« Je fais souvent partie des mecs qui sont le plus hauts en termes de stats GPS, et je suis très souvent mal noté dans les médias »
« Je fais souvent partie des mecs qui sont le plus hauts en termes de stats GPS, et je suis très souvent mal noté dans les médias »
Le vendredi 15 mai 2026 à 23:01 par David Demri
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Le rugby professionnel moderne ne laisse plus rien au hasard.
Aujourd’hui, chaque course, chaque plaquage, chaque accélération ou presque est analysé, disséqué et transformé en données. Entre les GPS glissés dans le dos des joueurs, les drones, les analystes vidéo, les logiciels ultra-poussés et même les protège-dents connectés, les statistiques ont envahi le quotidien des clubs du Top 14.
Mais cette avalanche de chiffres influence-t-elle réellement les joueurs au point d’en devenir une obsession ?
Le journal L’équipe fait le point sur la situation.
Des milliers de données après chaque match
Dans le rugby actuel, tout est mesuré.
Possession, occupation, mètres parcourus, accélérations, courses à haute intensité, plaquages manqués, duels aériens, vitesse de replacement, efficacité en mêlée ou encore temps de retour après un ruck : les staffs disposent désormais d’une quantité gigantesque d’informations après chaque rencontre.
Le manager montpelliérain Joan Caudullo confirme cette évolution totale du rugby moderne :
« Tous les joueurs aujourd’hui sont familiers de ces données. Aujourd’hui, dès le centre de formation, on éduque les joueurs aux données et à leur signification. »
« Quand tu sors du match, tu sais déjà ce qui n’a pas été »
Pour autant, les joueurs ne vivent pas forcément avec leurs statistiques en permanence dans la tête.
L’ouvreur du MHR Domingo Miotti explique même qu’il n’a pas besoin des chiffres pour savoir lorsqu’il a raté son match :
« Généralement, quand tu sors du match, tu sais ce qui n’a pas été, c’est rare d’avoir besoin des stats pour te le confirmer. »
Le joueur argentin reconnaît surtout s’intéresser rapidement aux aspects collectifs :
« J’ai très vite envie de revoir des aspects collectifs du match, des séquences de jeu, des lancements, des placements en défense. Mes stats, elles passent bien après… »
Certaines données deviennent incontournables
Même si les joueurs refusent d’en devenir prisonniers, certaines statistiques restent aujourd’hui capitales dans l’évaluation des performances.
Le Rochelais Reda Wardi admet ainsi regarder de très près certains secteurs précis :
« À mon poste, des pénalités concédées en mêlée ou des plaquages ratés, tu n’en veux pas. »
Avant de préciser :
« Les datas peuvent nous aider. Si je vois que je n’ai pas été trop performant sur un secteur, j’essaie de faire un focus dessus la semaine suivante… »
Les chiffres peuvent parfois tromper
Mais dans un sport aussi collectif que le rugby, les statistiques brutes ne racontent pas toujours toute l’histoire.
Le centre rochelais Adrien Séguret explique que certaines données peuvent même donner une vision totalement différente du ressenti vécu sur le terrain :
« Il y a des matches où souvent, tu as l’impression que ç’a beaucoup couru et que ç’a été dur alors que les stats GPS te disent le contraire. »
À l’inverse, certains matches paraissent moins exigeants alors que les chiffres révèlent une énorme activité physique.
« Je suis souvent très haut en GPS mais mal noté »
Adrien Séguret évoque également une frustration partagée par de nombreux joueurs : la différence entre les statistiques internes et les notes attribuées publiquement :
« Je fais souvent partie des mecs qui sont le plus hauts en termes de stats GPS, et je suis très souvent mal noté dans les médias. C’est quelque chose qui peut m’énerver. »
Car certaines actions jugées négativement sur le papier peuvent en réalité répondre à une consigne collective précise.
La nouvelle génération ultra-connectée
Cette culture des données touche particulièrement les jeunes joueurs. Le Bordelais Hugo Reus en est l’exemple parfait.
Le champion du monde U20 a même acheté personnellement une licence SportsCode, un logiciel professionnel utilisé par les clubs pour analyser les matches.
Après chaque rencontre, le demi d’ouverture passe jusqu’à une heure à revoir ses séquences afin de mieux comprendre sa performance.
Une nouvelle manière de travailler qui symbolise parfaitement l’évolution du rugby moderne.
Un rugby toujours plus scientifique
Aujourd’hui, les staffs analysent même le temps qu’un joueur met à se relever après être passé au sol.
À Montpellier, les entraîneurs souhaitent par exemple que ce délai reste inférieur à trois secondes dans la majorité des situations.
L’objectif est simple : mesurer l’activité réelle d’un joueur, bien au-delà du simple ballon porté ou des essais inscrits.
Pour Joan Caudullo, ces outils servent avant tout à faire progresser les joueurs individuellement :
« Cette génération a besoin de comprendre les choses. »
Avant de conclure :
« Les entretiens individuels sont super importants pour déterminer ce qu’on attend d’eux et ça peut passer par l’utilisation des données. »
2 Commentaires


avoir de l’instinct sur une situation , savoir fixer en jouant un deux contre un , savoir faire une passe , ne pas faire le mettre de trop et donner ton ballon , ne pas jouer au pied quand tu as un 4 contre 3 grand coté , enfin jouer au rugby cela devient secondaire alors ?
Pas du tout, c’est même l’essentiel, les bases de ce jeu. Néanmoins, les données sont là pour faire évoluer le joueur sur des points spécifiques qui ont besoin d’être mesurer, d’ailleurs, il sont pour la plupart demandeurs et très curieux des stats les concernant et de la DATA en général. Le rugby moderne.