« Jamais porté à notre connaissance » : un nouvel élément intrigue dans l’affaire Medhi Narjissi
« Jamais porté à notre connaissance » : un nouvel élément intrigue dans l’affaire Medhi Narjissi
Le vendredi 9 octobre 2026 à 8:00 par David Demri
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L’annulation par le tribunal administratif de Bordeaux de la suspension infligée à Stéphane Cambos a provoqué une vive incompréhension chez les parents de Medhi Narjissi et leurs avocats.
Plus que la décision elle-même, c’est un élément figurant dans la motivation du jugement qui les interpelle : selon celui-ci, une consigne excluant toute baignade à Dias Beach aurait été donnée à l’arrivée des joueurs. Or, selon l’avocat de la famille, cette mise en garde n’aurait jamais été évoquée dans les déclarations recueillies dans le cadre des enquêtes pénale et administrative.
Stéphane Cambos était le manager des U18 au moment de la disparition de Medhi Narjissi, le 7 août 2024 à Dias Beach, en Afrique du Sud.
En 2025, le ministère de l’Éducation lui avait infligé une suspension de fonctions de deux ans, dont un an ferme, pour une « négligence fautive ». Cette sanction vient d’être annulée par le tribunal administratif de Bordeaux.
Mais un autre aspect du jugement concentre désormais l’attention de la famille Narjissi.
Une annonce au micro qui interroge
Dans le volet pénal de l’affaire, Stéphane Cambos, Robin Ladauge, qui était préparateur physique des U18, ainsi que la FFR ont été mis en examen pour homicide involontaire.
Les parties civiles affirment aujourd’hui avoir découvert dans le jugement administratif un élément dont elles disent ne jamais avoir eu connaissance auparavant.
Selon le jugement, Frédéric Plachesi, le voyagiste, aurait pris le micro à l’arrivée du bus au cap de Bonne-Espérance afin d’exclure toute activité de baignade à Dias Beach, et ce à la demande de Stéphane Cambos.
Me Édouard Martial, avocat de Jalil et Valérie Narjissi, insiste d’abord sur le fait que les parties civiles ne participaient pas à la procédure administrative opposant Stéphane Cambos à son ministère. Des propos rapportés par Sud-Ouest :
« D’abord, précisons que du côté des avocats des parties civiles, Me Colin et moi-même, nous ne sommes pas parties prenantes de cette procédure qui oppose Stéphane Cambos à son ministère de tutelle. »
Mais c’est la suite de la décision qui les a particulièrement surpris.
« Nous, on a toutes les déclarations »
Selon Me Martial, cette annonce au micro n’apparaîtrait dans aucune des déclarations dont disposent les parties civiles dans le cadre des enquêtes.
L’avocat explique pourquoi cet élément nouveau les interpelle autant.
« Mais la lecture du jugement nous a, il est vrai, fait sursauter puisqu’il s’appuie sur un fait qui n’a jamais été porté à notre connaissance ni à celui du juge d’instruction. Je parle ici du fait que, selon le jugement, Frédéric Plachesi, le voyagiste, aurait pris le micro, à l’arrivée du bus des joueurs au cap de Bonne-Espérance, pour exclure toute activité de baignade à Dias Beach. Et ceci à la demande de Stéphane Cambos. »
Il poursuit en soulignant le décalage qu’il estime constater avec les éléments déjà recueillis.
« On est totalement sur le reculoir puisque nous, on a toutes les déclarations qui ont été faites dans le cadre de l’enquête pénale et administrative, celles des enfants, des différents encadrants, y compris Frédéric Plachesi, Robin Ladauge et Stéphane Cambos lui-même, qui n’ont jamais parlé de cette mise en garde. »
« Ou il y a une dissimulation, ou on a été imprudent »
Pour les parties civiles, la question est d’autant plus importante que cette éventuelle consigne pourrait avoir des conséquences sur l’interprétation des responsabilités autour de la séance de récupération en eau froide.
Me Martial considère également que ce nouvel élément renforce, à ses yeux, l’intérêt d’entendre le voyagiste dans le cadre de l’instruction. Cette demande a pour l’heure été rejetée par le juge, et un recours a été porté devant la chambre de l’instruction.
L’avocat de la famille avance plusieurs hypothèses, sans présenter aucune d’entre elles comme établie.
« Ou il y a une dissimulation, ou on a été imprudent, ou on se sert d’un élément qui n’a jamais été discuté contradictoirement. »
Il soulève également une dernière interrogation concernant l’enquête interne menée après le drame.
« Y a-t-il une autre version du rapport de Jean-Marc Béderède, qui avait été envoyé en Afrique du Sud par la FFR pour mener une enquête interne ? Nous ne voulons pas y croire mais cela mérite des éclaircissements. »
Face à ces interrogations, Jalil Narjissi, le père de Medhi, a écrit au ministère de l’Éducation afin de lui demander de faire appel du jugement rendu par le tribunal administratif de Bordeaux.

