La LNR totalement dans le déni concernant la dégradation du Top 14 en raison des impasses
La LNR totalement dans le déni concernant la dégradation du Top 14 en raison des impasses
Le mercredi 7 janvier 2026 à 0:47 par David Demri
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La lourde défaite de Toulon à La Rochelle dimanche soir (66-0) n’est pas un simple accident. Elle illustre une tendance de fond qui traverse le Top 14 depuis le début de la saison : la multiplication des matchs à sens unique, parfois proches de la démonstration, qui nuisent à l’intérêt sportif d’un championnat pourtant très serré au classement.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après 14 journées, le nombre de bonus offensifs a fortement augmenté par rapport aux saisons précédentes, tout comme les écarts moyens au score, désormais proches de 19 points. Plus frappant encore, huit rencontres ont vu une équipe dépasser les 60 points depuis le début de la saison, y compris lors d’affiches entre prétendants au titre. Ces “fessées” ne sont donc plus exceptionnelles, mais presque banales.
Cette dérive interroge, d’autant plus que le match du dimanche soir, diffusé en prime time sur Canal+, est censé être la vitrine du Top 14. Sur le papier, c’est l’affiche phare du week-end. Dans les faits, elle rime de plus en plus souvent avec absence de suspense. Depuis la claque reçue par l’UBB à Toulouse en octobre (56-13), les non-matches se sont succédés, jusqu’au 66-0 infligé par La Rochelle à Toulon. Pourtant, l’audience reste au rendez-vous : malgré le score fleuve, Toulouse–La Rochelle fin décembre a réuni plus d’un million de téléspectateurs. Mais cette logique d’audience ne pèse guère dans les décisions des clubs.
La principale explication tient à la gestion des effectifs dans un calendrier devenu étouffant. Entre Top 14, Coupe d’Europe, déplacements longs et fenêtres internationales, les entraîneurs sont régulièrement contraints de faire des choix.
Pierre Mignoni l’assume après la débâcle de Toulon : son équipe, largement remaniée, n’avait que peu de chances de gagner. Mais fallait-il risquer ses cadres à La Rochelle à une semaine d’un match européen décisif ? La nouvelle formule de la Champions Cup, plus exigeante et plus large géographiquement, accentue encore ces arbitrages. Une défaite européenne peut condamner une campagne, poussant certains clubs à sacrifier un match de championnat pour préserver leurs chances continentales.
À l’inverse, les équipes rapidement hors course en Coupe d’Europe peuvent se permettre d’y faire l’impasse et revenir plus fraîches en Top 14, quitte à subir de lourdes défaites sur la scène européenne, comme Pau ou Bayonne récemment. Ces écarts passent alors presque inaperçus, tant l’enjeu sportif y est devenu secondaire.
Enfin, il y a la question centrale de la santé des joueurs. De nombreux clubs ont vu leurs infirmeries se remplir très tôt, avec parfois près de vingt absents cumulés entre blessures et repos obligatoires. Dans ces conditions, aligner des équipes compétitives devient parfois impossible. Les entraîneurs n’ont pas d’autre choix que de lancer de très jeunes joueurs, souvent sans transition.
Si cela affaiblit l’intérêt immédiat des matchs, certains y voient un bénéfice à long terme. Ces jeunes plongés brutalement dans le grand bain gagnent une expérience précieuse et pourraient devenir les cadres de demain. Mais en attendant, le Top 14 doit composer avec une réalité : un championnat intense, spectaculaire par moments, mais de plus en plus déséquilibré, victime de son propre calendrier.
Contactée par le quotidien L’équipe, la Ligue Nationale de Rugby a réagi à cette problématique.
Celle-ci semble être dans le déni.
A lire ci-dessous :
« Le classement reste très serré et traduit la compétitivité du championnat. Ces écarts parfois importants sont ponctuels mais ils cachent des réalités assez différentes avec des facteurs conjoncturels comme les blessés, les enchainements de matches et le contexte international. Il est difficile d’en tirer des conclusions, surtout à mi-saison.
Et au-delà des diverses raisons conjoncturelles, le score ne reflète pas forcément la physionomie du match comme cela fut le cas samedi pour UBB-Racing. La LNR suit les dynamiques avec attention sur des périodes plus longues mais nous sommes confiants sur la compétitivité du Top 14. »
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13 Commentaires

Quand trop de rugby tue le rugby. C’est devenu n’importe quoi, comme la coupe d’Europe avec l’Afrique du Sud. Le fric prime sur tout le reste pour les instances dirigeantes, tout le reste est de la littérature.
Fred tu as raison entièrement d’accord avec Toi si rien n’est fait nous perdrons notre championnat
Oui,le fric tue tout,toujours plus….Faire deux poules pour réc.upérer des plages de repos .Pour éviter les impasses des grosses éc.uries,on pourrait faire jouer la 1ère journée,les 6 premiers du top 14 entre eux ( le 1er face au 6 ème, le 2eme au 5 ème,3 ème au 4 ème).Les clubs aurait » pratiq.uement leur effectif au complet..) Enfin, c’est qu’une idée,parmi tant d’autres….
Soit un Top10 plus qualitatif avec + de JIFF par équipe ( et un plus gros salary cap), soit effectivement deux poules de 8 avec directement les phases finales en suivant ( moins qualitatif et élitiste mais aucun club n’est éjecté).
Ps: je reste persuadé qu’un Top 10, même avec moins de recettes du fait de la réduction du nombre de match, rapportera plus de chiffre d’affaire aux club qui participeront.
Les diffuseurs TV préféreront 5 matchs de haut niveau plutôt que 3 en moyenne actuellement avec un multiplex parfois insipide. Et la rareté faisant la cherté, de plus gros sponsors et/ou plus nombreux se tourneraient vers ces clubs.
Et cette élite resserée serait profitable à l’Edf ( si augmentation du nombre de JIFF). Pour rappel, les 3 meilleures nations mondiales fonctionnent avec 3 à 5 équipes élite seulement.
Top 12
22 matchs AR, champion à l’issue des 22 matchs
Europe
9 dates maximum
International
11 dates maximum
Prépa + vacances joueurs
10 semaines
En parallèle des matchs internationaux et européen (20 dates), les clubs jouent avec leur équipe B (15 joueurs espoirs minimum sur les 23 de la feuille de match) une coupe de France avec les clubs de top12 et Pro D2 mélangés (32 clubs)
2 poules de 16, 16 matchs en phase régulière dont certains croisés (donc 8 dates de recettes billetterie supplémentaire pour les clubs au minimum) puis 8èmes, quarts, demies et finale.
Pro D2 passe à 20 clubs, 2 poules de 10
20 dates pour la coupe de France
10 semaines coupure
22 dates de compétitions pour le championnat de Pro D2 avec matchs croisés entre les 2 divisions. Le premier de chaque poule monte en Top12
22 matchs de Top 12 + 16 de Coupe de France, déjà 38 matchs sans la CC et sans les phases finales. Cela me paraît beaucoup ?
Pour la Pro D2, 20 matchs de saison régulière, 10 aller 10 retours + demi-finale et finale si j’ai bien compris. Plus les 20 de Coupe de France, cela me paraît beaucoup.
Deux clubs de Top 12 qui descendraient chaque saison, cela me parait beaucoup.
La phase finale d’une Coupe de France, je ne pense pas qu’elle remplacerait celle du championnat.
@HL1315
La coupe de France ne serait jouée que par des seconds couteaux + 15 espoirs minimum car elle se déroulerait en parallèle des dates européennes et internationales.
Pourquoi le Japon pour la coupe d’Europe cela devient N’importe quoi ?
Et pourquoi un championnat ou le 1er est champion arrêtons le top6 .
Comme la prod le premier devrait monter directement en top 14 .
Pourquoi pas le Japon
Vaut mieux prevenir que guerir..
Attention
Ce que vous préconisé c’est un championnat de football, augmentons le salary cap, limitons le nombre d’internationneaux par club et suppression de la coupe d’Europe qui n’a aucun intérêt pour une coupe du monde des clubs. Et mieux pour la santé des joueurs, un top 12.
si le problème est vraiment sérieux ce n’est pas aux amateurs de rugby de régler le problème mais aux instances…
un comité peut faire le tour des solutions à apporter en un après-midi mais ce que j’en dit, on cause , on cause et pschitt!
Tant que les stades seront pleins et que les audiences tv cartonneront, rien ne changera en mieux. Mais évidemment, on ne va pas déserter les gradins. Alors? Il n’y a que les Présidents des clubs avec peut-être les clubs de supporters qui pourront mettre la pression pour que cela évolue. Mais le veulent-ils vraiment?