Le vendredi 27 février 2026 à 0:10 par David Demri
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L’ouvreur du Stade-Français Paris, Louis Carbonel s’est longuement confié dans les colonnes du journal L’équipe.
C’est à l’approche de la réception de l’USAP, programmée ce samedi à Jean-Bouin, que le joueur formé au Rugby Club Toulonnais a fait le point sur sa carrière.
Il indique avoir touché le fond en 2024, lors d’un match contre le Rugby Club Toulonnais à Jean-Bouin. Extrait:
Il faut parfois toucher le fond pour comprendre qu’il y a un souci dans notre manière d’appréhender les choses. Quand ça ne va pas, il faut puiser en soi plutôt qu’attendre des autres. Je suis descendu bien bas après le match face à Toulon, en septembre 2024 (3e journée, défaite 10-14 au stade Jean-Bouin). J’ai loupé trois pénalités, dont deux faciles, une aux 30 mètres en face, ce qui ne m’arrive quasiment jamais. On me sort à la mi-temps face à mon club de coeur. J’arrivais au Stade Français avec des choses à prouver après deux saisons à Montpellier où, malgré un contexte compliqué, j’avais tiré mon épingle du jeu…
Ces dernières années, j’avais fait quelques petites dépressions à force d’être trop dur envers moi-même. Il fallait que je change ma manière de percevoir les choses. Personne ne pouvait rien pour moi. Les jours qui ont suivi la défaite face à Toulon ont été très durs mais, trois semaines après, face à Montpellier, j’ai fait gagner mon équipe (5e journée, 29-20). J’ai compris que j’avais de la vulnérabilité mais aussi de la puissance en moi, et un gros caractère. Jusque-là, j’avais toujours tout réussi, je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait. Normalement, plus la pression est forte, plus j’aime ça.
Il ne cache pas préférer la pression des matches disputés à l’extérieur. Extrait:
La pression extérieure, je l’ai toujours adorée, elle me stimule. C’est pour elle que je fais ce sport et que je suis buteur. Ce qui m’a joué des tours, c’est mon ressenti sur le regard des gens, l’estime de moi-même, le poids de mes attentes. Un truc anodin peut me ronger intérieurement. Un mauvais geste, une mauvaise parole, même maladroite plus que foncièrement méchante. Comme si je voulais être parfait, ne déranger personne. Je bosse dessus.
J’ai compris qu’il faut de la bienveillance envers soi-même. Je sais que je peux avoir un gros potentiel, à moi de travailler pour le cultiver. J’essaie d’écouter un peu plus mes intuitions mais j’ai du mal à changer : je pense beaucoup plus aux autres qu’à moi. À Paris, je travaille avec une psy du sport. Le message passe bien. Il m’a fallu du temps car j’étais têtu.
Il confirme consulter un psychologue une à deux fois par mois. Extrait:
Une ou deux fois par mois. J’ai compris le bien-fondé d’identifier mes émotions et de les transformer de manière positive. De ne pas tout garder en moi. J’apprécie le regard de Paul Gustard, qui fait attention à la dimension psychologique du groupe. Le jeudi, on a un atelier avec un psychologue, en collectif ou par petits groupes. On bosse sur le match passé, sur celui qui arrive, ça aide à mieux se connaître.
C’est fou parce que, même si on se voit tout le temps, on ne sait pas vraiment comment pense un partenaire sur le terrain. Là, on le découvre en rigolant avec des exercices anodins et c’est super positif. Tu rentres chez toi, tu te dis : « Ah oui, c’est vrai que lui, il pensait comme ça ».
Au mois de janvier, son manager Paul Gustard disait de lui qu’il était le meilleur ouvreur du Top 14. Il réagit à ce compliment. Extrait:
Je me suis fait charrier par les gars dans le vestiaire. Ce sont eux qui me l’ont appris car j’essaie de me tenir loin des réseaux et je m’en porte beaucoup mieux. J’ai pris cette décision à la fin de Toulon parce que ça devenait la folie.
Ça fait plaisir oui, mais je sais qu’il y a de très bons joueurs à mon poste. Je sais que pour être le meilleur, je dois encore m’améliorer. Sur mon jeu personnel, savoir être plus individuel, amener à mon équipe un peu plus de jeu aussi. Au Stade Français, on a l’habitude de se rassurer sur les fondamentaux plus que sur le jeu. Donc voilà, être plus performant tout court, avec des actions individuelles parce que je pense toujours plus au collectif qu’à ma propre personne.
J’ai besoin de créer, de sentir autour de moi que les gars veulent adhérer à ce jeu. Et c’est surtout ça qui fait que je peux obtenir la quintessence de mon potentiel parce que c’est ce qui me rend heureux.
5 Commentaires


Petit Louis, tu es un bon joueur et un brave garçon!!! Et ta grand-mere est toujours avec toi …
Je suis de tout coeur avec toi, comme beaucoup de Rouge et Noir!!! Avec toute mon amitié.
Au RCT aussi ils auraient bien besoin d’un psychologue ….
Un échange GARBISI/CARBO rêve impossible dû au c.ontrat de longue durée. »Petit louis » a été critiqué à tort ou à raison, mais P.GARBISI,gentil garçon au demeurant ne pèse pas de la même façon sur un match . Personnellement,je regrette son départ.
Je ne sais pas de quoi il s’agit. Il n’a jamais été qu’un joueur moyen.
J’ai toujours regretté son départ
Il s’est senti mal aimé , sans confiance , responsable d’un truc où lui n’avait rien à voir … Ça été un peu pourri cette période et j’en veux un peu à Collazo…
Un pur Toulonnais le fils Carbonel… digne de son père !
Un très très bon 10 qui s’améliore de jours en jours…. Et qui fonctionne à la confiance..
Gustard l’a bien capté ça ….