« Je suis expérimenté, JIFF et prêt à performer » : Un ancien joueur du RCT cherche un club
« Je suis expérimenté, JIFF et prêt à performer » : Un ancien joueur du RCT cherche un club
Le mercredi 26 août 2026 à 10:15 par David Demri
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Ancien joueur du Rugby Club Toulonnais, de Grenoble, de Mont-de-Marsan ou encore de Bayonne, international français de rugby à 7 à 35 reprises, Teiva Jacquelain s’est livré dans un témoignage particulièrement fort.
À 32 ans, il revient sur son enfance à Tahiti, son déracinement, sa relation compliquée avec son père, sa carrière professionnelle, ses blessures, sa reconstruction et son envie de retrouver le plus haut niveau. Il s’est confié pour Var-matin.
D’emblée, Teiva Jacquelain résume son parcours avec une image qui lui ressemble.
L’ailier estime être ressorti plus fort de toutes les épreuves traversées ces dernières années.
« Ils ont voulu m’enterrer, mais la graine a fini par pousser et, aujourd’hui, c’est devenu un tronc solide prêt à affronter les tempêtes. »
Trois ans et demi après son dernier match en Top 14, le joueur assure être prêt à retrouver le très haut niveau.
Il affirme n’avoir jamais cessé de travailler et se dit immédiatement disponible si une opportunité se présente.
« Je n’ai pas arrêté de travailler cet été. Aujourd’hui, si un club m’appelle, je prends mes crampons et je suis prêt à performer. »
Il met également en avant son profil.
Teiva Jacquelain estime disposer d’atouts intéressants pour séduire un club professionnel.
« Je suis expérimenté, JIFF (joueur issu des filières de formation), j’ai un profil d’ailier pas forcément habituel en France. »
Mais avant d’en arriver là, il a fallu mener un long combat contre lui-même.
Une enfance heureuse… puis le déracinement
Né à Tahiti, dans une famille originaire de Moorea, Teiva Jacquelain garde le souvenir d’une enfance particulièrement heureuse.
Il se rappelle d’un quotidien rythmé par le sport et la vie en plein air.
« Avec mes cousins et mes amis on passait notre temps dehors, en train de faire du sport ».
Tout bascule lorsque son père, marin militaire, est muté à Toulon.
Le joueur raconte comment il est arrivé dans le Var.
« Mon papa était marin militaire, c’est comme ça que je suis arrivé à Toulon pour la première fois. »
C’est dans la région toulonnaise qu’il découvre le rugby en prenant sa première licence au Rugby Club Hyères-Carqueiranne-La Crau.
Il découvre également le stade Mayol.
Cette première visite marque profondément le jeune garçon.
« On était dans les couloirs sous les tribunes et on entendait crier le public, c’était fou, on aurait dit une arène de gladiateurs. »
À seulement 11 ans, il lance alors une promesse à son père.
Le jeune Teiva se fixe un objectif qui le fera avancer pendant des années.
« Un jour, je jouerai sur cette pelouse. »
Mais derrière ce rêve se cache une souffrance beaucoup plus profonde.
« Mon corps était ici, mais ma tête était à Tahiti »
Le changement de vie est extrêmement difficile à vivre.
Le joueur raconte avoir souffert d’un profond mal du pays.
« Mon corps était ici, mais ma tête et mon cœur étaient à Tahiti. Ça a été un vraiment arrachement pour moi. »
À cela s’ajoute une relation familiale très compliquée.
Il explique n’avoir jamais bénéficié du soutien qu’il espérait.
« Dans ma famille, je me suis toujours battu pour mon rêve, je n’ai jamais ressenti de soutien. »
Ces blessures psychologiques nourriront longtemps un véritable syndrome de l’imposteur.
Le rugby comme échappatoire
Convaincu que le rugby représente sa porte de sortie, Teiva Jacquelain revient dans le Var à l’âge de 20 ans.
Il intègre d’abord le centre de formation du RC Toulon.
Il se souvient de ses débuts au sein du club varois.
« Ils m’ont d’abord pris comme aspirant, et au fil de mes prestations, j’ai pu intégrer le centre de formation. »
Malgré de bonnes performances avec les Espoirs, un changement d’entraîneur vient bouleverser son parcours.
Il rejoint alors Grenoble où il signe son premier contrat professionnel.
Cette signature représente bien plus qu’un simple contrat de rugby.
« Réussir a été échappatoire. Parce que je n’étais plus sous son toit. Je ne lui devais plus rien. »
Par la suite, il portera également les couleurs de Mont-de-Marsan puis de Bayonne.
La rencontre qui change tout
Sa reconstruction ne passe pas uniquement par le rugby.
Elle passe également par sa rencontre avec Heinui, devenue la mère de ses deux enfants.
Le joueur explique que cette rencontre a profondément changé sa vie.
« Je crois que ce sentiment de devoir un peu m’adapter aux autres, de ne pas pouvoir être pleinement moi-même, s’est arrangé quand j’ai rencontré Heinui. »
Retrouver une femme originaire du même endroit que lui lui permet de retrouver une partie de ses racines.
Il explique ce qu’elle lui a apporté.
« Elle a apaisé quelque chose en moi. On vient du même endroit, on se comprend. »
Quelques années plus tard, le destin lui offre un immense symbole.
Sous le maillot de Bayonne, il dispute un match au stade Mayol devant son père.
Le rêve formulé lorsqu’il avait 11 ans devient enfin réalité.
« Il est venu m’applaudir à Mayol. C’était mon rêve, mais c’était aussi une revanche sur la vie. »
Une nouvelle vie… et un nouvel objectif
Après de longs mois de convalescence, Teiva Jacquelain explique avoir retrouvé la foi.
Aujourd’hui, il se sent entouré par sa femme, ses enfants, sa spiritualité et un corps qui lui permet enfin de regarder vers l’avenir.
Son objectif est désormais très clair : retrouver un club professionnel et reprendre le fil de sa carrière.
Au regard de son témoignage, ce retour représenterait bien plus qu’une simple signature. Il viendrait conclure un parcours fait de déracinement, de doutes, de blessures, mais aussi de résilience, jusqu’à cette conviction qui ne l’a jamais quitté : continuer d’avancer, quelles que soient les tempêtes.
1 Commentaire


Je l’appréciais alors qu’il était espoir au RCT, puis il est parti au FCG dans le froid…