« Je ne sais pas si elle a été faite pour Toulouse » : Ugo Mola s’interroge sur la nouvelle règle qui va faire très mal à son club



« Je ne sais pas si elle a été faite pour Toulouse » : Ugo Mola s’interroge sur la nouvelle règle qui va faire très mal à son club

Le lundi 31 août 2026 à 11:19 par David Demri

Publicité

Les départs programmés de Thomas Ramos et François Cros ont relancé les interrogations sur la politique contractuelle du Stade Toulousain, notamment envers ses joueurs approchant ou dépassant la trentaine.

Ugo Mola ne nie pas l’existence de propositions à la baisse. Mais le manager replace ces décisions dans une équation beaucoup plus vaste : celle d’un salary cap dont les règles vont évoluer et qui devrait réduire considérablement la marge de manœuvre du club.

Pour comprendre le problème, Mola commence par rappeler le fonctionnement actuel. Pour la saison 2026-2027, le salary cap s’élève à 11 millions d’euros, auxquels peuvent s’ajouter des crédits liés aux internationaux.

Un plafond de 13,8 millions actuellement pour Toulouse

Avec le nombre considérable d’internationaux présents dans son effectif, le Stade Toulousain bénéficie actuellement d’une majoration importante.

Mais cette enveloppe ne constitue pas de l’argent versé au club : elle correspond à une masse salariale supplémentaire que Toulouse est autorisé à financer avec ses propres ressources.

Dans Midi Olympique, Ugo Mola détaille précisément la situation actuelle :

« Il faut raisonner en globalité. Le contenant mis à disposition, qu’on appelle salary cap, est de 11 millions d’euros pour la saison 2026-2027, majoré de 180 000 euros par international, et de 100 000 euros pour un international à 7. Pour le Stade toulousain, cela représente un plafond de 13,8 millions de masse salariale pour les 37 joueurs professionnels et les 30 joueurs du centre de formation. Mais ce plafond n’est que celui de 2026-2027. »

Et c’est précisément là que se situe le problème.

À compter de la saison 2027-2028, le mécanisme des crédits internationaux doit évoluer. Ceux-ci deviendront notamment dégressifs et plafonnés.

Une modification que Toulouse doit intégrer dès maintenant lorsqu’il négocie des contrats portant sur plusieurs saisons.

Mola explique que cette évolution a directement pesé dans les dossiers Ramos et Cros :

« Le plafond de 2027-2028 sera effectivement impacté par la nouvelle règle qui instaure une minoration de ces crédits sur deux axes. D’abord parce qu’ils seront dorénavant dégressifs, ensuite parce qu’ils seront plafonnés. Concrètement, si un club dispose de 15 internationaux, le crédit -donc le supplément de salary cap autorisé- pour chacun sera de 100 000 € en moyenne, contre 180 000 actuellement.

Pour tout nouveau contrat allant au-delà de la saison 2026-2027, on est amené à prendre en compte cette nouvelle règle, donc à anticiper la baisse du salary cap. C’était vrai pour Thomas Ramos ou François Cros, et pour les autres à venir, puisqu’ils sont signés sur plusieurs années. C’est de l’arithmétique : si on reste dans la même proportion d’internationaux après la Coupe du monde, il faudra faire avec un million d’euros de masse salariale autorisée en moins. »

Le chiffre est considérable : à proportion d’internationaux comparable, Toulouse devrait donc composer avec environ un million d’euros de masse salariale autorisée en moins.

« Je ne sais pas si elle a été faite pour le Stade Toulousain »

La situation reste néanmoins complexe puisque personne ne peut garantir à Toulouse qu’il conservera quinze internationaux français.

Les sélections dépendent évidemment du choix du sélectionneur. Mais la nouvelle formule a précisément été conçue pour réduire progressivement l’avantage accordé aux clubs fournissant beaucoup d’internationaux.

Et Ugo Mola constate que Toulouse est actuellement le premier concerné.

Le manager ne cache d’ailleurs pas son interrogation sur les conséquences de cette réforme :

« Rien ne m’assure qu’il y aura toujours quinze internationaux toulousains. Ce n’est pas le Stade toulousain qui décide. Ce choix appartient au sélectionneur. S’il n’en prend que trois, il y a un outil de pondération pour passer de quinze à trois. Mais la ligne repensée par la nouvelle direction de la Ligue Nationale de Rugby, c’est qu’après huit internationaux, le système est devenu suffisamment dégressif pour qu’il n’y ait plus d’avantage à en avoir beaucoup dans son effectif.

C’est la règle, je ne sais pas si elle a été faite pour le Stade toulousain mais c’est le seul club impacté aujourd’hui. Je constate simplement que, toutes choses égales par ailleurs, nos crédits internationaux seront de 100 000 € en moyenne par joueur concerné, contre 180 000 € pour un club comptant cinq internationaux, et plus de 400 000 € pour un club en réunissant deux. Demain, d’autres en connaîtront peut-être les effets. Je vois que Pau et Bordeaux ont beaucoup d’internationaux, que Montpellier commence à en avoir, que Toulon en a quelques-uns. Plus il y aura de clubs avec des internationaux, plus on peut considérer qu’ils seront davantage répartis et que Toulouse en sera moins impacté. Parce que j’entends ici et là parler du “privilège” qui serait le nôtre… »

Pour Mola, qualifier ces crédits de « privilège » ne reflète justement pas la réalité économique supportée par le club.

Sept doublons cette saison, neuf avant même le Tournoi en 2027-2028

Toulouse ne choisit pas d’avoir quinze joueurs retenus par le XV de France. Et ces absences obligent parallèlement le club à construire un effectif suffisamment profond pour continuer à disputer le Top 14 durant les périodes internationales.

Mola rappelle également que plus des deux tiers des internationaux concernés ont été formés par Toulouse :

« Les quinze internationaux français de la saison à venir, ce n’est pas nous qui décidons. C’est un calcul lié au nombre de mises à disposition, avec une liste de 45 joueurs qui permettent un crédit. Ce n’est pas de l’argent qu’on nous donne mais qu’on nous autorise à dépenser, sur les recettes que le club doit générer. Je rappelle que, sur ces 15 internationaux, plus de deux tiers sortent de notre formation. On va me parler de Jelonch, Colombe ou Barassi qu’on a recrutés ; moins de Baille, Aldegheri, Ramos, Mauvaka, Gourgues, Marchand, etc… On en arrive à une vraie dichotomie. »

Cette dichotomie tient également à la valeur prise par un joueur lorsqu’il devient international. Ses performances entraînent logiquement une revalorisation salariale, alors même que son absence oblige son club à disposer d’autres joueurs capables de le remplacer.

Ugo Mola développe longuement cette double contrainte :

« Quand il est international, un joueur ne va pas voir le club avec son agent pour dire : “J’ai réfléchi, je vais toucher un peu moins.” Il est au contraire et logiquement en quête d’une valorisation financière, au regard de ses performances. S’il est international, c’est qu’il est performant en club, donc son contrat doit être en phase avec cette réalité. À cela s’ajoute que la présence d’internationaux vous oblige à des recrutements en conséquence pour pouvoir jouer les doublons.

Dans les années 2000, un ou deux doublons avaient été créés. Sur le calendrier de cette saison, entre les vrais et les faux, on sera à sept doublons, sans parler de vacances, de gestion, de la liste expérimentale du XV de France… Pour la saison de Coupe du monde, en 2027-2028, on n’aura pas commencé le Tournoi des 6 Nations qu’il y aura eu neuf doublons. En compensation de la mobilisation des internationaux au service de l’équipe de France, la LNR verse des indemnités qui, en moyenne et tous les éléments pris en compte comme les blessures, ne compensent même pas la charge qu’ils représentent pour le club pendant ces périodes. Il est donc fondamental que le club soit en bonne santé financière pour pouvoir rémunérer ceux qui joueront pendant ces périodes, toujours plus longues, mais aussi que le salary cap soit augmenté en conséquence. Si ce n’est pas le cas, l’équation devient très difficile, sinon impossible à résoudre. »

Pour Ugo Mola, les propositions contractuelles formulées actuellement par Toulouse ne peuvent donc pas être analysées indépendamment de cette évolution.

Le club doit négocier aujourd’hui des contrats qui s’appliqueront demain avec des règles différentes et, potentiellement, près d’un million d’euros de marge salariale autorisée en moins.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
Ne ratez plus aucune actu rugby
Suivre Blog RCT sur Google

4 Commentaires

  1. JeanmarcMourillon 31 août 2026 at 11h- Répondre

    ouin ouin ouin paranoïa….

    J'aime 16
    J'aime pas 13
  2. Sebs 31 août 2026 at 12h- Répondre

    Évidement que vous avez été privilégiés arrête de faire comme ci ce n’était pas le cas!!!! Et comme toutes les équipes qui dominent les règles sont là pour équilibrer le championnat donc non tu n’es pas persécuté

    J'aime 2
    J'aime pas 3
    • Faron49130 31 août 2026 at 13h- Répondre

      Non seulement privilégié, mais surtout bien anticipé par Bouscatel et Lacroix. La règle mise en place à permis de siphonner les meilleurs joueurs.
      De fait le numéro 3 et 2 sont au niveau du numéro 1. Ce que les autres clubs ne peuvent se permettre financièrement !
      Cela permet d’être confortable pour les doublons et de finir la saison premier,
      frais comme un gardon !
      C’est indéniable, n’en déplaise aux supporters du Stade….

  3. Wilkodeuxbé 31 août 2026 at 13h- Répondre

    N’en déplaise à Mola et à la mafia Cassoulet, au moins ça rebattra un peu les cartes d’un top 14 « hypercompétitif » où Toulouse fini 1er au classement depuis 6 ans la course au top 6 toute la saison pour savoir qu’à la fin c le même qui gagne