« Je ne pourrai jamais passer à un degré supérieur de souffrance » : la veuve de Federico Martin-Aramburu témoigne
« Je ne pourrai jamais passer à un degré supérieur de souffrance » : la veuve de Federico Martin-Aramburu témoigne
Le samedi 19 septembre 2026 à 8:45 par David Demri
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Maria, la veuve de Federico Martin-Aramburu, a pris la parole ce vendredi après-midi pour la première fois depuis l’ouverture du procès. Un témoignage particulièrement éprouvant durant lequel elle a raconté le traumatisme vécu par leurs trois enfants, les dernières nouvelles reçues de son mari et le matin où elle a appris sa mort.
Avant son audition, la cour avait entendu un homme incarcéré à Fleury-Mérogis en même temps que Loïk Le Priol en 2023. Mais lorsque Maria Aramburu s’est avancée à la barre, son témoignage a replacé au centre des débats les conséquences de la mort de Federico Martin-Aramburu sur sa famille.
« Une douleur qui les suivra toute leur vie »
Maria Aramburu commence par parler de son mari, avant de ramener immédiatement l’attention sur leurs trois enfants.
Elle veut rappeler à la cour que leur enfance a elle aussi été profondément bouleversée. Des propos rapportés par Midi Olympique :
« Je pourrais parler de Federico pendant deux heures. Je tiens à rappeler à tous ces gens l’existence de mes trois enfants, qui ont eux aussi vécu un traumatisme après la mort de leur père. »
L’émotion devient alors particulièrement forte. Maria s’effondre en évoquant l’âge de ses enfants au moment des faits et une souffrance qui continue d’évoluer avec eux.
Pour elle, leur traumatisme ne s’est pas arrêté au jour de la mort de leur père :
« Ils avaient dix, huit et deux ans au moment des faits. C’est pour eux une douleur qui n’est pas figée au 19 mars 2022. C’est une douleur qui les suivra toute leur vie, une douleur vivante et évolutive. »
Santiago n’avait que deux ans. Dans un premier temps, il parlait d’un accident de voiture, puis de « méchants » ayant fait du mal à son père. À sept ans aujourd’hui, il sait désormais que son père a été assassiné.
Maria explique également avoir tenté différentes thérapies avec ses deux filles. Une épreuve rendue encore plus difficile par la diffusion sur les réseaux sociaux des images de vidéosurveillance.
Présente au procès, elle explique ne pas avoir pu protéger ses enfants de ces images :
« Vis-à-vis de ça, je ne pouvais pas les protéger puisque j’étais ici. »
« Aucune décision de justice ne me rendra mon mari »
Maria Aramburu revient ensuite sur Federico et sur la dernière photo qu’il lui avait envoyée.
Il s’agissait d’un selfie, le poing levé. Federico était heureux : son agence de voyages Esprit Basque venait d’être agréée pour la Coupe du monde de rugby.
À quelques jours du délibéré, sa veuve ne se fait aucune illusion sur ce que la justice peut réparer.
Elle sait qu’aucune décision ne pourra lui rendre celui qu’elle a perdu :
« Aucune décision de justice ne me rendra mon mari et le père de mes enfants. »
Elle attend néanmoins beaucoup du verdict à venir pour elle et ses enfants.
Maria Aramburu formule un souhait devant la cour :
« J’espère qu’il y aura de la bonne foi pour chercher la vérité et nous rendre une décision qui nous apaisera. »
Le matin où elle apprend la mort de Federico
À la demande de l’avocat général, Maria accepte ensuite de revenir sur le matin où elle a appris la mort de son mari.
Santiago s’était réveillé particulièrement tôt. Elle lui avait mis un dessin animé avant de s’allonger sur le canapé.
Maria raconte les minutes précédant l’annonce :
« Santiago s’était réveillé très tôt, ce jour-là. À 5 h 30, je crois. J’ai mis un dessin animé, il regardait la télé et je m’étais allongée sur le canapé. Quand j’ai ouvert les volets roulants, j’ai aperçu Miren, la femme de Shaun Hegarty. »
Elle comprend rapidement que quelque chose de grave vient de se produire.
Quelques questions suffisent alors pour que sa vie bascule :
« J’ai demandé s’il était à l’hôpital ? Elle a dit non. J’ai demandé s’il était vivant. Elle m’a dit non. Puis je suis tombée au sol et après ça, j’ai vomi dans les toilettes. »
« Le pire moment, c’est quand mes filles se sont réveillées »
Maria doit ensuite affronter un autre moment : le réveil de ses filles et la nécessité de leur annoncer la mort de leur père.
Dans le box, Romain Bouvier écoute son témoignage tandis que Loïk Le Priol apparaît replié sur lui-même.
Pour Maria Aramburu, aucun autre moment ne pourra dépasser celui vécu avec ses enfants ce matin-là :
« Le pire moment, c’est quand mes filles se sont réveillées. Je ne pourrai jamais passer à un degré supérieur de souffrance. »

