Jeff Fonteneau ne peut plus assumer seul le SU Agen : « Je ne suis pas Mohed Altrad… »
Jeff Fonteneau ne peut plus assumer seul le SU Agen : « Je ne suis pas Mohed Altrad… »
Le jeudi 2 avril 2026 à 9:41 par David Demri
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Le signal d’alarme vient de retentir à Armandie. Jean-François Fonteneau, le président du SU Agen, ne cache plus la fragilité extrême d’un club historique de Pro D2, au bord d’un gouffre financier qu’il ne peut plus combler seul.
Le constat est sans appel : le modèle économique agenais est à bout de souffle. « Je tire une forme de sonnette d’alarme, mais ce n’est pas nouveau. Je ne peux pas continuer à faire ce que je fais depuis trois ans », lâche l’homme fort du SUA dans les colonnes de Sud-Ouest.
Le président avoue avoir injecté 1,5 M€ la saison passée et encore 2 M€ cette année pour éponger les dettes. « Ça ne peut pas durer. Je ne peux pas mettre en péril ma situation personnelle. Je ne suis pas Mohed Altrad… ».
Au cœur de cette crise, un coupable inattendu : le stade Armandie. Censé être un levier de croissance, l’outil se transforme en boulet financier. « Entre le loyer de 330 000 euros, l’entretien (en dehors de la pelouse), et le remboursement du prêt pour les travaux (5,5 M€ sur les 8 M€ investis), le stade nous coûte 1,3 M€ par saison. C’est un fardeau à porter, qui correspond à notre déficit ».
Pour sauver les meubles et protéger la centaine de salariés, le club doit trancher dans le vif. La masse salariale des joueurs, qui culminait à 4,7 M€ il y a trois ans, va chuter à 3,2 M€ la saison prochaine. Le manager Mauricio Reggiardo est en première ligne de cette cure d’austérité, même s’il tente de rassurer : « Les décisions financières n’affectent pas la performance de l’équipe ».
L’avenir du rugby à Agen dépend désormais de nouveaux « fantasmes » ou de projets révolutionnaires, comme ce partenariat espéré autour d’un sucre innovant. Mais sans nouveaux partenaires majeurs, le budget ne dépassera pas les 12 M€. « Aujourd’hui, avec des charges incompressibles, notre modèle économique est à 11 M€, tant qu’on n’a pas trouvé d’autres partenaires ».
La vigilance est totale. Si le SUA reste un vecteur de communication puissant pour la télévision, il lutte aujourd’hui pour sa survie structurelle. Le club aux huit boucliers de Brennus est à la croisée des chemins : se réinventer ou risquer le déclassement définitif.
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