« J’avais peur de ne plus sentir mes jambes » : le terrible calvaire de Régis Montagne

« J’avais peur de ne plus sentir mes jambes » : le terrible calvaire de Régis Montagne

Le mercredi 15 juillet 2026 à 9:09 par David Demri

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Samedi, Régis Montagne devrait retrouver une place de titulaire avec le XV de France face au Japon. Une récompense qui aurait pourtant semblé inimaginable il y a encore quelques mois.

Touché par une hernie cervicale au pire moment de la saison, le pilier de l’ASM Clermont a traversé une période particulièrement éprouvante, allant jusqu’à craindre pour la suite de sa carrière.

Une blessure qui a tout bouleversé

Le calvaire de Régis Montagne a débuté juste avant le rassemblement du XV de France en novembre dernier.

Le pilier clermontois raconte pour Midi Olympique comment tout a commencé :

« Juste avant le rassemblement pour les tests de novembre, je m’étais blessé contre Castres. J’avais joué une petite vingtaine de minutes et, dès la première mêlée, j’avais senti un point dans le dos.

Sur le coup, je me suis dit que c’était une crampe. Le lendemain, la douleur était toujours là. Il faut savoir qu’à chaque fois que je dois partir en équipe de France, il m’arrive une tuile. Ma mère m’avait dit : « Tu as un chat noir, c’est pas possible… » »

Malgré la douleur, Régis Montagne rejoint Marcoussis, où son état continue de se dégrader.

Il poursuit :

« Le dimanche à Marcoussis, ça ne passait pas. J’étais en chambre avec Babé (Massa) et je lui avais dit : « Ça va pas, j’ai encore mal, je vais essayer mais je ne suis pas sûr ». Plus les jours passaient, plus ça se dégradait. Je perdais même de la force dans le bras. »

Le diagnostic tombe alors : une hernie cervicale.

Grâce au travail du staff médical, le pilier parvient malgré tout à disputer les trois rencontres de la tournée d’automne.

Il rend hommage à ceux qui l’ont accompagné :

« Le staff médical a réussi à me mettre dans les meilleures conditions. Avec Bruno Boussagol, on a passé énormément de temps ensemble à bosser pour libérer le nerf. C’est pour ça que je n’ai pas été renvoyé d’ailleurs, et j’ai enchaîné les trois matches. Même si à un entraînement près, j’aurais pu rentrer à la maison. »

« Je voulais que ça s’arrête »

Mais quelques semaines plus tard, les douleurs reviennent avec encore plus d’intensité.

Après le Tournoi des Six Nations, Régis Montagne comprend qu’il ne pourra plus éviter l’opération.

Il se souvient de ce moment où tout a basculé :

« J’ai été rappelé pour le Tournoi et, après le match de l’Italie, je passe 24e. En rentrant à Clermont, je m’entraîne le mardi. On fait beaucoup de mêlées le matin, le point dans le dos revient mais sans plus. L’après-midi, on part en musculation. C’est là que j’ai senti un pic de douleur… et d’un coup, plus rien. Comme si toutes les lumières s’étaient éteintes.

La nuit qui a suivi, je me suis réveillé vers 2 heures du matin. Impossible de me rendormir. Ma rotation de cou faisait à peine deux centimètres. C’est là que j’ai dit au doc : « Franchement, je suis prêt à me faire opérer, je veux que ça cesse, j’en ai marre ». »

L’intervention chirurgicale suscite alors une immense inquiétude.

Le Clermontois confie avoir craint le pire :

« J’ai stressé car j’avais peur de l’après. Du genre : « quand je me réveille, est-ce que je sentirai encore mes jambes ? ». Si on m’avait dit demain que je ne pouvais plus jouer au rugby, j’aurais été dégoûté, c’est comme une première mort, mais la vie ne s’arrête pas là, il y a des choses bien plus graves. »

L’opération se déroule finalement parfaitement.

Après une rééducation volontairement prolongée d’un mois supplémentaire, Régis Montagne retrouve progressivement les terrains.

Quelques mois plus tard, il dispute un test-match contre les All Blacks en Nouvelle-Zélande.

Un retour qu’il savoure pleinement :

« Après mon opération, je voulais juste rejouer au rugby. Alors, se retrouver à préparer un match face aux All Blacks un an après tout ça… Je me suis dit : « Ça y est, un an après, je suis de retour ». C’était monstrueux. À chaque fois qu’on bossait dur et que j’en chiais, je me disais que ça paierait un jour. »

Samedi face au Japon, Régis Montagne devrait retrouver une place de titulaire. Une titularisation qui aura forcément une saveur particulière pour un joueur revenu de très loin.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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