La mise au point de Grégory Alldritt : « Je n’ai jamais aimé les discours lors desquels on se met des claques ou des coups de tête »
La mise au point de Grégory Alldritt : « Je n’ai jamais aimé les discours lors desquels on se met des claques ou des coups de tête »
Le vendredi 15 mai 2026 à 10:48 par David Demri
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Le Stade Rochelais s’apprête à défier le Stade Toulousain dimanche soir dans un choc capital pour la fin de saison. Avant cette rencontre très attendue, le capitaine maritime Grégory Alldritt a levé le voile sur sa manière de gérer la parole dans le vestiaire rochelais.
Un rôle qu’il assume naturellement, même s’il explique avoir énormément évolué avec les années.
Il s’est confié dans les colonnes de Sud-Ouest :
“C’est assez inné. J’ai toujours voulu être acteur des projets auxquels je participe. Aujourd’hui, j’essaie de faire attention à être plus réfléchi, à parler moins souvent. Je m’efforce d’écouter avant de parler trop vite : jeune, c’est quelque chose que j’ai pu faire.”
Avec l’expérience, le numéro 8 international affirme avoir compris l’importance des différentes sensibilités au sein d’un vestiaire professionnel :
“Je comprends aussi de mieux en mieux, avec l’expérience, qu’il y a beaucoup de cultures différentes dans un vestiaire. Les joueurs n’ont pas le même âge, pas le même passif, pas la même vision.”
“Il faut faire les choses dans l’ordre”
Le Rochelais estime surtout qu’un leader doit d’abord montrer l’exemple sur le terrain avant de multiplier les discours :
“Disons qu’il faut faire les choses dans l’ordre. Si on ne fait que parler avant de songer à agir, c’est évident que c’est moins bien que de commencer par prouver avant de prendre la parole.”
Durant sa carrière, plusieurs entraîneurs l’ont marqué, notamment Patrice Collazo à La Rochelle ou encore Fabien Galthié avec le XV de France.
Mais un souvenir reste particulièrement gravé dans sa mémoire : la remise des maillots avant le Crunch remporté pour le Grand Chelem 2022 :
“Tout le monde s’est levé tour à tour et a dit ce qu’il avait sur le cœur. C’était beau parce que chaque joueur a dit des choses fortes sans parler longtemps.”
Une approche très différente des discours “à l’ancienne”
Le troisième ligne reconnaît ne pas du tout se retrouver dans certains discours ultra-agressifs parfois associés au rugby :
“Je n’ai jamais aimé les discours lors desquels les gens se mettent des claques ou des coups de tête : c’est tout ce dont j’avais horreur.”
Lui préfère une approche beaucoup plus tournée vers l’énergie et l’investissement collectif :
“Je parle souvent de ce qui est mesurable. C’est-à-dire l’investissement qu’on déploie sur le terrain dès le coup d’envoi.”
Dans ses prises de parole, certains mots reviennent constamment :
“Énergie, effort… Je parle beaucoup de ça.”
“Le vestiaire doit rester un endroit sacré”
Le capitaine rochelais a également évoqué la présence grandissante des micros et des caméras dans les vestiaires.
Un phénomène qu’il regarde avec beaucoup de prudence :
“Je ne suis pas très pour les vidéos et les micros. J’aime le côté sacré du vestiaire : c’est notre endroit à nous.”
Et pour lui, préserver cette intimité reste essentiel dans un sport où les émotions occupent une place immense :
“Tous ces micros et ces caméras, ça peut enlever un peu de spontanéité et de naturel. Alors que c’est justement là qu’on en a besoin pour se regarder dans les yeux et se dire les choses.”
À quelques jours du choc contre Toulouse, le message du leader rochelais apparaît limpide : les mots ont leur importance, mais ils ne valent rien sans les actes.
1 Commentaire


Il a raison les micros et les cameras n’ont rien à faire dans le vestiaire,c’est un lieu qui n’appartient qu’aux joueurs et l’entraineur.