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« J’attends de voir si cette vague tricolore saura rester haute » : Richard Dourthe lance un défi aux Bleus

« J’attends de voir si cette vague tricolore saura rester haute » : Richard Dourthe lance un défi aux Bleus

Le mercredi 18 février 2026 à 0:31 par David Demri

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Dans l’intensité galloise, face à une nation blessée mais fière, les hommes de Fabien Galthié ont livré bien plus qu’une démonstration chiffrée.

Ils ont imposé une autorité nouvelle, méthodique, presque froide, celle des grandes équipes qui n’excusent plus les faiblesses adverses. Une performance qui dépasse le cadre du match et réveille, chez Richard Dourthe, des souvenirs lourds de symboles, entre fantômes du passé gallois et présent tricolore assumé.

Une chronique lucide, intime, sans indulgence, qui interroge ce que la France est devenue… et ce qu’elle ose désormais être.

Voici la chronique de Richard Dourthe via Midi Olympique :

« Je m’attarde peut-être trop sur le versant invisible de la démonstration tricolore à Cardiff. Après match, je retiens aussi beaucoup trop ce que certains préféreraient oublier. Et pourtant, j’éprouve une peine immense en observant ce rugby gallois. Mis à part du courage, des tripes et parfois, les cannes de Louis Rees-Zammit, il ne reste plus grand-chose du grand pays des Galles. Qu’ont-ils montré, ces Diables Rouges, si ce n’est quelques chandelles montées sur Theo Attissogbe et Louis Bielle-Biarrey, lesquels les ont alors toutes captées avec appétit ? Pas grand-chose, j’ai peur.

Moi, j’y ai joué, à Cardiff. J’y ai même pris de telles beignes que de retour au château Ricard, le dimanche soir, on se demandait souvent si nous n’avions pas affronté un pays tout entier. Parmi ces quelques fessées, je me souviens surtout de celle survenue à l’été 1999, alors que nous préparions la Coupe du monde au Royaume-Uni. Au Millennium, Neil Jenkins, sa trogne impayable et son pied droit diabolique nous avaient passé vingt-neuf points. Au milieu du terrain, le cubique Scott Gibbs m’avait fait un mal de chien quand le monumental Scott Quinnell soulevait le stade dès qu’il s’emparait du ballon. Vingt ans plus tard, il ne subsiste que l’ombre de ce pays de Galles-là. Des joueurs généreux, sans doute, mais une nation en attente, suspendue à l’espoir que les moins de 20 ans locaux – tout aussi bons que nos Bleus samedi soir, à l’Arms Park – viennent refermer cette sombre parenthèse.

Julien Marchand, le leader de combat

Dès lors, que retenir de cette démonstration tricolore face à une équipe aussi diminuée ? Que le XV de France, peut-être, sait désormais se comporter en patron. Qu’il n’a plus peur de punir les faibles et qu’il ose frapper les plus petits gabarits jusqu’à la nausée, comme il le fait depuis toujours les Springboks ou les All Blacks. À Cardiff, les hommes de Fabien Galthié ont ainsi signé un match sérieux, appliqué, méthodique. Ils ont surtout sauté à la gorge des Gallois dès le coup d’envoi. 19-0 après vingt minutes, bonus offensif sécurisé avant même la pause : à ce niveau-là, ce n’est plus une entame, c’est une mise au pas.

Devant ma télévision, j’ai savouré. Les coups de reins et la vista d’Antoine Dupont, capable d’accélérer le temps quand les autres le subissent. L’engagement de Fabien Brau-Boirie au milieu du terrain. Les charges répétées de Mickaël Guillard, intouchable depuis quinze jours. La générosité de Julien Marchand dans le combat au sol. Et puis, ce phénomène qu’est Louis Bielle-Biarrey : altruiste, lucide et plus que jamais, l’homme le plus rapide du circuit international. Oui, j’ai pris du plaisir. Beaucoup. Mais maintenant, j’attends. J’attends Édimbourg. J’attends de voir si cette vague tricolore saura rester haute quand le vent se lèvera vraiment. Les grandes équipes ne se contentent pas d’écraser des géants déchus ; elles valident dans les matchs qui comptent. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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