« Je voulais me cacher » : Maxime Machenaud raconte la finale la plus douloureuse de sa carrière, contre le RCT

« Je voulais me cacher » : Maxime Machenaud raconte la finale la plus douloureuse de sa carrière, contre le RCT

Le jeudi 4 juin 2026 à 8:30 par David Demri

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Pour beaucoup, la saison 2015-2016 du Racing 92 restera celle d’un exploit historique.

Quelques semaines après une immense désillusion en finale de Champions Cup contre les Saracens, les Franciliens avaient trouvé les ressources pour renverser le RCT au Camp Nou et décrocher le Bouclier de Brennus.

Mais pour Maxime Machenaud, ce titre garde encore aujourd’hui une saveur particulière.

Une équipe bâtie pour gagner

Dix ans plus tard, l’ancien demi de mêlée garde avant tout le souvenir d’un groupe exceptionnel.

Il s’est exprimé via Midi Olympique :

« Je me souviens de l’exigence qu’il y avait. Les joueurs étaient tous à leur meilleur niveau à cette époque-là. »

Le Racing évoluait alors dans l’une des périodes les plus relevées du rugby français.

« Il y avait beaucoup de concurrence, Clermont était à son meilleur niveau, Toulouse était toujours là. Toulon était trois fois champion d’Europe à l’époque. »

Le parcours vers le titre avait d’ailleurs été loin d’être simple.

« On termine quatrièmes de la phase de poule. On gagne le barrage à domicile face à Toulouse à la dernière minute puis Clermont après les prolongations. »

La blessure de la finale européenne

Quelques semaines avant le Brennus, le Racing avait vécu une immense désillusion en finale de Champions Cup contre les Saracens.

Un souvenir qui reste douloureux pour Machenaud.

« Oui, mais il n’y avait pas eu photo ! »

Le demi de mêlée n’avait même pas pu défendre pleinement ses chances.

« J’étais sorti à la 15e minute à cause d’une commotion. »

Il reconnaît sans détour la supériorité anglaise ce jour-là.

« Nous n’avions pas joué à notre meilleur niveau. Stratégiquement, nous avions été surclassés. »

Le tournant du Camp Nou

Quelques semaines plus tard, le Racing retrouve pourtant les ressources nécessaires pour repartir au combat.

Comment expliquer ce rebond ?

Machenaud lui-même ne trouve toujours pas la réponse.

« Ça, on ne pourra pas l’expliquer… »

Il évoque simplement une forme de connexion collective.

« À la mi-temps de cette finale, il y a eu une connexion. On a eu l’impression que rien ne pouvait nous arriver. »

Le demi de mêlée insiste surtout sur la force humaine de ce groupe.

« Nous avions un groupe très fort, avec beaucoup de leaders différents, où les espoirs et les mecs hors groupe étaient connectés pour réussir quelque chose de fort, ensemble. »

Un carton rouge impossible à oublier

Pourtant, lorsque l’on évoque cette finale du Camp Nou, impossible de ne pas penser à son expulsion.

Un épisode qui continue de le marquer.

« Ça restera toujours mitigé. »

Le joueur n’a jamais réussi à savourer totalement cette rencontre.

« J’ai tellement mal vécu cette rencontre que ça n’a pas été très agréable. »

« Je voulais me cacher »

Après son carton rouge, Machenaud quitte immédiatement la pelouse.

Et sa réaction est révélatrice de son état d’esprit.

« Je suis resté un quart d’heure dans le vestiaire. »

Puis vient cet aveu très fort.

« Je voulais me cacher, que personne ne me voie car il y avait de la culpabilité. »

Pendant toute la seconde période, il vit un véritable supplice.

« Je la regarde sans la regarder. Je prie pour qu’on gagne. Je n’attendais que le coup de sifflet final pour soit célébrer, soit me cacher. »

Un champion qui garde un vide

Même après le sacre, un sentiment particulier demeure.

« Tu te dis que tu aurais pu gâcher quelque chose d’exceptionnel. »

À tel point que l’ancien international français reconnaît encore aujourd’hui qu’il lui manque quelque chose.

Lorsqu’on lui demande s’il se considère pleinement champion de France 2016, sa réponse est révélatrice.

« Si, car j’ai joué quasiment toute l’année mais il manquera quelque chose. Quand tu es expulsé ou hors groupe, ce n’est pas la même chose. »

Une étrange relation avec les finales

Le Brennus 2016 n’a jamais complètement effacé les frustrations de Maxime Machenaud. Lui-même reconnaît avoir développé une relation particulière avec les finales. Après son carton rouge au Camp Nou, il manque la finale européenne 2018 sur blessure, perd celle de 2020 contre Exeter et enchaîne les désillusions lors des grands rendez-vous.

Alors que beaucoup de joueurs considèrent un titre comme l’apogée d’une carrière, Machenaud garde le souvenir d’un sacre où il a davantage ressenti de culpabilité que de joie. Une rareté dans le sport de haut niveau, qui explique pourquoi cette finale du Camp Nou continue encore aujourd’hui de le hanter malgré le Bouclier de Brennus remporté ce soir-là.

Dix ans plus tard, le Racing reste champion de France 2016. Mais pour Maxime Machenaud, cette soirée restera surtout celle d’émotions impossibles à oublier.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

4 Commentaires

  1. Dranix 4 juin 2026 at 08h- Répondre

    Finalement, tu n’avais aucun souci à te faire, le champion était déjà choisi. Entre un arbitrage à sens unique en 2nde mi-temps et ensuite des joueurs dopés excusés pour « raisons médicales », on a vite compris. C’est quand-même pas de bol : les 3 racingmen les plus actifs et efficaces sur ce match souffraient tous ce jour-là d’affections de santé les obligeant à la prise de substances classifiées comme dopantes, mais comme c’était pour des raisons médicales, c’est passé crème… On est juste paranos.

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  2. Morello 4 juin 2026 at 08h- Répondre

    Il faudrait parler de l’arbitrage de Monsieur Raynal, du second carton rouge non siflé contre la Racing sur l’essai de Toulon, des multiples fautes siflées systématiquement contre Toulon, à croire que l’arbitre a cru que le carton rouge sur Machenaud devait être siflé mais pas justifié

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  3. Miles 4 juin 2026 at 09h- Répondre

    Quelle haine j’ai pour Raynal depuis ce jour-à.
    Je le mets au même niveau que les Bevan, Joubert ou O’Keefe, des malhonnêtes !

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  4. Place Puget 4 juin 2026 at 13h- Répondre

    Surtout que les trois bourrés de cortisone avaient ce jour là sortis un match d’extraterrestres.
    24h après le match ils couraient encore autour du Nou camp!!!