« J’ai probablement fait n’importe quoi » : l’aveu de Lewis Ludlam sur sa grave blessure
« J’ai probablement fait n’importe quoi » : l’aveu de Lewis Ludlam sur sa grave blessure
Le samedi 12 septembre 2026 à 7:30 par David Demri
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Éloigné des terrains depuis sa luxation de l’épaule gauche survenue au mois de mars, Lewis Ludlam doit retrouver la compétition ce samedi contre La Rochelle. Le troisième ligne du Rugby Club Toulonnais raconte une blessure beaucoup plus grave qu’il ne l’avait initialement imaginé.
Tout semblait pourtant presque anodin au départ. Touché en inscrivant un essai contre Perpignan, l’international anglais pensait pouvoir reprendre le rugby après seulement trois ou quatre semaines. Sa convalescence aura finalement duré près de cinq mois.
Une blessure survenue en marquant un essai
Lewis Ludlam s’est blessé le 28 mars au moment d’aplatir dans l’en-but catalan. Son bras gauche s’est retrouvé dans une position particulièrement dangereuse.
Le troisième ligne raconte précisément dans Var-matin le geste à l’origine de sa luxation :
« J’avais le ballon dans la main gauche, et au moment d’aplatir, mon épaule est prise en porte-à-faux. Tout de suite, je sens qu’elle se disloque. Là, les docteurs me disent qu’ils ne peuvent pas la remboîter, et qu’il faut aller à l’hôpital. Et c’est parce qu’elle est restée en mauvaise position pendant près d’une heure que j’ai ensuite eu un problème au niveau d’un nerf. »
Avec humour, le Toulonnais préfère désormais retenir le caractère improbable de cette blessure.
Ludlam s’amuse d’avoir résisté aux nombreux combats de sa saison avant de se blesser en marquant :
« On fait deux cents plaquages par saison, on charge des adversaires de 120 kg vingt fois par match, et moi je me blesse en marquant. C’est la faute à pas de chance. »
Des ligaments arrachés et un nerf touché
Les examens médicaux ont rapidement révélé que cette luxation était loin d’être bénigne. Les dégâts imposaient une intervention et une longue période de rééducation.
Lewis Ludlam a découvert une épaule très sérieusement endommagée :
« Tout était arraché. Il a fallu rattacher les ligaments. J’ai également eu un problème au nerf. »
Le joueur de 30 ans était pourtant persuadé qu’il pourrait rapidement retrouver ses partenaires.
Son premier diagnostic personnel était beaucoup plus optimiste :
« En général quand tu te luxes l’épaule, le kiné te la remet en place et tu peux finir le match. J’imaginais donc manquer trois ou quatre semaines de compétition. »
Ludlam reconnaît avoir voulu aller trop vite
Dès le lendemain de sa blessure, Lewis Ludlam a tenté de tester son bras et d’accélérer sa récupération. Une réaction qu’il regrette aujourd’hui, car elle a probablement aggravé son état.
L’Anglais admet avoir eu beaucoup de mal à accepter la durée réelle de son indisponibilité :
« Je n’ai pas vraiment réalisé. Dès le lendemain de ma blessure, j’ai essayé d’en faire le maximum pour revenir tôt. J’ai probablement fait un peu n’importe quoi en tentant de bouger le bras pour me dire : “C’est bon, je peux déjà faire ça, dans cinq jours je peux jouer”. Et j’ai certainement aggravé mon cas. J’aurais dû accepter plus vite la blessure. »
Les membres du secteur médical du RCT ont finalement dû intervenir pour freiner leur joueur.
Les kinés lui ont demandé de respecter le rythme imposé par son corps :
« À un moment, les kinés m’ont dit : “C’est bon Lewis, arrête, prends du repos, tu n’iras pas plus vite que la blessure”. »
Habitué à travailler davantage pour progresser, Ludlam s’est retrouvé confronté à une situation totalement nouvelle.
Pour la première fois, les efforts supplémentaires ne pouvaient plus accélérer son retour :
« C’est la première fois de ma vie que je ne peux pas faire d’extras. Sur le terrain, si tu donnes un peu plus, tu aides l’équipe. Si tu t’entraînes un peu plus, tu progresses. Là, il ne fallait rien faire du tout et attendre. C’était difficile. Vraiment. »
Après cinq mois de patience et de rééducation, Lewis Ludlam est désormais prêt à retrouver le Top 14 sous le maillot du RCT face au Stade Rochelais.

